jeudi 26 avril 2018

Claude Rabant : Néant et Création. Ce que peut le corps

Hermann - Avril 2018 - Psychanalyse


Freud, dès la Traumdeutung, en 1900, marquait l'existence d'une limite à l'interprétation du rêve, sous forme de "l'ombilic du rêve". C’est-à-dire un rapport à l'inconnu et à l'ininterprétable. Quinze ans plus tard, dans la Métapsychologie, il accentuait cette difficulté de situer l'origine du langage hors du champ du sens et de l'interprétation. Il rejoignait ainsi la question posée par les métaphysiciens du XVIIe siècle : fallait-il concevoir un Néant à la source de la création ? Si Dieu n'était pas fou, à quelle condition laissait-il la liberté humaine créer un univers rationnel qui soit à la fois celui de l'invention scientifique et celui de la création artistique ? La réponse était dans l'existence d'un Dieu réduit lui-même à ce néant créateur. Avec la peur suscitée chez les croyants sous couvert de l'athéisme. Où en sommes-nous aujourd'hui de cette déconstruction du "mythe endopsychique" qui nous maintient au plus loin du réel ?

Claude Rabant est est un psychanalyste et philosophe français. Il est l'auteur de nombreuses publications, dont : Métamorphoses de la mélancolie (2010), La Frénésie des Pères (2012 - prix Oedipe 2013), et Jalousie (2015).

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Jérôme Porée : Phénoménologie de l'aveu

Hermann - Avril 2018


On ne peut qu’être frappé, quand on commence à réfléchir sur l’aveu, par ses multiples acceptions : de la confession privée à l’autocritique imposée par les États totalitaires, en passant par la fonction qu’il remplit dans la plupart des cours de justice. Ces multiples acceptions sont en rapport avec les multiples domaines où il joue un rôle et qui invitent à y voir un « fait social total » : la religion, la morale, le droit, la politique. La première ambition d’une phénoménologie de l’aveu est de réduire cette multiplicité à l’unité. La seconde est de répondre au soupçon dont l’aveu est devenu l’objet chez des penseurs qui, à l’instar de Foucault, voient seulement en lui une intériorisation pathologique de la violence sociale. Car ce soupçon, sans doute, est légitime, mais quelle est sa revendication la plus constante ? L’innocence. Or cette innocence présente parfois, aujourd’hui, des traits plus effrayants que toutes les maladies de la culpabilité, que tous les méfaits de l’auto-accusation, que tous les appels à la reddition du désir. Défense de l’aveu : tel aurait donc pu être aussi le titre du présent ouvrage. 

Jérôme Porée est professeur de philosophie à l’université Rennes 1. Il est l’auteur notamment de La philosophie à l’épreuve du mal (1993), Le mal. Homme coupable, homme souffrant (2000), Sur la douleur (2017), L’existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricœur (2017).

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Jacques Arnould : Oublier la Terre? la conquête spatiale 2.0.

Le Pommier - Avril 2018


Jusqu’où conquérir l’espace… et pourquoi ?

Aujourd’hui, la Terre ne suffit plus aux GAFA. Elon Musk, à la tête de Space X, Jeff Bezos et sa société Blue Origin, ou encore le britannique Richard Branson, dirigeant de Virgin Galactic, investissent massivement dans le spatial. Et on peut dire que ces cowboys de l’espace n’ont pas peur de voir les choses en grand.

Le but de ces chantres de ce que l’on appelle le Newspace: changer le monde, ni plus ni moins. Or ce monde est aussi le nôtre et les questions que cette conquête spatiale 2.0 posent nous concernent tous. Passer quelques jours dans la Station Spatiale Internationale, pour la coquette somme de 30 millions d’euros, est-il vraiment un progrès pour l’humanité, ou un bon business ? Plus sérieusement, pourquoi l’humanité entreprendrait-elle la conquête, la colonisation, l’exploitation d’une autre planète, d’un astéroïde ? Pour sauver l’espèce humaine de l’extinction ? La Terre est-elle si mal en point qu’il faudrait tout simplement la mettre au rebut ? Justement, que penser des liens entre les perspectives du NewSpace et les courants transhumanistes ?

En tout cas, même si l’on peut légitimement s’interroger sur les véritables motivations de ces aventuriers d’un genre nouveau, les questions soulevées ont le mérite de nous faire nous interroger sur le futur que pourrait nous offrir le développement actuel des techniques et des politiques spatiales. Parce qu’aller habiter sur la Lune n’est peut-être pas si stupide que ça… Or, il faut y penser maintenant sous peine de louper la navette !

Philosophe et historien des sciences, Jacques Arnould est chargé des questions éthiques au Centre national d'études spatiales (CNES)

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Henri Atlan : Cours de philosophie biologique et cognitiviste. Spinoza et la biologie actuelle

Odile Jacob - Avril 2018


Les avancées de la biologie contemporaine posent de façon nouvelle des problèmes philosophiques anciens, tels que ceux des rapports entre le vivant et l’inanimé, entre le corps et l’esprit, l’erreur et la vérité. 
La philosophie de Spinoza, bien que datant du XVIIe siècle, apporte à ces problèmes des solutions plus pertinentes que la plupart des philosophies plus récentes, développées dans les siècles qui l’ont suivie. 
En retour, les acquis actuels des sciences physiques et biologiques, notamment des neurosciences cognitives, permettent de porter un nouveau regard sur certaines notions propres à la philosophie de Spinoza, telles que sa « petite physique », la nature cause de soi, la notion de matière, l’essence des choses, les genres de connaissance, qui acquièrent de ce fait un surcroît d’actualité. 
Une approche tout à fait nouvelle de la philosophie, et de Spinoza en particulier, grâce à la biologie et aux sciences cognitives. 

Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique, fondateur et ancien directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l’hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem. Il est également directeur d’études en philosophie de la biologie à l’EHESS. Il a notamment publié Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, ainsi que, aux éditions Odile Jacob, Le Vivant post-génomique, qui ont été de grands succès.

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mercredi 25 avril 2018

Jérôme Lèbre : Une pensée voisine. Lectures françaises de la philosophie allemande

Hermann - Avril 2018


L’Allemagne n’a plus de destin, et tant mieux. C’est ainsi qu’elle est devenue une voisine comme une autre. Mais peut-être est-elle le pays qui a le plus pensé sa destinée et celui qui s’en est le plus écarté. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a encore quelque chose à nous dire, qui n’est pas de l’ordre de la rigueur économique. Les textes présentés ici interrogent le romantisme et l’idéalisme allemands, puis se penchent sur la lecture qu’en font les passeurs et les penseurs français, de Blanchot à Nancy, pour brosser une esquisse de ce qui ne peut plus être ni une importation du vrai, ni une œuvre collective, ni un destin commun ; dans la relation avec l’Allemagne se joue plutôt la prise de distance vis-à-vis de l’œuvre, au nom de la singularité et de l’être en commun, ou, même si notre grande voisine en parle peu, de ce qui peut encore se nommer communisme.

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mardi 24 avril 2018

François-David Sebbah : L’éthique du survivant. Levinas, une philosophie de la débâcle

Presses universitaires de Paris Ouest - Avril 2018 - Collection : Humanités-Hominités


Ce livre propose une trajectoire à la double signification.

Il part à la recherche d’une philosophie aussi pessimiste qu’optimiste, pour nous qui survivons dans l’ombre portée
de l’événement traumatique de la débâcle et déjà auprès de gouffres insoupçonnés, jusqu’ici inimaginables – exemplairement, dans la possibilité effective de la fin du monde, de notre monde, pour ainsi dire au sens littéral.

Il propose une lecture de Levinas. Pour ce faire, il s’intéresse plus particulièrement à deux moments de l’oeuvre, disons, tout simplement et au risque d’une légère simplification, le début et la fin : de la débâcle traversée par le captif (les textes de la période de guerre – les Carnets de captivité, les romans inachevés, et De l’existence à l’existant ) vers le survivant et son éthique impitoyable.

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Estelle Ferrarese : La fragilité du souci des autres. Adorno et le care

Ecole Normale Supérieure - Avril 2018 - Collection : Perspectives du care


Ce livre renouvelle et acère la théorie critique par le féminisme. Il interroge la philosophie sociale de Theodor W. Adorno et propose de penser, au moyen des théories du care, la question de la fragilité sociale du souci des autres. Comment le geste moral émerge-t-il dans notre forme de vie capitaliste sous-tendue par une indifférence généralisée ? Quelles en sont les conditions sociales ? Son hypothèse est que le capitalisme compartimente l'attention à autrui, limite son possible développement en l’assignant aux femmes, dans des domaines et pour des tâches toujours spécifiques. Comment appréhender le contenu moral du care effectivement mis en actes, dès lors qu’il se révèle être le produit d’une distribution genrée des dispositions morales, celle-ci étant une condition de possibilité du marché ?

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François Duchesneau : Organisme et corps organique de Leibniz à Kant

Vrin - Avril 2018 - Mathesis


Leibniz a contribué à forger les notions d’organisme et de corps organique. Le modèle qu’il élabore à l’orée des Lumières suscitera adaptations et métamorphoses et servira de ferments aux théories proto-biologiques. Christian Wolff, mais aussi Louis Bourguet, développant les implications du « mécanisme organique », repensent des éléments clés de la science du vivant. Maupertuis, Buffon et Needham s’inspirent de la doctrine des monades pour rendre compte de l’organisation vitale et des lois de la génération. Déterminant l’irritabilité et la sensibilité comme propriétés de la vie organique et de la vie animale, Haller postule un cadre leibnizien pour les hypothèses que lui inspire l’harmonie préétablie. Charles Bonnet développe ces hypothèses en système et élabore les prémisses d’une monadologie physiologique. L’empreinte du modèle leibnizien se manifeste aussi chez Michael Christoph Hanov, créateur du vocable « biologie », reformulant les principes leibniziens-wolffiens pour les ajuster à l’épigenèse des corps organisés. Issues plus indirectement de ce même modèle, surgissent des théories d’inspiration vitaliste qu’illustrent aussi bien les philosophies de Diderot et de Jean-Claude de la Métherie, que les physiologies de Blumenbach et de Kielmeyer. Avec la théorie kantienne des êtres organisés se dévoile une ultime incarnation de cette « physique spéciale » vouée à l’organisme, que Leibniz faisait reposer conjointement sur la causalité efficiente et la finalité.

François Duchesneau est professeur émérite de philosophie et d’histoire des sciences à l’Université de Montréal. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire de la philosophie moderne et consacré une part importante de ses travaux aux études leibniziennes, ainsi qu’à l’épistémologie de la biologie.

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lundi 23 avril 2018

Olivier Sartenaer : Qu'est-ce que l'émergence ?

Vrin - Avril 2018 - Collection : Chemins philosophiques


Le concept d’émergence est récemment réapparu avec force sur le devant de la scène philosophique. La notion est séduisante, notamment en cela qu’elle permettrait de promouvoir une vision « non réductionniste » du monde naturel. À cet égard, elle se retrouve souvent mobilisée à tort et à travers à tous les niveaux du discours scientifique, de la physique aux sciences cognitives, en passant par la biologie. Mais qu’est-ce que l’émergence exactement? Est-ce seulement un concept cohérent? N’y gagnerait-on pas à identifier, derrière l’idée traditionnelle du « tout est plus que la somme des parties », une pluralité de lectures possibles, chacune associée à des limites et des enjeux différents?

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Philosophique 2018 : TRAVAIL – TECHNIQUE – PRODUCTION : [Marx-Fourier]

Presses universitaires de Franche-Comté - Avril 2018


Hegel-Marx, Marx-Trentin, le concept de production chez Marx, d'un côté, Fourier et les avant-gardes de la radicalité, Fourier et les ouvertures offertes à la sociologie et à la critique de l’économie de l’autre, le présent volume tente de tracer au cœur de la résignation un axe de lecture prospectant les sentiers oubliés de l’action sociale et politique.

Directeur éditorial : Louis Ucciani

TABLE

Éditorial
Hervé Touboul – La société civile hégélienne et Marx 
Jean-Pierre Cotten – Remarques à partir de La cité du travail de Bruno Trentin (1997, 1998, 2014) ;
Claude Morilhat – Marx, « puissance » ou « force » de travail ?
Christian Guinchard – Repenser la composition du monde avec Fourier ;
Louis Ucciani – Les postures de la radicalité [Notes sur la conception du travail chez Fourier] ;
Chantal Guillaume – Une nouvelle boussole économique
Notes de lecture pour aujourd'hui.
abien Ferri – L'herméneutique matérielle : une nouvelle phénoménologie de la connaissance ;
Florian Gulli – Les Allemands de Norbert Ellias ;
Florian Olivier – Des valeurs dans l'air du temps ;
Michaël Crevoisier – Les métamorphoses de l'intelligence de Catherine Malabou ;
Samuel Chaîneau – La stigmergie : un concept fécond pour pense l’intelligence collectives.

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Gérard Le Don : Voir la sculpture. Essai sur le dispositif sculptural

PUR - Avril 2018 - Aesthetica


Que se passe-t-il lorsque nous percevons une sculpture ? Et que faut-il, d’abord, entendre par « sculpture » ? À partir d’une définition très générale, empruntée au psychologue de la perception J. J. Gibson, du dispositif sculptural comme artefact symbolique communiquant par sa disposition, c’est-à-dire par « l’arrangement persistant des surfaces les unes par rapport aux autres et par rapport au sol », et en s’appuyant sur les découvertes récentes des neurosciences et des sciences cognitives, l’auteur s’attache à montrer comment notre appréciation d’une ½uvre de sculpture se construit sur une réponse multisensorielle à l’exploration visuelle de ses surfaces, mais aussi sur des mécanismes de restitution de la tridimensionnalité qui permettent de la saisir comme structure pleinement déployée dans l’espace. Une réflexion sur la nature de la représentation comme usage intentionnel des mécanismes naturels de la reconnaissance d’objet est l’occasion d’aborder la question de l’expression depuis le point de vue de la perception, et de la définir comme une détection d’invariants sans identification « à l’origine de réponses émotionnelles que nous ne comprenons pas » (J. LeDoux) mais que nous cherchons à nommer par la métaphore. Sculpture et perception s’interroge aussi sur les rapports entre la sculpture et l’image et sur la nature de la relation esthétique.

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samedi 21 avril 2018

Pierre Verstraeten : Philosophies de la liberté. Sartre, Deleuze, Badiou, Hegel…

Kimé - Avril 2018


Édition préparée et préfacée par Véronique Bergen

Afin que la pensée du philosophe Pierre Verstraeten circule, nous avons, sa fille Sarah Verstraeten et moi, opéré un choix de textes épuisés ou difficilement trouvables. De ses très nombreuses contributions, nous avons retenu un entretien avec Sartre, des questionnements relatifs aux problématiques de la liberté et de l’aliénation, de l’événement, de la possibilité d’une morale. Ces textes qui sondent les systèmes de Hegel, Sartre, Deleuze, Badiou, qui dialoguent avec la peinture de Maurice Matieu, avec le contemporain sous toutes ses formes (actualité politique, cinéma, littérature…) ne sont nullement des réflexions « sur » mais des explorations personnelles de problèmes philosophiques travaillés par la flamboyance d’une pensée jamais en repos. Au cœur des enjeux de sa pensée, la production d’une alliance entre la dialectique hégélienne, l’existentialisme sartrien et le vitalisme deleuzien.

Pierre Verstraeten (1933-2013), philosophe, figure marquante de l’Université Libre de Bruxelles, sartrien qui renouvela la pensée de Sartre, il est l’auteur de Violence et éthique (Gallimard, 1972), L’Anti-Aron (La Différence, 2008).

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