vendredi 19 janvier 2018

Matthieu Haumesser : L’Autre Scène. Philosophie du théâtre

Vrin - Janvier 2018 - Essais d’Art de de Philosophie


Pour Shakespeare, le monde était une scène. Avant lui, Platon avait déjà comparé notre existence à un théâtre de marionnettes. L’image du “théâtre du monde” continue à s’imposer aujourd’hui encore comme un véritable lieu commun, et l’on parle souvent de la “scène politique”, des “drames” ou des “tragédies” de l’actualité. Pourquoi la condition humaine est-elle si étroitement associée à cette image? Telle est l’interrogation qui guide ce livre. Le réel envisagé littéralement comme théâtre, ou à partir du théâtre : voilà ce qu’il propose d’appeler l’Autre Scène. Il s’agit d’un réel charnel et passionnel, lié aux possibilités qui nous tourmentent ou nous fascinent, et sur lesquelles on aimerait porter un regard distancié et englobant. Mais ce réel est aussi débordant, il donne lieu à toutes sortes d’illusions et ne se laisse pas facilement enfermer dans les limites étroites de la scène. Voilà pourquoi il relève d’une Autre Scène, plus insaisissable et fantasmatique. En interrogeant cette idée, on voudrait montrer la puissance philosophique du théâtre. Et l’on tentera ainsi d’offrir à ceux qui aiment cet art de quoi éclairer, peut-être, le sens de leur désir.

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie et docteur en philosophie, Matthieu Haumesser enseigne en classes préparatoires et à Sciences Po Paris.

acheter ce livre

Michel Erman : Au bout de la colère

Plon - Janvier 2018


Aujourd'hui tout se passe comme si la colère dans ses diverses modalités, qui vont de l'irritation à la haine, irriguait les psychismes de façon valorisante. Le phénomène est récent. En effet, au début des années 2000, on avait tendance à considérer qu'il s'agissait d'une passion aversive, donc quasi interdite et bannie de l'espace social. 
Comment expliquer ce basculement ? Que veut donc la colère ? Quelles sont les raisons d'être de cette émotion passionnelle qui semble la plus trouble en même temps que la plus humaine de toutes ? Pourquoi n'est-elle pas soluble dans le moralisme qui la condamne ? A-elle une positivité pour l'Homme ? Telles sont certaines des questions auxquelles cet essai tente de répondre en décrivant toutes sortes d'expressions ou d'incarnations de la colère (populisme, vengeance, pamphlet...) 
Par ailleurs, vivrions-nous une époque de mécontentements et de désenchantements permanents ? De nombreuses raisons économiques et culturelles dues à la mondialisation des échanges expliquent, pour une bonne part, les mouvements sociaux d'indignés, voire les colères populistes. Certes. Toutefois la colère touche aussi les rapports interindividuels à telle enseigne que savoir se mettre en colère semble parfois une condition de l'existence dans le monde contemporain. 
Nous touchons avec cette émotion, qui est peut-être aussi la plus vieille du monde, à l'opacité des relations humaines entre altruisme et affirmation de soi. C'est cette opacité passionnante que la colère permet d'explorer tout en rappelant un point de vue anthropologique : l'homme n'est pas que raison, c'est d'abord et aussi un être affecté par ces expériences du monde que sont nos émotions. 

Écrivain et philosophe, professeur à l'université de Bourgogne, Michel Erman est l'auteur d'essais portant sur les passions ( Le lien d'amitié, Plon, 2016). C'est aussi un spécialiste de Marcel Proust, auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

acheter ce livre

Catherine Chalier : Mémoire et pardon

François Bourin - Janvier 2018


Par quel passé sommes-nous habités, voire hantés ? Pouvons-nous nous en détacher, l'oublier, tourner la page, ou sommes-nous voués à raviver sans cesse le souvenir des souffrances ? N'y aurait-il pas une autre voie possible, celle d'une conscience de ce qui est advenu permettant de résister de façon créative au mal ? Le pardon suffirait-il ? Mais à quelle condition ? Une « réparation » des traumatismes n'est-elle pas nécessaire ?
C'est à ces questions qui surgissent, encore aujourd'hui, du tragique de nos histoires personnelles et collectives, que se confronte Catherine Chalier, à partir des textes bibliques et de la tradition juive de leur interprétation, mais aussi en interrogeant quelques grandes figures de la philosophie contemporaine : Levinas, Ricoeur, Derrida, Jankélévitch. Pour esquisser un chemin de libération…

Catherine Chalier est philosophe. Elle prête une attention particulière aux sources juives de la pensée. Elle a publié de nombreux livres, notamment La Gravité de l'amour (PUF, 2016), Lire la Torah (Seuil, 2014), Aux sources du hassidisme, le Maggid de Mezeritch (Arfuyen, 2014), et Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008).

acheter ce livre

Denis Moreau : Comment peut-on être catholique ?

Seuil - Janvier 2018


Les catholiques suscitent parfois un étonnement qui évoque celui des Parisiens du xviiie siècle face au Persan de Montesquieu : « Ah ! ah ! monsieur est catholique ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être catholique ? » Nombre de nos contemporains ne comprennent plus comment ni pourquoi on peut (encore) adhérer à une telle vision du monde… quand ils n’affirment pas qu’elle est dénuée de sens. Quant aux catholiques, ils se dérobent trop souvent au débat.
Ces questions et critiques méritent d’être prises au sérieux. Denis Moreau, philosophe catholique, fait donc le choix de s’expliquer sur sa foi, en se plaçant sur le terrain de l’argumentation rationnelle. Cela n’exclut ni la profondeur spirituelle, ni le témoignage, ni l’humour. De la question de la foi à celle de la résurrection de Jésus, en passant par l’idée de sagesse, le problème du mal, la place du plaisir dans le catholicisme, les beautés et noirceurs de son histoire ou encore son avenir, ce livre apporte des réponses riches et éclairantes à de très nombreux débats et questions.

acheter ce livre

Raison publique n°22 : Du minimalisme moral. Essais pour Ruwen Ogien

Les Editions Raison publique - Décembre 2017


Ne pas juger les désirs d’autrui, ne pas nuire aux autres, tels sont les préceptes fondamentaux de l’éthique minimale patiemment élaborée par le philosophe Ruwen Ogien (1949-2017). Il fallait une certaine audace, le combat étant très inégal et les rangs du camp minimaliste plus que clairsemés. Mais jamais Ruwen Ogien ne rechigna à entrer dans l’arène publique pour en porter les couleurs.Convaincu que ce que l’on fait de soi-même, pour autant que l’on ne nuit à personne, est moralement indifférent, il s’est courageusement lancé à l’assaut de bien des idées reçues sur des sujets brûlants : euthanasie, GPA, libertés sexuelles, pornographie, prostitution, etc. Toujours pour prendre le parti de celles et ceux qui revendiquent leur droit d’être libres.
Cet ouvrage, qui se veut aussi hommage, présente un long article inédit de Ruwen Ogien, "La Morale introuvable", et rassemble les contributions d’une vingtaine de philosophes discutant tel ou tel aspect de l’oeuvre léguée par celui qui fut et demeure l’un des philosophes moraux les plus marquants de sa génération. L’ensemble peut ainsi constituer une sorte d’introduction au minimalisme moral, tel que l’entendait et le défendait avec brio Ruwen Ogien.

acheter ce livre

Dominique Raynaud : Sociologie des controverses scientifiques

Editions matériologiques - Janvier 2018


Brisant l’image idéale de la science consensuelle, les controverses scientifiques sont aujourd’hui devenues un sujet privilégié de la sociologie et de l’histoire des sciences. Elles sont par ailleurs impliquées au cœur des débats sur les méthodes des sciences sociales. Si l’analyse des controverses scientifiques doit beaucoup aux approches inaugurées par les courants relativistes et constructivistes des années 1970-1980, ce livre montre que les études contemporaines ont tout à gagner à réintroduire ce qui a été le principal tabou des trente dernières années : la vérité.

Cette conclusion n’est pas le résultat d’une méditation abstraite sur le destin de la sociologie et de l’histoire des sciences. C’est le résultat d’études de cas, portant sur des disciplines telles que la biologie (la thèse des générations spontanées, débattue entre Pasteur et Pouchet), de la médecine (le vitalisme opposé à la médecine expérimentale naissante), de la stéréotomie (les « Guerres perspectives » qui ont agité le Paris des années 1640), de la perspective (la mathématisation de la perspective linéaire dans l’Italie du XVIe siècle) ou de l’optique (la question de l’intromission, discutée à Oxford). De querelles médiévales à des disputes plus récentes, ces études suivent un même fil conducteur : interroger les rôles de la rationalité, des conventions et des croyances collectives dans la construction des théories scientifiques.

L’auteur défend une théorie incrémentaliste du progrès scientifique : pour autant qu’il suive des règles, le débat est un moyen pratique de tester la robustesse d’une théorie et de départager les théories rivales. Le fait que les débats soient marqués par la passion et les émotions est sans intérêt ; l’important est que ces échanges réglés puissent, par la production d’arguments publics, s’approcher de la vérité. C’est une façon de répondre à la question : Pourquoi l’activité scientifique est-elle conflictuelle ?

acheter ce livre

mercredi 17 janvier 2018

Benoit Gaultier (présentation) : L'immoralité de la croyance religieuse. "L'éthique de la croyance" de William Clifford suivi de "La volonté de croire" de William James

Agone - Janvier 2018 - Collection : Banc d'essais


On connait le propos que Dostoïevski fait tenir à l'un des frères Karamazov : si Dieu n'existe pas, alors tout est permis. Une idée apparentée est que les croyances religieuses, qu'elles soient vraies ou fausses, permettent aux hommes et aux sociétés qui les entretiennent de s'élever d'une façon inaccessible à celles et ceux qui ne croient pas. D'après le mathématicien et philosophe anglais William Clifford (1845-1879), rien de tout cela n'est vrai. Ainsi qu'il le défend à Londres en 1876 dans une conférence intitulée "L'éthique de la croyance", le déclin de la religion est au contraire l'occasion de rendre l'humanité moralement meilleure. Plus encore : il n'est plus possible de croire sans immoralité. Son texte deviendra vite un classique ; en 1897, William James (1842-1910), philosophe et psychologue, entreprend de le réfuter. Dans "La volonté de croire", il veut légitimer les croyances les plus improuvables, du moment qu'elles répondent à nos besoins passionnels, tel celui "que le monde soit religieux". Historiquement, la réponse de James emporta la conviction de nombreux lecteurs dans sa tentative de concilier science et religion. Mais philosophiquement, il se pourrait bien que Clifford ait eu raison et que son éthique de la croyance d'après laquelle "on a tort, partout, toujours et qui que l'on soit, de croire sur la base d'éléments de preuve insuffisants" s'avère une boussole pour quiconque n'a pas renoncé à "se servir de son entendement".

acheter ce livre

Arthur Koestler : Les Racines du hasard

Les Belles Lettres - Janvier 2018 - Collection : Le Goût des idées


Ce livre est une excursion à la frontière de deux domaines fondamentaux de la recherche : la physique quantique, infra-atomique, d’une part, la parapsychologie, d’autre part. 
En montrant comment la parapsychologie est devenue scientifiquement respectable, Koestler rappelle qu’aux États-Unis on se servait de l’électronique pour expérimenter sur la psychokinèse et qu’en URSS, la télépathie était une discipline officielle de la recherche. 
De plus en plus « occulte », la physique théorique, enfreignant joyeusement les lois de la nature, naguère encore sacro-saintes, montrait une inclination étonnante pour des concepts « surnaturels » comme la masse négative, les trous dans l’espace, le temps renversé. Dans le monde fantastique de la physique des quanta, les notions raisonnables d’espace, de temps, de matières et de causalité n’ont plus cours. Les plus grands physiciens de notre époque, Einstein, Planck, Heisenberg ont été parfaitement conscients du caractère « mystique » des concepts dont ils se servaient, et plusieurs d’entre eux ont tenté une synthèse de la physique et de la parapsychologie.
Koestler examine certains de ces efforts de synthèse pour relier les sciences exactes aux intuitions de l’homme en quête de réalités profondes ; il esquisse une hypothèse personnelle à propos de ce problème qu’il demande à tous les chercheurs d’aborder sans préjugés, en se gardant à la fois d’un matérialisme figé et d’une crédulité superstitieuse. (2016-12-21)

Juif hongrois né à Budapest en 1905, Arthur Koestler fait ses études à Vienne, puis devient journaliste en Palestine. Revenu en Europe, il adhère au Parti communiste allemand, trouvant là une réponse à la menace nazie, et il est également séduit par l'utopie soviétique. Il part un an en Union Soviétique, puis participe à la guerre civile espagnole. Dès 1938, ayant rompu avec le Parti communiste, il combat sans relâche le régime stalinien, notamment à travers son roman majeur, Le Zéro et l'Infini. À partir de 1940, il vit en Angleterre, où il se suicide avec sa femme en mars 1983. Son œuvre de romancier, philosophe, historien et essayiste lui vaut une renommée mondiale.

acheter ce livre

Jean Vioulac : Approche de la criticité. Philosophie, capitalisme, technologie

PUF - Janvier 2018


Notre époque est celle d'une phase critique atteinte par l'humanité dans son histoire, emportée dans un vaste mouvement de virtualisation et de numérisation par lequel la totalité du réel est réduite à une idéalité formelle. Ce processus d'abstraction totale se manifeste autant dans la physique quantique que dans l'informatique et le capitalisme : or le trait commun à la science formalisée, à la technique informatisée et à l'économie financiarisée réside dans l'automatisation des processus. Cette logique d'autonomisation d une objectivité abstraite émancipée des sujets concrets fonde notre époque, et laisse pressentir l'approche d'un seuil de criticité, au sens que l'expression a dans l'ingénierie nucléaire : effet de seuil où les processus en cours deviennent hors de contrôle et font ainsi accéder la matière à un autre état. Ainsi, de même qu'à un certain seuil de complexité la vie a surgi de la matière, puis l'humain de l'animal, notre époque serait celle où le machinique surgirait de l'humain, et où apparaîtrait le successeur d'Homo sapiens : mutation considérable, peut-être impensable, à laquelle doit pourtant se confronter la pensée, pour découvrir que le sort de l'humanité se joue aujourd'hui dans le rapport entre capitalisme et technologie.

Jean Vioulac est professeur agrégé et docteur en philosophie, auteur notamment de L'époque de la technique (Puf, 2009), La logique totalitaire (Puf, 2013), Apocalypse de la vérité (Ad Solem, 2014) et Science et révolution (Puf, 2015).

acheter ce livre

mardi 16 janvier 2018

Federico Ferrari et Jean-Luc Nancy : La fin des fins

Kimé - Janvier 2018


Deux philosophes, Jean-Luc Nancy et Federico Ferrari abordent la question de la fin dans un texte en trois actes où la pensée interroge son continuel sentiment d'achèvement. D'une part nous sommes depuis longtemps dans un climat de "fin de... l'art, la philosophie, la politique, le monde..." D'autre part, ce motif qui a tant marqué une génération - en très gros 1970-1990 - se trouve lui-même mis en cause par une génération plus jeune qui lui demande : en avez-vous fini avec vos fins ? "Peut-être n'y a-t-il aucun commencement ni aucune fin, et toujours un entre-deux, toujours un passage, un milieu qui n'est pas un lieu mais un élément où ça flotte entre un début et une fin qui n'ont jamais lieu. Le commencement et la fin sont au milieu de tout, invisibles, rapides comme un double éclair obscur. Ni commencement ni fin n'existent. Ce sont chaque fois des artefacts, des projections d'un besoin de fixer des bornes, de tenir des points fixes. En réalité tout a toujours déjà commencé et tout continue toujours à finir."

acheter ce livre

Daniel Bensaïd : Fragments mécréants. Mythes identitaires et république imaginaire

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2018


La nécessité de ce livre est plus grande encore que lors de sa première édition, en 2005. D'autant plus grande que la "croyance" s'accroît partout et qu'elle a pris depuis un tour de plus en plus violent. Ces Fragments mécréants dessinent des lignes de résistance qui ne cèdent pas à la niaiserie du retour au giron de l'Eglise, de la mosquée ou de la yeshiva. Ce travail de déniaisement suppose une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire. Homme de doute opposé à l'homme de foi, le mécréant parie sur les incertitudes du siècle, sans les rassurantes rigueurs de la règle. Il met une énergie absolue au service des certitudes relatives. C'est aussi son dilemme. Résister, lutter, ne pas céder à la lassitude ou à la résignation. Brosser l'histoire à rebrousse-poil, inlassablement.

Daniel Bensaïd, théoricien et praticien majeurs de la politique révolutionnaire (un temps dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire et de la IVe Internationale), philosophe aussi, est l'auteur d'une trentaine de livres, dont plusieurs aux éditions Lignes. Le plus récent : Octobre 17. Un retour critique sur la révolution russe (2017).

acheter ce livre

Le Télémaque 2017/2 (N° 52) : Lumières juives et éducation

PU de Caen - Décembre 2017


Page 7 à 8 : Brigitte Frelat-Kahn - Ouverture | Page 9 à 14 : François Jacquet-Francillon - Questions à l’anti-humanisme de Claude Lévi-Strauss | Page 15 à 26 : Éric Dubreucq - Socialisation | Page 27 à 32 : Sophie Nordmann - Présentation | Page 33 à 42 : David Lemler - « Lumières juives médiévales » : (s’)éduquer à l’épreuve du texte | Page 43 à 54 : Valérie Assan - Judaïsme et entrée dans la modernité : le projet de l’Alliance israélite universelle | Page 55 à 66 : Gilles Hanus - La « libre maison d’étude juive » (freies jüdisches Lehrhaus) de Franz Rosenzweig | Page 67 à 78 : Sophie Nordmann - De la Haskala à l’école juive de Paris : les Lumières juives à l’épreuve de l’émancipation | Page 79 à 96 : Suzanne Aurbach - Au-delà du sens : Perec, le Talmud et les ateliers d’écriture | Page 97 à 108 : Jean-Michel Salanskis - L’éducation, lieu universel du “particularisme” juif | Page 109 à 118 : Filipe Ceppas - Anthropophagie pour une éducation émancipatrice | Page 119 à 128 : Joie Orsenigo - Riccardo Massa, philosophe et pédagogue italien. Réflexions pédagogiques d’une élève | Page 129 à 139 : Didier Moreau, Bérengère Kolly, Philippe Foray - Comptes rendus.

acheter ce livre