lundi 22 mai 2017

Xavier Renou (dir.) : D’abord penser. Autour de Pierre Raymond

Kimé - Mai 2017



Outre deux textes importants de Pierre Raymond lui-même (sur Althusser et sur Spinoza) qui sont republiés ici, il y a, dans cet ouvrage collectif qui lui est dédié, comme l’amorce joyeuse d’une encyclopédie raisonnée et critique. Et c’est en cela qu’il lui fait hommage, à lui, philosophe d’esprit critique et encyclopédique à la fois.
Qu’ils ou elles aient été, en effet, ses collègues ou ses élèves, tous les auteurs de ce recueil étaient ses ami(e)s. Et, accompagnant les images chaleureuses de sa personne ou de son enseignement, leur témoignage d’amitié prend ici la forme de contributions expertes et passionnées à l’avancée de leurs disciplines respectives : mathématiques, physique, économie, psychanalyse, musique, politique, sans oublier, cela va de soi, la philosophie elle-même. Honneur, donc, à Pierre Raymond que d’avoir eu de tel(le)s ami(e)s.
Ici se rejoignent, en même temps que des générations différentes, des « noms connus » et des auteurs moins connus. Mais, hommage suprême, dans cette féconde diversité apparaît l’unité d’un esprit commun fait d’exigence théorique maximale et d’ouverture aussi bien sociale et politique qu’intellectuelle.
Esprits libres, ils et elles sont heureux de se retrouver pour fêter l’un des leurs, philosophe, et assez grand philosophe pour avoir choisi, loin des illusions du philosophe-roi (ou conseiller des rois), tout comme de l’emphase des philosophes-prophètes, la place de philosophe-citoyen, professeur au service de la diffusion populaire de la philosophie.
Car pour lui comme pour ses ami(e)s il ne s’agit, au fond, que de parvenir, avec le plus grand nombre, à être dignes du « premier devoir » pointé par Pascal : penser.

Jean-Jacques ALRIVIE, Françoise BALIBAR, Michel BENHAÏEM, Jean DUGUÉ, Pierre GUENANCIA, Christian HOUZEL, Bruno HUISMAN, Adam KAPELLA, Robert LÉVY, Didier NORDON, Franck NOULIN, Michel PLON, Jean-Louis POIRIER, Yvon QUINIOU, Hélène RAYMOND & Fabrice TRICOU, Xavier-F. RENOU, Gilles RIBAULT, Élisabeth ROUDINESCO, Antoine ROULLÉ, Anne-Françoise SCHMID, J.-J. SZCZECINIARZ, André TOSEL, Pierre TOUSSENEL, Mathieu TRICLOT

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Shmuel Trigano : Qu'y a-t-il à racheter ? Culpabilité et salut

In Press - Avril 2017


Il y a dans la vie du judaïsme des rites dont la signification mêle des dimensions à la fois claires et occultes. Ceux-ci sont censés produire par leur mise en actes même des effets bénéfiques sur le plan existentiel, tant physique que moral. Plusieurs d'entre eux émargent à la notion de "rachat". C'est là une traduction problématique de la "réparation" (kapparah) d'une faute ou d'une transgression, voire d'une condition (celle d'aîné mâle dans le cas du "rachat du premier-né", pidyon haBen) ; ou d'un état, le sexe masculin, pour la brith-milah. Pour approfondir le sens de ces notions, il faut évidemment questionner leur sens mais aussi, en amont, la nature de l'acte ou de la condition que ces rites sont censés amender. C'est une des questions les plus profondes de l'expérience religieuse qui est ici concernée, et à la compréhension de laquelle philosophes, psychanalystes, anthropologues tenteront de contribuer.

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Konstantinos Spiliotis : Théories du code. Debord, Baudrillard, Deleuze, Guattari

Éditions universitaires européennes - Avril 2017


Une des particularités des sociétés capitalistes contemporaines consiste en ce que les codes ne servent pas à faciliter la communication interindividuelle, ni non plus à organiser le fonctionnement de la société. Les codes ne répercutent pas la structure sociale, ne constituent pas l'aspect visible des relations sociales. Au contraire, ils dissimulent le Réel. Ils cachent la réalité des rapports sociaux, des usages des objets, des désirs des individus et des groupes sociaux. Le capitalisme fonctionne avec ses propres codes. Il codifie tout aspect de la réalité, et en même temps il procède à une destruction généralisée des codes de la réalité. Les trois textes unis dans ce livre reposent sur une problématique concernant d'abord la façon dont le capitalisme utilise les codes hérités par les sociétés traditionnelles ainsi que les codes créés par lui-même, et, ensuite, les limites de la codification du Réel qui sont essentiellement les limites du capitalisme lui-même.

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dimanche 21 mai 2017

Tadeusz Kotarbinski : Écrits sur l'éthique (1935-1987)

Hermann - Avril 2017


Les écrits éthiques de Tadeusz Kotarbiński, publiés jusqu'ici uniquement sous forme d'articles qui n'ont jamais donné lieu à un livre sur l’éthique comparable à ses autres travaux, sont beaucoup moins connus que ses systèmes de logique et de praxéologique. Leur auteur, pourtant, considérait les questions éthiques comme primordiales, et jamais il ne cessa de s'en préoccuper, dès le début de sa production philosophique (à commencer par sa thèse de doctorat sur l’utilitarisme dans l’éthique de Mill et Spencer). Et s'il ne donna aucune précision sur la manière de mettre en œuvre son système d'éthique dans les situations concrètes – considérant en effet que chacun était en mesure de prendre des décisions morales, notamment en cas de conflit de valeurs, sans être guidé dans sa démarche –, Kotarbiński insista en revanche sur le fait que toute éthique devait avant tout être indépendante de la religion et de tout système philosophique. Ce livre, qui réunit les travaux d'éthique les plus importants du philosophe, introduit ainsi à sa pensée et témoigne de son rôle majeur dans l'histoire et l'évolution des idées du XXe siècle.

Tadeusz Kotarbiński (1886-1981), logicien et philosophe polonais, est une figure emblématique de la vie intellectuelle polonaise du XXe siècle. Kotarbiński fut aussi président de l'université de Lodz, de l'Académie des sciences polonaises et de la Société polonaise de philosophie.

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Martin Heidegger : Vers une définition de la philosophie

Le seuil - Mai 2017 - L'Ordre philosophique


Qu'est-ce que philosopher en temps de crise ? Suffit-il de recourir aux " valeurs " pour échapper à la détresse du présent ? Quels sont les liens entre la pensée, la science et la vie ?

Ces questions sont au cœur des deux premiers cours de Martin Heidegger prononcés à l'université de Fribourg en 1919, au lendemain de la défaite allemande. Ces leçons marquent la toute première expression publique d'une pensée qui cherche les mots pour se dire et une méthode pour accéder à son domaine. Le jeune Heidegger débat avec ses contemporains, surtout les philosophes néokantiens, de la notion de " culture " qui a perdu de son évidence après quatre années de déferlement de violence. De là l'ébauche d'une réflexion sur l'essence de l'Université qui trouvera son achèvement catastrophique dans le Discours du rectorat de 1933. Derrière la critique du concept de la culture et des " valeurs " pointe pourtant déjà le souci de rapporter la philosophie au vécu dans sa dimension quotidienne, le plus souvent occultée par la théorie de la connaissance. Au-delà du contexte historique, ces cours annoncent sur un mode clair et pédagogique les gestes théoriques qui seront déployés dans Être et Temps (1927) : déconstruction de la tradition philosophique, interrogation sur le sens de l'historicité, analyse de la vie facticielle (qui ne se nomme pas encore " existence "), souci de retour aux " choses mêmes " par-delà les objectivations de la science, lien essentiel entre le sujet et le monde. À ce titre, ces cours constituent un document exceptionnel pour approcher une œuvre aussi essentielle que controversée.

La pensée de Martin Heidegger (1889-1976), dont l'œuvre publiée traverse le xxe siècle, a profondément marqué la philosophie des dernières décennies tout en étant régulièrement l'objet de vifs débats en raison de l'engagement, un temps, du philosophe en faveur du parti national-socialiste.

Traduit de l'allemand par Sophie-Jan Arrien et Sylvain Camilleri.

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samedi 20 mai 2017

Josep E. Rubio : Raymond Lulle, le langage de la raison. Une introduction à la genèse de l'Ars

Vrin - Avril 2017 - Collection : Conférences Pierre Abélard


Le philosophe et théologien Raymond Lulle (1232-1316) est connu surtout comme l’auteur d’une Ars de trouver la vérité qu’il présente comme alternative aux méthodes développées dans le milieu universitaire.
Pour comprendre cette Ars, il faut tenir compte de son but : convaincre les infidèles de la vérité de la foi catholique à l’aide de la raison. Cela n’est possible qu’en la concevant comme un langage commun, universel, qui surmonte les déficiences propres à la nature sensible du signe et qui offre à l’entendement de vrais signifiés intellectuels. Le lecteur trouvera dans ce livre une explication de la genèse et du fonctionnement de la méthode lullienne, envisagée comme une réponse aux enjeux expressifs et communicatifs impliqués dans le souci missionnaire de son auteur. On perçoit ainsi que l’Ars de Lulle incorpore des solutions, et même des références concrètes, empruntées aux réflexions théoriques contemporaines à propos du langage, mais orientées vers une pratique communicative au service de la mission.

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Collectif : Kant et les penseurs de langue anglaise. Mélanges en l'honneur de Jean Ferrari

Vrin - Mai 2017


Le dialogue de Kant avec les penseurs de langue anglaise joue un rôle important dans la genèse de sa propre philosophie, et ce, dans des domaines très divers de sa pensée tant pratique que théorique. Or, si ses interprétations de Locke ou de Hume ou encore l'influence précoce qu'exercèrent sur sa physique, sa cosmologie et, plus largement, sur sa philosophie naturelle les Principia mathematica de Newton sont bien connues, sa connaissance et sa fréquentation d'autres auteurs anglo-saxons ou écossais, tels que Smith, Burke ou Hutcheson, sont moins étudiées. De même et symétriquement, la réception du kantisme dans l'ère anglo-saxonne, notamment chez Coleridge, Sidgwick, Moore ou Madison, est encore rarement mise en lumière. Aussi le présent volume tente-t-il d'éclairer quelques-uns des pans décisifs de ce dialogue de Kant avec les penseurs anglo-saxons, soulignant à la fois leur apport, direct ou indirect, à la constitution du philosopher critique et l'influence que celui-ci exerça et continue d'exercer sur les anglo-saxons.

Direction : Sophie Grotte, Mai Lequan, Lukas Sosoe

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Jean Louis Schefer : L'Image et l'Occident. Sur la notion d'image en Europe latine

P.O.L. - Avril 2017 - Essais


Il y a bien eu, dans le refus d'un culte des images en Europe latine, la construction d'un dogme des images portant prescription de leur usage conforme à leur pouvoir d'évocation du passé (un art de mémoire), aux manipulations de figures dans la machinerie des rêves. La théologie et les philosophies en ont fait l'instrument approché de toute connaissance conçue comme la lecture d'un tableau, possible parce que nous en participons par notre nature. Que signifient les formules de la création : l'homme a été fait comme une image ― l'homme a été créé selon le mode des images ― Dieu a créé l'homme à son image, ou encore, il l'a fabriqué par une image ?

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vendredi 19 mai 2017

Fredric Jameson : Représenter Le Capital

Editions Amsterdam - Avril 2017


Comment représenter le capitalisme en tant que système ? Telle est la question à laquelle Marx apporte une réponse entièrement neuve, consistant à penser le capital comme une série d'"énigmes". A commencer par celle qui préside à sa naissance : comment l'argent peut-il engendrer de l'argent, se valoriser lui-même ? Le capitalisme n'est rien sans ce mouvement permanent, qui explique à la fois ses crises et sa résilience, puisqu'il résout ses contradictions en les projetant à un niveau spatiotemporel supérieur. Fredric Jameson propose ici une relecture du Capital pour notre époque marquée par une cascade de crises financières. La dernière en date n'a pas seulement suscité un regain d'intérêt pour le chef-d'oeuvre de Marx comme chaque mutation majeure du système capitaliste, elle l'a aussi transformé, en mettant l'accent sur le crédit, d'une part, et, d'autre part, sur l'impérialisme ou l'accumulation initiale. Cette conjoncture précise appelait une interprétation nouvelle. Au cours de sa reconstruction des paradoxes du capitalisme, Jameson avance une thèse apparemment scandaleuse : bien que l'intelligence politique de Marx soit incontestable, Le Capital n'est pas un livre politique. C'est un ouvrage purement économique, qui démontre pourquoi le capitalisme produit nécessairement du chômage et de la misère. Paradoxalement, c'est aussi cela qui fait sa force : il nous invite à comprendre la nature du capital et à imaginer ce que pourrait être la vie dans un autre mode de production.

Fredric Jameson, professeur de littérature comparée à Duke University, est l'un des principaux théoriciens marxistes contemporains, et l'auteur d'ouvrages déjà classiques L'Inconscient politique et Le Postmodernisme. En 2008, il a reçu le prix Holberg pour l'ensemble de son oeuvre.

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Héraclite : Fragments recomposés présentés dans un ordre rationnel (par Marcel Conche)

PUF - Mai 2017


Cette nouvelle édition commentée des Fragments d'Héraclite est le fruit d'un travail totalement inédit. Alors que les éditions de référence (Hermann Diels en 1922 et Walter Kranz en 1934), comme celle de Jean Bollack et Heinz Wismann, se limitaient à les présenter selon un ordre alphabétique arbitraire, Marcel Conche procède ici à un mouvement d'ensemble du concret vers l'abstrait. Après des règles de méthodes viennent ainsi des lois universelles, puis les réalités elles-mêmes : le monde, les âmes, la cité... Le schéma eût sans doute fait sourire Héraclite (ce qui n'eût pas été marque de désaveu), mais il rappelle qu'un fragment ne doit pas être interprété seul, et que les Fragments sont avant tout le reflet d'un système achevé en constante redéfinition.

Marcel Conche est professeur émérite à l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonne et membre de l'académie d'Athènes.

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Roger Pouivet : L'art et le désir de Dieu. Une enquête philosophique

PU Rennes - Mai 2017 - Collection : Aesthetica


Il est devenu inhabituel dans la philosophie moderne et contemporaine plus encore de faire appel à Dieu, à la nature humaine créée, à l'âme, à la finalité de toutes choses, et à celle de l'homme en particulier. C'est pourtant ce que tente ce livre : une métaphysique de l'art et de la vie esthétique dans une tradition réaliste et religieuse. Parmi les choses qui existent fondamentalement se trouvent les oeuvres d'art, même si leur existence dépend de nous, être humains. Il y a de l'art parce qu'il y a des êtres tels que nous sommes, des animaux rationnels. Les êtres humains peuvent, en étant intellectuellement et moralement vertueux, réaliser excellemment leur nature, c'est-à-dire leur rationalité. L'art et la vie esthétique sont des produits de cette nature rationnelle. Les oeuvres d'art sont des substances artefactuelles qui fonctionnent esthétiquement. L'art n'est donc pas réductible aux pratiques artistiques ; la vie esthétique ne se confond pas avec une sorte d'expérience. Art et vie esthétiques sont un aspect de la réalisation par l'homme de la rationalité. Et par son âme rationnelle, l'homme participe, autant qu'il est possible, à l'esprit le plus élevé, celui de Dieu, duquel dépendent toutes choses. L'art et la vie esthétique sont ainsi des formes du désir naturel de Dieu – c'est la thèse que ce livre entend défendre.

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mercredi 17 mai 2017

Camille Riquier : Philosophie de Péguy

PUF - Mai 2017


L'ambition de ce livre est de fournir à la philosophie de Péguy l'« appareil » capable de manifester le plus fidèlement possible le « profond ordre intérieur » qui tient ensemble la multitude de textes qui a jailli génialement de sa plume. Loin de pointer les contradiction d'un homme, il s'agit alors de suivre la continuité et la cohérence d'un chemin, par-delà toutes les ruptures apparentes, qui se déroule selon un drame chrétien : L'état d'innocence, d'abord, la pureté de son combat socialiste et une jeunesse saisie par l'événement de l'Affaire Dreyfus et tenue par la venue imminente de la cité harmonieuse ; la chute, ensuite, avec l'histoire de la décomposition du dreyfusisme et l'enfer du monde moderne ; le salut, enfin, avec le retour de la foi catholique et les nouvelles ressources que lui prodigue la vertu d'espérance.

Camille Riquier est maître de conférences en philosophie à l'Institut catholique de Paris. Lauréat de l'Académie Française pour son ouvrage Archéologie de Bergson (Puf, 2009, Prix La Bruyère 2010) et corédacteur avec Arnaud François des Annales bergsoniennes, il a par ailleurs dirigé ou codirigé plusieurs collectifs sur Péguy : Charles Péguy vivant, 1914-2014 (revue Nunc, no 32, 2014) ; Charles Péguy (Cerf, 2014) ; Pensée de Péguy (avec Benoît Chantre et Frédéric Worms, DDB, 2014).

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