dimanche 26 mars 2017

Arnaud François : Eléments pour une philosophie de la santé

BELLES LETTRES - Mars 2017 - Médecine & Sciences humaines


Y a-t-il une expérience de la santé ? La santé n'est-elle que l'absence de maladies ? Être en bonne santé, est-ce la même chose qu'être « normal » ? Dois-je attendre de voir ce que l'avenir me réserve pour juger de l'état de ma santé ? La différence entre santé et maladie est-elle une différence comme les autres ? Voilà certaines des questions que pose le présent ouvrage, grâce à une méthode qui croise la philosophie avec d'autres types de savoirs : la médecine, la biologie, mais aussi la littérature et les sciences humaines. Cette étude conduit à confronter l'approche issue de Canguilhem avec d'autres conceptions philosophiques moins connues en France : celles de Boorse, Engelhardt et Nordenfelt. Il en ressort que les notions de santé et de maladie sont d'un maniement extrêmement délicat du fait de leur imprécision, sans doute irréductible, et du poids idéologique qui est le leur. Elles n'en sont pas moins centrales dans notre expérience et dans les enjeux politiques d aujourd hui.

Arnaud François est maître de conférences à l'Université ToulouseJean Jaurès. Il est notamment l'auteur de Bergson, Schopenhauer, Nietzsche. Volonté et réalité (PUF, 2008), et de l'édition critique de L'évolution créatrice de Bergson (PUF, 2007). Ses recherches portent sur la notion de vie, tant au prisme de l'histoire de la philosophie (vie et volonté : Schopenhauer, Nietzsche, Bergson), qu'à celui de la médecine et de la biologie (vie et santé, objet du présent ouvrage) et à celui de la littérature et de la politique (vie et travail : la philosophie d'Émile Zola, recherche en cours).

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Sophie Wahnich : La Révolution française n'est pas un mythe

Klincksieck - Mars 2017 - Critique de la politique


Comment en est-on venu à considérer en France qu'il était possible de consolider la liberté politique et publique, non seulement en se passant de la référence à la Révolution française, mais en récusant violemment toute référence positive à ce moment historique ? Vouée aux gémonies comme supposée "matrice des totalitarismes" par certains, comme objet ethnocentrique par les post-colonial studies, laissant indifférents ceux qui la considèrent comme désactivée, le crédit de la Révolution française est bien entamé. Or, l'appréciation politique et intellectuelle de la Révolution française doit moins, depuis 1945, aux historiens qu'aux philosophes, moins à l'évolution de l'historiographie comme telle qu'à la manière dont des penseurs de première importance se sont mêlés de penser la Révolution française. Les querelles philosophiques des années 1960, sur les fonctions respectives de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences dites humaines, et de la philosophie ont installé la Révolution française au coeur des débats. Le plus fameux d'entre eux a opposé Jean-Paul Sartre et Claude Lévi-Strauss, et, dans son sillage, Michel Foucault a promu contre Sartre, une certaine conception scientifique du savoir sur l'homme où la Révolution française n'a plus eu aucun intérêt. Mais personne n'en est resté là. Avec la question d'une Révolution française à la fois enthousiasmante et cruelle se joue et se rejoue la question d'une éthique de l'histoire de la Révolution française. Ces explorations successives permettent de s'éloigner d'un mythe identitaire et de retrouver une révolution bien réelle, capable de nous donner ses Lumières, pourvu qu'on accepte de continuer à en faire l'histoire pour notre aujourd'hui.

Sophie Wahnich, agrégée et docteure HDR en histoire, est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de la Révolution française, elle lui a consacré de nombreux ouvrages tels que La Longue Patience du peuple, 1792, naissance de la République (2008) et La Révolution française, un événement de la raison sensible (2012). Elle est membre du comité de rédaction des revues L'Homme et la société, Lignes et Vacarme.

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Etienne Helmer : Diogène le cynique

BELLES LETTRES - Mars 2017 -  Figures du savoir


Né à Sinope au IVe siècle av. J.-C. et mort à Corinthe après un long séjour à Athènes, Diogène est un personnage exubérant et scandaleux dont les provocations sont restées célèbres : il fait l amour et se masturbe en public, éconduit Alexandre le Grand comme un importun et insulte ses contemporains. Figure de la transgression, il n est pourtant pas un apôtre de l ensauvagement : ce n est pas la civilisation que Diogène conteste, mais les servitudes encombrant notre vie matérielle et les conventions nous inféodant aux puissants. Mode de vie et pensée tout ensemble, le cynisme de Diogène est une manière neuve de philosopher qui, loin des constructions théoriques complexes, reste au plus près des réalités quotidiennes. 

En proposant l idéal d une vie simple soustraite aux illusions du désir, cette philosophie offre aux individus et aux sociétés un contre-pouvoir libérateur. Sa critique des valeurs sociales et sa puissance de dérangement n ont pas échappé à Nietzsche ni à Foucault. Elles gardent toute leur actualité pour qui s interroge sur les bienfaits et les méfaits de la croissance économique, sur les exclusions déchirant le monde humain.

Étienne Helmer enseigne la philosophie à l Université de Porto Rico (États-Unis). Ses travaux portent principalement sur la pensée économique, politique et sociale des mondes grecs. Il est l auteur de La Part du bronze. Platon et l économie (Vrin, 2010), Épicure ou l économie du bonheur (Le Passager clandestin, 2013), Le Dernier des Hommes. Figures du mendiant en Grèce ancienne (Le Félin, 2015). Il a dirigé le volume collectif Richesse et pauvreté chez les philosophes de l Antiquité (Vrin, 2016).

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samedi 25 mars 2017

Gilbert Harman : Changer d'idées. Les principes du raisonnement

Editions d'Ithaque - Mars 2017


Dans un style direct et très abordable, Gilbert Harman nous propose ici une analyse originale de la façon dont nous raisonnons. A l'encontre de la tradition aristotélicienne, il soutient que les principes du raisonnement ne sont pas ceux de la logique. Selon lui, en effet, nous ne pensons pas en construisant des preuves formelles, ni en produisant des arguments ou en faisant des implications logiques, mais bel et bien avec nos moyens limités d'êtres humains. Raisonner, c'est avant tout corriger les conceptions que l'on entretenait antérieurement. Changer d'idées développe les conséquences de cette thèse : si la théorie du raisonnement est psychologique plutôt que logique, il revient au philosophe d'étudier la façon dont nous sommes conduits à réviser de manière raisonnée nos croyances, ainsi que les intentions qui nous poussent à agir. La dynamique d'une telle révision est guidée par des principes de cohérence et d'économie, non par des règles déductives. L'auteur mène son étude sans dogmatisme, en ouvrant des problèmes plutôt qu'en les réglant catégoriquement. Une telle approche, qui éclaire les processus de raisonnement, touchera le lecteur intéressé par la façon dont nous pensons et réfléchissons.

Gilbert Harman est professeur de philosophie à l'université de Princeton, aux Etats-Unis. Outre ses études sur le raisonnement, il a fait paraître de nombreux ouvrages sur l'éthique et la philosophie de l'esprit, ainsi que le recueil A Companion to W.V.O.Quine, publié sous sa direction en 2014.

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Boris Klein : Les chaires et l'esprit. Organisation et transmission des savoirs au sein d'une université germanique au XVIIe siècle

PUL - Mars 2017



A partir du cas de la défunte université de Helmstedt, l'enquête se propose d'étudier l'organisation de l'enseignement supérieur, dans ses contenus et ses méthodes, au sein de l'espace germanique luthérien entre la guerre de Trente ans et l'aube des Lumières entre la double coupure de la confessionnalisation et de la territorialisation, et la fondation des universités de Halle et de Göttingen. Grâce aux nombreuses archives conservées, on peut observer l'évolution des chaires au sein des facultés, et la confronter tant aux attentes officielles qu'aux stratégies individuelles des différents professeurs. Mais au-delà, il s'agit aussi de proposer un essai d'histoire sociale des pratiques intellectuelles et de la construction des savoirs, afin de préciser les évolutions qui ont abouti, à terme, à la naissance dans l'espace germanique d'un nouveau modèle universitaire au XVIIIe siècle, et plus encore à l'émergence de l'institution humboltienne au siècle suivant. Avec une préface de Sophie Roux, professeure d'histoire et de philosophie des sciences à l'ENS Paris.

Boris Klein est agrégé et docteur en histoire. Ses recherches portent sur les savoirs à l'époque moderne dans l'espace germanique, ainsi que sur l'histoire du luthéranisme. Il est l'auteur de plusieurs articles et d'un ouvrage, paru aux éditions Classiques Garnier : D'un usage curieux en médecine, réflexions sur " De l'Utilité de la flagellation" de J-H Meibom (2016).

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Philippe Grosos : Signe et forme. Philosophie de l'art et art paléolithique

Cerf - Mars 2017


La reconnaissance d'un art pariétal du paléolithique supérieur n'est intervenue qu'au tout début du XXe siècle. Depuis, tout en prenant cet art au sérieux, les préhistoriens n'ont cessé de voir dans ces formes peintes et gravées l'expression d'un univers symbolique. En cela, ils n'ont pas seulement remarqué que les hommes du paléolithique associaient des formes et des signes ; ils ont interprété ces formes comme des signes. Mais une telle démarche n'aboutit-elle pas à faire disparaître ces oeuvres en tant qu'oeuvres d'art ? Car peut-il exister un art qui ne soit art des formes ? Prenant appui sur l'analyse des peintures de Lascaux (Dordogne) comme sur celle des pierres gravées de La Marche (Vienne), il s'agit de faire valoir l'enjeu expressif des formes afin de proposer un tout autre modèle d'interprétation et de jeter les bases d'une philosophie de l'art paléolithique.

Philippe Grosos est professeur de philosophie à l'université de Poitiers.

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vendredi 24 mars 2017

Collectif : Accueillir l’autre. L’hospitalité charnelle

Editions des Femmes - Mars 2017 - Collection : Penser avec Antoinette Fouque


Taslima Nasreen, Élise Boghossian, Inna Shevchenko, François Guery, Mireille Calle-Gruber, Collectif Psychanalyse et Politique

« Je dis depuis longtemps que la gestation est le paradigme de l’éthique parce qu’elle est accueil, dans le corps d’une femme, d’un corps étranger. C’est l’hospitalité charnelle. C’est dire oui à l’autre qui vient. » A.F.

Les femmes ne seraient-elles pas toutes des exilées dans un monde où elles représentent la figure de l’Autre, rejetée, exclue, rendue invisible ? Et pourtant cette Autre est celle du premier accueil, de « l’hospitalité charnelle », selon un concept d’Antoinette Fouque. Ce livre est le fruit d’une table-ronde organisée par les éditions des femmes lors de l’édition 2016 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois qui ont eu pour thème, « Partir ».

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Alexis Cukier (dir.) : Travail vivant et théorie critique. Affects, pouvoir et critique du travail

PUF - Mars 2017 - Souffrance et théorie


Souffrance au travail et nouvelles aliénations, capitalisme émotionnel, production biopolitique… Dans les domaines de la philosophie, de la sociologie et de la psychologie, de nouvelles recherches montrent que l'examen minutieux de l'expérience subjective du travail, des dynamiques affectives et des rapports de pouvoir qui s'y jouent peut remettre l'analyse du travail au cœur de la théorie critique de la société aujourd'hui. Cet ouvrage collectif réunit les contributions de philosophes, sociologues et cliniciens qui analysent les principes méthodologiques, les notions fondamentales et les implications éthiques et politiques du paradigme du « travail vivant », tel qu'il fut thématisé par Marx pour concevoir l'aliénation dans les sociétés capitalistes, aujourd'hui réactualisé dans la psychodynamique du travail.

Alexis Cukier est post-doctorant en philosophie dans l'ANR « Approches philosophiques de la centralité du travail ». Il a codirigé, notamment, Émancipation, les métamorphoses de la critique sociale (Le Croquant, 2013) et La Réification. Histoire et actualité d'un concept critique (La Dispute, 2014).

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Jacques Derrida : Théorie et pratique. Cours de l'ENS-Ulm 1975-1976

Galilée - Mars 2017 - La philosophie en effet


Jacques Derrida a tenu ce cours sur le rapport entre théorie et pratique à l’École Normale Supérieure où il enseignait dans les années 1970. S’agissant d’un cours d’agrégation, le sujet lui était imposé. 

L’intérêt philosophique et historique des neuf séances de ce cours réside dans la discussion serrée que fait Jacques Derrida de Marx, et notamment de la fameuse onzième Thèse sur Feuerbach, ainsi que dans l’analyse des écrits d’Althusser qu’il propose. Ce cours démontrera, s’il en était besoin, que Derrida n’a pas attendu le début des années 1990, quand il publia Spectres de Marx, pour traiter de Marx de façon systématique et approfondie. 

« Faut le faire » : Derrida se sert de cette phrase idiomatique comme fil conducteur de son séminaire. Il exploite toutes les ressources qu’elle lui offre pour parler du rapport entre théorie et pratique. Ainsi, il distingue entre deux « accentuations » différentes de l’idiome : d’une part, « faut le faire » signale la nécessité de la pratique, le passage du contempler et du dire à l’agir et au faire. Mais d’autre part, « faut le faire » peut aussi renvoyer à une détermination pratico-révolutionnaire plutôt qu’à une détermination théorique de la praxis, comme si, afin d’être révolutionnaire, la praxis devait déjouer l’opposition entre théorie et pratique, et se déterminer déjà à partir d’elle-même.

Édition établie par Alexander Garcia-Düttmann

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jeudi 23 mars 2017

Peggy Alvez : L'envers de la liberté

Publications de la Sorbonne - Mars 2017 - Philosophie


Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l’objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté – et indissociablement de son idée – dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot « liberté » : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d’aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations – la peur de l’exil dans l’Antiquité, la conception chrétienne de l’homme endetté, la crainte asservissante d’autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l’objectivation unilatérale – chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la « dialectique négative » de l’idée de liberté – ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l’homme constitue ce qui le conduit à s’aliéner – à la dialectique de la praxis – dans laquelle l’idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l’aspiration à l’émancipation se mue en désir d’adaptation et d’obéissance –, l’auteure suit comme fil directeur l’histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme « liberté », confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de l’idée de liberté dans l’imaginaire social.

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Rémi Beau : Ethique de la nature ordinaire. Recherches philosophiques dans les champs, les friches et les jardins

Publications de la Sorbonne - Mars 2017 - Collection : Philosophies pratiques


Faut-il que la nature soit vierge ou intacte pour se voir reconnaître une valeur ? C'est l’idée que les premières philosophies environnementales, apparues dans les années 1970 et centrées sur la nature sauvage ou la notion de wilderness, semblaient conforter. Ce faisant, elles laissaient penser que, sur les terres habitées ou transformées par les hommes – qui couvrent la majorité de la surface de la planète –, il fallait renoncer à penser la nature. Dépassant cette approche dualiste opposant préservationnistes et modernistes, l’auteur explore une voie médiane : contre l’idée que la nature résiderait seulement dans quelques lieux remarquables, il propose d’appréhender la gamme différenciée de nos rapports à la nature quotidienne. Car il y a bien de la nature dans les sociétés humaines et, en regard, nous faisons société avec elle. C’est en immersion dans les mondes agricoles et en avançant une description des pratiques multiples qui, dans les champs, les friches et les jardins, nous mettent en relation avec des partenaires non humains, que cet ouvrage propose donc l’élaboration d’une éthique de la nature ordinaire.

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dimanche 19 mars 2017

Actuel Marx, N°61 : Marxismes écologiques

Presses Universitaires de France - Mars 2017


Dans les années 1980 et 1990, la plupart des discussions portaient sur le point de savoir si marxisme et écologisme pouvaient s'accorder, voire s'articuler entre eux. Des travaux ont largement permis de montrer que l'accusation de « productivisme », rituellement adressée à Marx, n'était guère pertinente et qu'un écologisme bien compris devait intégrer une conception suffisamment précise des institutions et des pratiques économiques que le marxisme pouvait lui fournir. Cependant, il n'est plus possible aujourd'hui de considérer le capitalisme comme une entité bien connue à propos de laquelle on pourrait continuer à raisonner globalement et abstraitement. La diversité (géographique et historique) du capitalisme, sa résilience, son inventivité, ses mutations concrètes, sa capacité de transformation, occupent désormais le centre de la scène. Naît donc le besoin de mieux écrire l'histoire du capitalisme, de mieux décrire ce qu'il est effectivement en suivant comme fil directeur la manière dont il a, depuis le début de son affirmation, investit la Terre, géré et, en particulier, exploité les ressources naturelles, transformé l'environnement, en même temps qu'il modelait les rapports sociaux.

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Eric Fourneret : Pour une nouvelle philosophie du soin

Lemieux Editeur - Mars 2017


Le contexte de maladie peut très vite polluer la relation entre les personnes. Or, dans la maladie, autrui est indispensable : le malade a besoin du soignant et de ses proches pour être soigné et soutenu ; le soignant a besoin du malade et de ceux qui le connaissent bien pour répondre au mieux à ses besoins ; les proches ont besoin du malade et des soignants dans leur confrontation brutale à la maladie. Cet ouvrage n'est ni un manuel de philosophie, ni un document scientifique mais un essai cherchant à décortiquer certaines situations dans la relation de soin qui se révèlent complexes à vivre et à penser.

Eric Fourneret est philosophe, spécialiste des questions éthiques en matière de santé et de philosophie morale. Il a été membre du groupe de travail (HAS) pour l'écriture de la nouvelle procédure des directives anticipées pour la loi Claeys-Leonetti, et membre de la commission présidentielle sur la fin de vie. Il a reçu plusieurs prix, dont le Prix de thèse Le Monde de la recherche universitaire 2011 pour son livre L'Euthanasie à la croisée des sciences humaines et sociales. Pourquoi fait-elle toujours débat ? (Puf).

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samedi 18 mars 2017

Emmanuel Gabellieri : Penser le Travail avec Simone Weil

NOUVELLE CITE - Mars 2017 - Collection : Penser avec


Le travail est-il, quoiqu’on fasse, l’opposé de la liberté et de la « vraie vie », dont l’humanité pourrait, et devrait parvenir à se libérer ? Ou bien, est-il une modalité essentielle de l’accomplissement de soi, le lieu essentiel de la vie sociale en même temps que d’une transformation du monde capable de libérer l’homme du règne de la nécessité ? La modernité a exalté cette seconde perspective. Mais la crise de la modernité fait resurgir la première, et semble conduire à osciller entre ces représentations opposées.
Par rapport à ces tendances souvent enchevêtrées dans le débat contemporain, la pensée de Simone Weil (1909-1943) présentée dans ce live « Penser le travail avec Simone Weil » peut apparaître paradoxale. D’une part, nul n’a davantage qu’elle, à partir de son expérience directe de la condition prolétarienne des années 30, analysé et dénoncé l’aliénation du travail. Mais d’autre part, aucun autre philosophe n’a sans doute affirmé autant la valeur humaine et spirituelle du travail authentique, et la possibilité réelle d’élaborer une « civilisation » et une « spiritualité » du travail.

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Thierry Lodé et Tony Ferri : De la domination. Essai sur les falsifications du pouvoir

Libre et solidaire - Mars 2017


Le point de départ de cette étude réside dans la volonté d’interroger la croyance, aussi répandue que massive, selon laquelle la domination serait naturelle aux hommes et aux animaux. En effet, lorsqu’on examine les opinions habituelles portant sur la domination se distingue ordinairement la certitude quasi indéracinable qu’elle ne serait rien que l’expression d’une force naturelle et que, s’il y a des forts et des faibles, c’est parce que force et faiblesse, puissance et soumission seraient inscrites dans un ordre naturel des choses. À la faveur d’une alliance entre philosophie et biologie, il s’agit ici de se demander quelle est l’origine de la domination, et de comprendre les mécanismes des relations de pouvoir. Au fond, y a-t-il une légitimité de nature à poser ou réclamer l’inégalité ? Où l’on voit que l’enjeu de ce livre réside dans l’effort pour résoudre scientifiquement et philosophiquement le problème du statut des phénomènes de domination dans le monde, et pour poser les bases à partir desquelles peut s’édifier une pensée de l’émancipation authentique.

Tony Ferri est philosophe, chercheur au Groupe d’études et de recherches philosophie – architecture – urbain (Gerphau) et conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation. Spécialiste des questions carcérales et pénales, il est l’auteur de divers ouvrages, dont Pouvoir et politique pénale (Libre & Solidaire, 2016). Région de l’auteur : région parisienne.

Thierry Lodé est biologiste, professeur des universités, directeur de recherches sur la vie sociale des animaux, expert de l’écologie évolutive et spécialiste de la sexualité animale. Auteur de plusieurs ouvrages, on lui doit notamment La Biodiversité amoureuse : sexe et évolution (Odile Jacob, 2011), et Manifeste pour une écologie évolutive : Darwin et après ? (Odile Jacob, 2014). Régions de l’auteur : Angers et Rennes.

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Cités n°69 : Qui fait la loi ? Le juge et la démocratie

Presses Universitaires de France - Mars 2017


Peu de temps avant l’élection présidentielle française, ce numéro de Cités interroge la place du juge dans les démocraties contemporaines. Contrairement à ce que l’on croit généralement, à savoir qu’il y a une subordination du juridique au politique (le législateur), c’est le contraire qui se passe. Aujourd’hui les juges ne se contentent pas d’appliquer les lois, ils les font au niveau le plus élevé, c’est à dire au niveau constitutionnel. C’est précisément cette transformation fondamentale des démocraties qui est mis en évidence dans toutes ces implications.

SOMMAIRE

Éditorial : Yves Charles Zarka, Les politiques sont-ils au-dessus du droit commun ?

I – DOSSIER : Qui fait la loi ? Le juge et la démocratie

Otto Pfersmann, Présentation
Aharon Barak,Les juges comme gardiens de la Constitution
Canivet, Les limites de la mission du juge constitutionnel
Benoit Frydman, Le juge à l’âge global
Clemens Jabloner, Le droit juridictionnel dans la comparaison constitutionnelle
Charles Ramond, Pour une constitution judiciaire de la réalité. Comique et casuistique dansLe Dernier Acte (A Frolic Of His Own) de William Gaddis

II – VIE POLITIQUE

Fethi Benslama, De la radicalisation et de ses traitements
Lucien Jaume, La fonction présidentielle : entre menaces et déclin

III – VIE INTELLECTUELLE

Pierre Auriel, L’idée européenne chez Paul Valéry

IV – RECENSIONS

Albert Schatz, L’Individualisme économique et social(1907), Paris, Les Belles Lettres, coll. « Bibliothèque classique de la liberté », 2013, par Emmanuel Picavet
Jean-Michel Salanskis, Crépuscule du théorique ?, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Encre marine », 2016, par Christian Godin
Martin Vanier, Demain les territoires. Capitalisme réticulaire et espace politique, Paris, Hermann, 2015, par Célia Rouvellat
Paul Audi, Le Démon de l’appartenance, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Encre marine », 2014, par Marie-Anne Lescourret
Swaan Abram, Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main, trad. fr. B. Abraham, Paris, Seuil, 2016, par Benoît Olié
Éric Marty, SurShoah de Claude Lanzmann, Paris, Éditions Manucius, coll. « Le Marteau sans maître », 2016, par Isabelle Eon
Pierre-André Taguieff, La Revanche du nationalisme. Néopopulistes et xénophobes à l’assaut de l’Europe, Paris, Puf, 2015, par Danilo Martuccelli
Pierre Dardot et Christian Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Paris, La Découverte, 2014, par Christian Godin
Laurent Theis, Guizot. La traversée d’un siècle, Paris, CNRS Éditions, 2014, par Philippe Boulanger

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vendredi 17 mars 2017

Esprit, N° 433, Mars-Avril 2017 : Le problème technique

Esprit - Mars 2017


RIQUIER Camille
Introduction 
RENOUARD Maël
Nouveaux fragments d'une mémoire infinie
DURING Élie
Ce que Gagarine a vu : condition orbitale et transcendance technique
SCHLEGEL Jean-Louis
Le transhumanisme et Teilhard de Chardin, même combat ?
BESNIER Jean-Michel
Comment dire « non » quand les machines triomphent ?
VIOULAC Jean
L'émancipation technologique
BIHOUIX Philippe
Le mythe de la technologie salvatrice
JARRIGE François
Promesses robotiques et liquidation du politique
STIEGLER Bernard
Critique de la raison impure. Entretien
GARCIA Tristan
Le cercle de la technique
GUCHET Xavier
L'éthique des nanotechnologies
SAURIN Irlande
Comprendre la technique, repenser l'éthique avec Simondon
RIQUIER Camille
Article Un retour à la vie simple ?

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Jeremy Narby : Intelligence dans la nature. En quête du savoir

Buchet-Chastel - Mars 2017 - Collection : La verte


De minuscules êtres unicellulaires savent résoudre des labyrinthes complexes ; des abeilles, dont le cerveau a la taille d’une tête d’épingle, sont capables de comprendre des concepts abstraits ; certaines plantes parasites comme les cuscutes peuvent évaluer le contenu nutritionnel de leurs victimes avant de décider de s’y installer…
Comment nommer ces comportements ? Les humains sont-ils les seuls à posséder une « intelligence » et à prendre des décisions rationnelles en toute autonomie ?
L’auteur montre que les bactéries, les plantes, les animaux et les autres formes de vie non humaines font preuve d’une étonnante disposition à faire des choix déterminant leurs actions. Il nous emmène dans un voyage extraordinaire – de la forêt amazonienne aux laboratoires hi-tech – à la rencontre de guérisseurs traditionnels et de scientifiques de pointe qui explorent les sciences du vivant.
Cette nouvelle édition intègre notamment une préface de Francis Hallé qui prolonge la réflexion de Jeremy Narby sur la nature de l’intelligence des plantes.

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jeudi 16 mars 2017

Tristan Velardo : Georges Palante. La révolte pessimiste

Editions L'Harmattan - Mars 2017 - Collection : Ouverture philosophique


Georges Palante, figure oubliée de la sociologie naissante, fut le théoricien d'une révolte intransigeante de l'individu face aux mécanismes oppressifs déployés par la société. Lecteur de Nietzsche et de Schopenhauer, ennemi déclaré des durkheimiens, socialiste non marxiste, farouche défenseur de l'individu, Georges Palante est un penseur iconoclaste qui n'a eu de cesse de développer une éthique individualiste et libertaire en vue du plein épanouissement des facultés et des potentialités individuelles. 
Cependant, par un étrange paradoxe, l'éthique palantienne prend sa source dans une philosophie pessimiste qui offre à la révolte un caractère tragique et indompté : elle doit avoir lieu et ce, malgré la certitude de sa défaite. C'est précisément ce paradoxe que cet ouvrage entend questionner tout en offrant une introduction à l'oeuvre de Georges Palante. 
Interroger la possibilité d'une révolte pessimiste, c'est interroger ce moment de l'insoumission et de la désobéissance propre à la condition humaine. Palante ouvre la voie qui inscrit la révolte et le mouvement du refus dans la constitution même de l'homme. Avec Albert Camus, Qu'est-ce qu'un homme révolté ?,  Palante pourrait affirmer Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas: c'est aussi un homme qui dit oui dès son premier mouvement. » 

Tristan Velardo est étudiant à Sciences Po Lille, en master de recherche philosophie, politique et économie. 

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Farhad Khodabandehlou : Dracula ou la croisade des temps modernes. Essai sur la figure de l'étranger

Fayard - Mars 2017 - Essais


Voici un thriller philosophique. Le roman mythique de Bram Stoker, Dracula, est déchiffré dans son mot à mot énigmatique et terrorisant comme une anthropologie de l’homme moderne. La trame romanesque est celle d’un double voyage : celui de Harker, le clerc de notaire qui quitte son Angleterre natale pour la Transylvanie afin de régler la vente d’une propriété, et celui du comte Dracula, qui va prendre possession de son bien et se faire anglais. De la civilisation à la sauvagerie et de la sauvagerie à la civilisation, les identités se troublent. Harker et Dracula sont, comme Jekyll et Hyde, les deux faces d’un même sujet moderne. Ce qui affleure ainsi est la rencontre de l’homme civilisé avec lui-même et ses propres forces archaïques. Et comme la doublure philosophique s’écrit avec le même style précis, la même logique implacable que le roman, le lecteur inquiet se retrouve lui aussi pris en otage.

Né en 1945 à Téhéran, Farhad Khodabandehlou a fait des études de philosophie à l’université de Paris-1 Panthéon-Sorbonne, puis il a enseigné à l’UFR de philosophie, au département des sciences sociales, de 1987 à 2002.

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mercredi 15 mars 2017

Etienne Klein : Tout n'est pas relatif

Flammarion - Mars 2017


"Pris par mon propre travail, mes lancinants sujets de réflexion, l'urgence du présent, je tentais une fois par semaine de me mettre en résonnance avec l'actualité dans l'espoir fou de la surplomber, de m'en écarter par le haut pour mieux la voir. En toute modestie, j'ambitionnais par ce stratagème d'insérer l'évènement, toujours présenté comme ponctuel, dans la longue ligne du temps." Voici, pour la première fois réunies, les chroniques joliment ciselées par Étienne Klein pour La Croix, de janvier à juillet 2016. Qu'elles traitent de science, de politique, du langage, du progrès, etc., toutes montrent en filigrane que non, décidément, tout n'est pas relatif. Et qu'à la façon des théories d'Albert Einstein, notre quotidien est lui aussi sous-tendu par des invariants et des absolus qu'il importe d'identifier." E.K.

Physicien, docteur en philosophie des sciences, Étienne Klein est producteur de la "Conversation scientifique" sur France Culture. Il a récemment publié En cherchant Majorana et Le pays qu'habitait Albert Einstein.

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Collectif : Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs

L'Echappée / Le Pas de côté / Écosociété - Mars 2017


Cordonné par Cédric Biagini, David Murray et Pierre Thiess

La civilisation industrielle ne s’est pas imposée sans résistances. De grands esprits critiques se sont toujours levés contre la liquidation des artisans et des paysans, contre la destruction de l’environnement et le bouleversement des modes de vie, contre l’emprise du marché et des machines sur les individus. La contestation de l’idéologie du Progrès que porte aujourd’hui le courant de la décroissance se situe dans cette longue filiation.
Parmi ces illustres devanciers, les cinquante penseurs présentés ici – dont les œuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles – ont de quoi alimenter les réflexions actuelles de toutes celles et tous ceux qui aspirent à une société centrée sur l’humain, et non plus soumise à la mégamachine. Leurs pensées, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées dans ce livre de manière claire et didactique, remettent radicalement en cause le culte de la croissance, l’esprit de calcul, la foi dans les technologies, l’aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n’y a de richesse que la vie.

Les penseurs : Edward Abbey | Günther Anders | Hannah Arendt | Georges Bernanos | Murray Bookchin | Albert Camus | Edward Carpenter | Cornelius Castoriadis | Bernard Charbonneau | Jean Chesneaux | Gilbert | Keith Chesterton | Barry Commoner | Ananda K. Coomaraswamy | Guy Debord | Lanza del Vasto Jacques Ellul | Pierre Fournier | Michel Freitag | Gandhi | Patrick Geddes Nicholas Georgescu-Roegen | Jean Giono | Paul Goodman | André Gorz | Alexandre Grothendieck | Michel Henry | Aldous Huxley | Ivan Illich | Robert Jaulin | Stanley Jevons | Leopold Kohr | Gustav Landauer | Christopher Lasch | Ned Ludd | Dwight Macdonald | Herbert Marcuse | William Morris | Lewis Mumford | George Orwell | François Partant | Pier Paolo Pasolini | John Cowper Powys | Majid Rahnema | John Ruskin | Ernst F. Schumacher | Jaime Semprun | Rabindranath Tagore | Henry David Thoreau | Léon Tolstoï | Simone Weil

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Yvon Roux : Ce que nous dit Zarathoustra. Comprendre Nietzsche

Liber - Mars 2017


Nietzsche est l'un de ces philosophes qui nous font entrer dans l'ère actuelle de la pensée. Il casse l'histoire en deux, comme il le dit lui-même. Son œuvre fait l'objet d'interprétations tout particulièrement polarisées. "Ainsi parlait Zarathoustra" l'illustre parfaitement. Sans recourir à aucun langage technique ou spécialisé, dans une apparente clarté, le texte formule des jugements très complexes et ouvre des perspectives fort étonnantes, sur la morale, la vérité, etc. C'est de loin le livre le plus connu et le plus lu du philosophe mais pour en percer le sens, il faut, comme l'auteur l'écrivait lui-même, longtemps le ruminer. L'ouvrage raconte l'histoire d'un ermite qui entend convertir ceux qui l'entourent à une nouvelle doctrine sans laquelle l'homme court à perte. Le cœur de cette doctrine est la notion d'éternel retour du même, qualifiée de « poids le plus lourd ». Mais avant de la faire partager aux autres, Zarathoustra doit pouvoir lui-même l'« incorporer ». Mais comment « incorporer » le « poids le plus lourd » sans en être terrassé et écrasé ? L'objectif de Yvon Roux est ici de suivre le mouvement de la réflexion de Nietzsche en partant de quelques scènes fortes du Zarathoustra. Le lecteur rencontrera ainsi les autres thèmes centraux de la pensée du philosophe - volonté de puissance, surhomme, mort de Dieu... - et pourra en saisir toute la cohérence et reconnaître le statut bien particulier que Nietzsche occupe dans la pensée occidentale.

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mardi 14 mars 2017

Julien Rabachou : L'individu reconstitué

Librairie Philosophique Vrin - Mars 2017 - Collection : Analyse et Philosophie


Cet ouvrage part du constat que l’individu est une catégorie centrale, indispensable à toute approche de la réalité contemporaine, mais qui demeure trop brouillée pour éclairer l’idéologie “individualiste” de nos sociétés. On se propose ici de repenser cette catégorie à nouveaux frais et, à partir d’une nouvelle analyse métaphysique de l’individualité, de développer une définition inédite de l’individualisme. On se donne ainsi pour ambition d’articuler les sciences sociales et la philosophie politique à la logique et à la métaphysique. À cette fin, l’enquête prend pour modèle le traitement de la personne, dont l’identité est précisée, et s’efforce, en s’étendant à toutes les unités concrètes existantes, de reconstituer l’individu dans tout le jeu de ses relations : avec autrui, avec le monde, avec tout ce dans quoi il trouve sa place et tout ce à quoi il participe.

Julien Rabachou est docteur, agrégé de philosophie, et chercheur associé à l’équipe « Sciences, Normes, Décision » (CNRS et Université Paris-Sorbonne).

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dimanche 12 mars 2017

Gleizer Marcos : Vérite et Certitude Chez Spinoza

Classiques Garnier - Mars 2017


Cet ouvrage examine les notions de vérité et de certitude chez Spinoza afin de comprendre le sens et la portée de sa célèbre thèse « veritas norma sui et falsi est ». Il montre ainsi que la théorie spinoziste de la vérité contient une solution cohérente pour le problème de la certitude.

LA CONCEPTION SPINOZISTE DE L’IDÉE
Analyse de la critique spinoziste à la passivité de l’esprit dans le processus cognitif 
Analyse de la critique spinoziste à la passivité de l’idée 
Analyse de la notion de représentation et de l’aspect logico-expressif de l’idée
LA NOTION DE VÉRITÉ CHEZ SPINOZA
De la nature de la vérité 
L’idée adéquate dans le Traité de la réforme de l’entendement
L’idée adéquate dans l’Éthique
Parallélisme, adéquation et correspondance
DE LA CERTITUDE CHEZ SPINOZA 
Introduction 
Idée et idée de l’idée
Sur la nature de la certitude
Du doute chez spinoza
Spinoza et le problème du «cercle cartésien»
CONCLUSION

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Alessia Magliacane : Zéro. Révolution et critique de la raison - De Sade et Kierkegaard à Adorno et Cavell

L'Harmattan - 2017


Les quinze sections de cet ouvrage proposent un parcours de réflexion sur le démantèlement de la normativité (Sade) et la déconstruction de la vie "bonne" (Kierkegaard). Des auteurs comme Adorno, Arendt, Lacan ou Cavell, se sont par la suite penchés sur ces deux auteurs, interrogeant les notions de subjectivités et d'individualités. Ces critiques de l'aliénation, au-delà des discussions théoriques, permettent de repenser les rapports entre romantisme révolutionnaire et communisme.

Alessia J. Magliacane, née à Naples en 1979, juriste, philosophe, historienne, titulaire d'un PhD de l'EHESS, a déjà publié chez L'Harmattan Monstres, fantasmes, dieux, souverains (2012) et Un monde parfait. Géographies de l'Amérique imaginaire (2013). Elle a également publié en langue française La Totalité contre la Résistance (2016), Le miroir et la baleine (2015), Philip K. Dick : l'utopie aux autres planètes (2015). Coordinatrice de la maison d'édition internationale Classi, elle dirige la revue Sovrastrutture.

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samedi 11 mars 2017

Revue de Métaphysique et de Morale, N°1, 2017 : D'Alembert (1717-2017)

PUF - Mars 2017


En 2017, nous célébrerons le tricentenaire de la naisse de d'Alembert, mathématicien et rédacteur, aux côtés de Diderot, de L'Encyclopédie. La Revue de métaphysique et de morale, lui rend hommage à travers ce numéro parcourant, aussi largement que possible, l'oeuvre de ce grand personnage au travers de recherches inédites et qui montrent tout l'actualité d'une pensée sans cesse à redécouvrir.

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Corinne Enaudeau et Frédéric Fruteau de Laclos (dirs.) : Lyotard et le langage

Klincksieck - Mars 2017 -  Continents philosophiques


Le projet de ce volume est de montrer que la question du langage tient une place décisive dans l'oeuvre de Jean-François Lyotard. Elle y soumet en effet la réflexion sociopolitique à des difficultés plus radicales que celle de l'idéologie immanente au discours de pouvoir. Elle demande en outre de situer l'enjeu non rationnel de l'art. Elle ouvre enfin sur une ontologie éclatée. Le problème qui occupe Lyotard est de savoir si la pensée peut faire droit à ce qui se dérobe par principe à la limpidité du langage. Comment faire entendre en mots intelligibles ce qui échappe à l'ordre rationnel - discours et savoir ? Lyotard veut résolument tenir les deux bouts de la chaîne : l'articulation et l'inarticulable, sans lâcher le "différend" - concept central - qui les divise. Sans lâcher non plus les différences qui scindent, à une extrémité, le discours articulé en genres irréductibles (spéculatif, scientifique, narratif, normatif, éthique...) ou, à l'autre bout, le sentiment du différend lui-même et la donation sensible qui inquiète l'art (littéraire inclus). Tenir un tel pari demande de comprendre quels types de langage l'ordre rationnel met en oeuvre, quels autres il exclut et au nom de quelles règles. Le langage y perd son unité pour se diviser en une multiplicité de "jeux", devenue plus tard une pluralité de "genres de discours" irréductibles entre eux. Le tournant langagier de Lyotard s'est en fait amorcé dès 1976, en amont de la Condition postmoderne (1979), dans le travail de Lyotard sur les sophistes. Le Différend donne, en 1983, à la problématique langagière son amplitude maximale en proposant une "philosophie des phrases" inédite, qui articule le différend, le tort, le silence et l'injustice. Les deux livres de 1979 et 1983 ont suscité les objections de Habermas et plus largement des tenants de l'éthique de la discussion. S'est ensuivi un débat entre les deux auteurs sur la manière d'entendre et d'opposer le "consensus" et le "différend". Débat régulièrement rappelé et relancé dans les réflexions sur le "commun", sur les conditions de la communauté sociopolitique. Reste que le différend ne disjoint pas seulement les genres de discours entre eux, mais - répétons-le - le discours et ses autres que sont la sensation, le sentiment, l'enfance. Peut-on alors faire de cet inarticulable, de ce silence lui-même une "phrase" et pourquoi, d'ailleurs, le devrait-on ? C'est le devoir et la possibilité de témoigner d'un silence intraitable qui est ici en cause pour Lyotard. Sa réflexion finale s'est alors portée sur ce bord entre langage et silence qu'est la phrase impossible, et non pas seulement interdite. Les articles ici rassemblés interrogent les questions précédentes, posées par Jean-François Lyotard, ainsi que les réponses qu'il leur a données, et ce, depuis la thèse de 1971, Discours, figure, jusqu'aux derniers développements sur la "phrase-affect". Lyotard y apparaît comme un des rares philosophes de la "pensée française" (ou "French Theory") à avoir jeté un pont entre la philosophie continentale et la philosophie analytique.

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Cahiers philosophiques 2017/1 (n° 148) : John Stuart Mill

Canopé - Mars 2017


John Stuart Mill, bien connu pour son essai sur Jeremy Bentham, L’Utilitarisme, est aussi l’auteur, entre autres ouvrages, de Système de logique déductive et inductive, Considérations sur le gouvernement représentatif et des opuscules Sur le socialisme et De l’assujettissement des femmes. Non dénuée d’éclectisme – Épicure, Hume ou Comte sont à des degrés divers des auteurs de référence –, cette philosophie développe des interrogations et des hypothèses originales dans les domaines de l’épistémologie, y incluant les sciences naturelles et sociales, de l’économie et de la politique, de la morale et de la religion. La théorisation de l’induction, le souci de l’empiricité et l’attention à l’histoire, mais aussi la recherche d’une méthode déductive rigoureuse dans l’étude des faits sociaux et le refus affirmé de tout réalisme métaphysique constituent l’armature des investigations de Mill. S’y ajoute une préoccupation morale et politique pour la liberté autant que pour l’égalité.

Page 5 à 8 : Nathalie Chouchan - Éditorial | Page 9 à 25 : Denis Forest - Mill, Darwin et l’argument du Dessein | Page 26 à 40 : Laurent Fedi - La méthode historique ou méthode déductive inverse chez John S. Mill | Page 41 à 53 : Ludmilla Lorrain - La représentation politique chez John S. Mill | Page 54 à 69 : Aurélie Knüfer - Mill et l’hypothèse communiste | Page 70 à 89 : Jean-Marie Chevalier - Induction et uniformité : la critique peircienne de Mill | Page 90 à 104 : Saloua Chatti - Ricœur, lecteur de Frege sur la référence | Page 105 à 122 : - Comme un rayon de lumière à travers les ténèbres.

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vendredi 10 mars 2017

Jean-Pierre Zarader : Malraux. Dictionnaire de l'imaginaire

KLINCKSIECK - Mars 2017 - Collection : Esthétique


"André Malraux ne souhaitait pas que les textes publiés, aujourd'hui, sous le titre les Écrits sur l'art soient lus comme une histoire de l'art ou bien comme une esthétique, par refus, sans doute, d'aboutir à une théorie de l'art, à des concepts abstraits et figés, là où les thèmes mêmes de la métamorphose et de l'imaginaire excluent toute pensée systématique. Le « dictionnaire Malraux » conçu par Jean-Pierre Zarader apparaît dès lors comme une gageure : reconstruire sous forme de constellation cohérente les écrits épars de l'auteur du Musée imaginaire, et leur conférer, n'en déplaise à ce dernier, le statut d une véritable pensée de l'art. Certes, il s'agit bien d'un abécédaire, mais qui, en vertu du mode d'exposition convaincant et séduisant adopté par Zarader, parvient à mettre en évidence ce que celui-ci nomme la « structure » et la « logique interne » des textes. Les « adresses » agencées par ordre alphabétique ne sont pas celles d'un « simple » vocabulaire. Ce sont pour chacune, précise fort justement l'auteur, « de petits essais qui tentent de saisir la pensée de Malraux dans ce qu'elle a de plus méconnu », et font valoir la portée théorique et conceptuelle d'une réflexion exigeante et passionnée sur la création artistique de notre temps." (Marc Jimenez)

Jean-Pierre Zarader est agrégé de philosophie. Il est notamment l'auteur de Philosophie et cinéma (1997), et de André Malraux les Écrits sur l art (2013). Il a participé au Dictionnaire de la pensée du cinéma (sous la direction d'Antoine de Baecque et de Philippe Chevallier, 2012) et au Dictionnaire André Malraux (sous la direction de Jean-Claude Larrat, 2015).

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Motoori Norinaga : Le fou à la cangue

Kimé - Mars 2017


Introduction et traduction du japonais classique par Dominique Thomas

L’esprit libre et novateur de Motoori Norinaga (1730-1801) est unique dans le paysage intellectuel japonais du 18e siècle. Sa critique de l’esprit de système, qui « guide nos sociétés à ce jour et exerce autant de ravages », comme l’a dit C. Lévi-Strauss, est l’occasion d’une remise en cause des perspectives et des certitudes occidentales.
Dès la première page, on bascule dans le monde extraordinaire des récits mythiques, puis l’on traverse l’Antiquité du Japon dans son intimité avec la Chine et la Corée. Par une controverse passionnée avec son contemporain japonais Tô Teikan, Motoori Norinaga découvre le sens propre du mythe et le leurre d’une raison, qui se veut objective, à l’origine de ce que nous aimons croire être l’évolution de la pensée. Le questionnement humain reste le même et soulève les mêmes interrogations aujourd’hui, auxquelles seules les formes, qui y répondent, changent.
Le trait le plus caractéristique de la vie et de l’œuvre de Motoori Norinaga est la constance. Il est issu d’une famille de marchands de Matsuzaka, située dans la péninsule d’Ise. Sur la volonté de sa mère, il part étudier la médecine à Kyôto entre 1752 et 1757, mais par le même temps découvre l’importance des textes les plus anciens par une méthode philologique. De retour à Matsuzaka, il ouvre une clinique de pédiatrie et soigne essentiellement les femmes et les enfants. À la fin des années 1780, son activité de lettré devient prééminente comme l’atteste le nombre important de ses publications entre 1789 et 1792, date à laquelle il perçoit une pension à vie du fief de Kishû (actuel Wakayama).
Ses œuvres complètes, parues entre 1968 et 1993 aux Éditions Chikumashobô, se composent de 23 volumes. Son bâtiment mémorial, situé à Matsuzaka et dirigé par Yoshida Yoshiyuki, présente de nombreuses recherches sous forme de publication dont le dictionnaire Motoori Norinaga, paru en 2001 à l’occasion du bicentenaire de sa mort.

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