lundi 22 janvier 2018

Yvan Elissalde : Vocabulaire philosophique. Volume 4, Les mots de la politique

Bréal - Janvier 2018


Mot après mot, la philosophie se présente comme une langue particulière, d'autant plus déroutante qu'elle semble reprendre le vocabulaire de tout le monde, mais en lui donnant un sens qui n'appartient qu'à elle. Ce rapport ambigu de continuité et de rupture avec la langue commune expose à bien des malentendus, que le présent ouvrage voudrait faire éviter au débutant, en précisant le sens des notions essentielles par des définitions critiques et raisonnées. C'est ce que l'auteur a tenté de refaire ici, en reprenant à son compte les programmes officiels des examens et concours français, ainsi que leur division en cinq domaines de notions (le sujet, la culture, la raison et le réel, la morale, et la politique). L'originalité de l'ouvrage réside en effet dans l'effort pour proposer un véritable vocabulaire, et non un simple dictionnaire impersonnel comme il en existe déjà : un ensemble de mots dont dispose une personne (en l'occurrence l'auteur) et, au-delà, tout un groupe (la communauté des philosophes), ensemble dont est montrée la dimension problématique ainsi que la fonction logique. Car chaque philosophe crée son propre vocabulaire en singularisant le sens qu'il donne aux notions qu'il emploie, création qui répond autant aux besoins propres de son système qu'aux discussions qui l'opposent aux autres. Les définitions qui en résultent apparaissent alors non plus comme arbitraires, mais justifiées par leur genèse et leur finalité.

Agrégé de philosophie, normalien, docteur d'Etat et professeur en classes préparatoires littéraires, Yvan Elissalde est l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie aux éditions Bréal, et notamment du Vocabulaire philosophique, volume I, du Vocabulaire philosophique, volume Il et du Vocabulaire philosophique, volume Ill.

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Thierry Hoquet : La Philosophie aux examens et concours. Explication de texte et dissertation

ELLIPSES MARKETING - Janvier 2018


La réussite aux concours et aux examens passe souvent par les redoutables épreuves de l’explication de texte et de la dissertation philosophique. Comment s’y préparer au mieux afin de les réussir ? Le pari de ce manuel est que les exercices proposés aux concours, loin d’être de purs problèmes rhétoriques, requièrent, pour être réussis, qu’on mette en oeuvre une authentique réflexion philosophique. Or celle-ci nécessite un entraînement régulier et la mise en oeuvre de techniques variées. Ce manuel invite donc à décomposer la difficulté, en abordant une grande diversité de notions. Ce pourquoi on trouvera ici une gamme complète de cent exercices corrigés. Ces exercices accompagnent l’étudiant dans la mise en oeuvre progressive d’un raisonnement philosophique, depuis l’analyse des concepts jusqu’à la mise en oeuvre d’un raisonnement complet, aboutissant à la rédaction d’un devoir complet. On trouvera dans ce volume une décomposition des règles à suivre, étape par étape, et des fiches récapitulatives. Les différents types de sujets y sont abordés. Pour les explications de textes : lettres, dialogues, traités… Pour les dissertations : sujets sous formes de question, notions simples ou doubles, citations… L’approche développée par ce manuel s’applique aussi bien aux étudiants de premier cycle universitaire (Licence) qu’aux étudiants de classe préparatoire ou à ceux préparant les concours. À cet effet, le livre comprend des extraits commentés de différents rapports des jurys de concours, ainsi que des annales corrigées.

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Arno Münster : André Tosel, penseur de l'émancipation. Un hommage

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2018


André Tosel (1941-2017) fut par excellence un intellectuel organique au sens donné par Gramsci. Militant pour une part, et pour l'autre, auteur d'une oeuvre singulière et riche, nourrie de Spinoza, de Marx et de Gramsci - dont il fut l'un des spécialistes français. Oeuvre tout entière tournée vers une refondation non-dogmatique de la théorie marxienne de la révolution et vers l'élaboration d'une définition actualisée et rénovée de l'émancipation, maître-mot sans doute de sa pensée. Emancipation juridique (de l'Etat "pénal" plus que de droit), sociale (de l'impératif systémique capitaliste), politique (de la "démocratie-régime", en réalité un "libéral-totalitarisme") et religieuse (repensant les conditions de la laïcité, autre maître-mot de cette oeuvre, contre le ré-enchantement métaphysico-religieux). Arno Münster rend ici hommage à une oeuvre dont on s'étonne qu'elle n'ait pas davantage été connue, qui doit l'être plus et mieux, et qui la critique aussi bien, en toute amitié, depuis les points de vue qui lui sont propres, poursuivant en somme ce qui a, des années durant, lié essentiellement leurs deux pensées et les a parfois opposés.

Philosophe et spécialiste de la philosophie politique contemporaine, Arno Münster est un disciple d'Ernst Bloch, dont il a écrit la biographie (L'Utopie concrète d'Ernst Bloch, Kimé, 2001). Il est, aux éditions Lignes, l'auteur de André Gorz ou le socialisme difficile (2008) et de Pour un socialisme vert (2012), ainsi que l'éditeur de Ernst Bloch, Rêve diurne, station debout & utopie concrète (2016).

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dimanche 21 janvier 2018

Bruno Pinchard : Hespérie. Contribution "virgilienne" à une politique occidentale

Editions Kimé - Janvier 2018 - Collection : Transhumanisme


Quelle idée libre la terre peut-elle encore porter en un temps d'exécration, de désertification et d'universalisation hâtive ? Cette question attend une réponse qui dépasse les oppositions simples entre mythologie et philosophie. En rupture avec les allégations de Heidegger, Bruno Pinchard cherche à définir la place d'un humanisme latin dans un monde désormais accaparé par les forces exclusives de la technologie et de la religion. Ce parcours, qui s'inscrit dans le sillage de Virgile, Dante, Vico, Chateaubriand, cherche à deviner les destins de l'Occident à travers le passage irréversible qui, de l'installation bornée dans les terres, conduit les peuples à l'exil universel de la mer. Ce chemin a un nom : Hespérie.

Bruno Pinchard est doyen de la Faculté de philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon III et président de la Société Dantesque de France. Cet ouvrage prolonge les questions portées par deux ouvrages récents, Marx à rebours (Kimé, 2014) et Ecrits sur la raison classique (Kimé, 2015).

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Jérôme Benarroch : Deux, un, l'amour. Levinas, Badiou, Lacan, judaïsme

Nous - Janvier 2018 - Collection : Antiphilosophique


Ce livre a pour ambition de penser l'amour, d'en produire une pensée contemporaine. A cet effet, il articule deux axes a priori divergents. Il présente d'abord une lecture inédite des trois grandes pensées contemporaines sur l'amour : celles d'Emmanuel Levinas, de Jacques Lacan et d'Alain Badiou. Il développe ensuite une élaboration singulière qui traverse les très anciens enseignements du judaïsme biblique et talmudique. Il ne s'agit pas pour Jérôme Benarroch d'exposer une pensée historiquement reconnue du judaïsme sur le sujet, mais de proposer une théorie de l'amour formulée dans le langage de la pensée contemporaine, à l'école de ses enjeux et questionnements. La méthode de cette élaboration consiste en un dialogue de la philosophie et de la psychanalyse avec ces divers et parfois paradoxaux enseignements traditionnels. Malgré leur hétérogénéité indiscutable, les pensées de Levinas, de Badiou et de Lacan partagent un même geste, qui apparaît presque comme une constante de la contemporanéité : le rejet de la figure de l'Un. Le livre soutient la thèse qu'en amour, l'Un n'est pas, mais qu'il doit advenir. Que l'unicité de chacun - de chaque sujet amoureux - advient par l'effort d'une construction éperdue de l'Un de l'amour.

Jérôme Benarroch - né en 1971, philosophe et talmudiste. Deux, un, l'amour est son premier livre. Puissante relecture de Levinas, de Badiou et de Lacan, mais aussi tentative audacieuse d'actualisation de la pensée juive, il propose de l'amour, sujet si saturé, une approche renouvelée.

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Manuel Bächtold (dir.) : Epistémologie & didactique. Synthèses et études de cas en mathématiques et en sciences expérimentales

Presses Universitaires de Franche-Comté - Janvier 2018 - Collection : Pratiques et Techniques


Cet ouvrage explore le rôle que peut jouer l'épistémologie en didactique des sciences expérimentales et des mathématiques. Il offre une vue d'ensemble sur cette question ainsi qu'une série d'études de cas portant sur des contenus d'enseignement variés et couvrant différents niveaux d'enseignement, depuis l'école primaire jusqu'à l'université. Les contributions se répartissent selon deux axes de recherche. Le premier examine la construction des connaissances scientifiques elles-mêmes et leur transposition pour la classe, tandis que le second s'intéresse davantage au mode d'enseignement des sciences.

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samedi 20 janvier 2018

Gilbert Hottois : Le signe et la technique. La philosophie à l'épreuve de la technique

Vrin - Janvier 2018 - Collection : Moments philosophiques


Le signe et la technique est un livre prémonitoire dont les questions et les concepts introduits voici plus de trente ans sont d’actualité. Au carrefour de la technoscience, de l’évolution et du posthumain, il soulevait déjà les inquiétudes et les interrogations qui agitent les débats autour du transhumanisme ainsi que des discussions bioéthiques et biopolitiques. Il a joué un rôle important pour la reconnaissance de la philosophie de la technique dans les pays de langue française. Aujourd’hui plus que jamais, « la philosophie est à l’épreuve de la technique » et des idéologies qu’elle secrète. Cette réédition est suivie d’une Postface où l’auteur explicite ses positions actuelles.

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Lignes 2017/3 (n°54) : Ici et maintenant

Editions Lignes - Janvier 2018


Page 5 à 7 : - Présentation | Page 9 à 20 : Jean-Luc Nancy - Ici même à présent | Page 21 à 37 : Fethi Benslama - La folie des fondements | Page 38 à 46 : Georges Didi-Huberman - Hâtons-nous lentement | Page 47 à 56 : Pierre-Damien Huyghe - Le peuple comme métaphore | Page 57 à 67 : Claude Calame - Le capitalisme néo-libéral et la négation de l’humain | Page 68 à 76 : René Schérer - Impossible hospitalité | Page 77 à 84 : Jean-Loup Amselle - Les nouveaux « nouveaux rouges bruns » | Page 85 à 88 : Paul Audi - Guerre à soi | Page 89 à 96 : Serge Margel - La vérité du mensonge | Page 97 à 100 : Frédéric Neyrat - Le théorème de Losange | Page 101 à 105 : Sophie Wahnich - L’éthos démocratique comme utopie | Page 106 à 111 : Véronique Bergen - S’arracher au grand bordel de l’asservissement | Page 112 à 121 : Christian Ferrié - 100 lignes d’émancipation à l’horizon | Page 122 à 132 : Alphonse Clarou - Un ouragan de murmures | Page 133 à 140 : Mathilde Girard - Prise de tête | Page 141 à 149 : Ivan Segré - Le commentaire palestinien de l’hébreu du poème allemand | Page 150 à 154 : Bernard Noël - Un mot pas d’autre | Page 155 à 162 : Jacob Rogozinski - Terre sans retour (II) | Page 163 à 172 : Alain Hobé - Le où du on | Page 173 à 185 : Pierre Guyotat - Depuis une fenêtre | Page 187 à 195 : Alain Jugnon - Kafka ne joue pas avec les hommes | Page 196 à 204 : Boyan Manchev - La politique des météores | Page 205 à 212 : Martin Crowley - La défaite de la pensée (non mais, vraiment !) | Page 213 à 214 : Louis Sala-Molins - « Vingt fois sur le métier… » | Page 215 à 226 : Lambert Clet - Des ombres portées | Page 227 à 236 : Adrian May, James Wishart - « L’immense paysage de Lignes ».

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Rémi Brague : Sur la religion

Flammarion - Janvier 2018


Il y a trente ans, quand on voulait être prix au sérieux, on parlait politique; évoquer la religion, en revanche, était le meilleur moyen de faire rire. Aujourd'hui, la situation s'est inversée : la religion fascine, inquiète, et la peur s'installe à l'égard de certaines de ses formes, voire de la violence que, suppose-t-on, elles fomentent.
Il importe d'essayer d'y voir un peu plus clair. Poursuivant le travail d'élucidation qu'il a entrepris depuis une dizaine d'années. Rémi Brague s'interroge sur la légitimité même du terme "religion", puis sur le contenu propre des religions - avant tout sur celui des "trois monothéismes". Qu'est ce que la religion nous dit de dieu, et l'homme en tant qu'il est doué de raison? Qu'est-ce qu'elle nous dit d'autres domaines de l'humain comme le droit, la politique? En quoi garantit-elle-ou menace t-elle-la liberté morale, sinon l'intégrité physique des individus?

Membre de l'Institut, Rémi Brague est professeur émérite de philosophie à la Sorbonne et à l'université de Ludwig-Maximilian de Munich. Il est l'auteur d'une vingtaine d'essais, dont Du Dieu des chrétiens et d'un ou deux autres (Champs, 2009) et de Modérément moderne ( Champs, 2016).

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vendredi 19 janvier 2018

Matthieu Haumesser : L’Autre Scène. Philosophie du théâtre

Vrin - Janvier 2018 - Essais d’Art de de Philosophie


Pour Shakespeare, le monde était une scène. Avant lui, Platon avait déjà comparé notre existence à un théâtre de marionnettes. L’image du “théâtre du monde” continue à s’imposer aujourd’hui encore comme un véritable lieu commun, et l’on parle souvent de la “scène politique”, des “drames” ou des “tragédies” de l’actualité. Pourquoi la condition humaine est-elle si étroitement associée à cette image? Telle est l’interrogation qui guide ce livre. Le réel envisagé littéralement comme théâtre, ou à partir du théâtre : voilà ce qu’il propose d’appeler l’Autre Scène. Il s’agit d’un réel charnel et passionnel, lié aux possibilités qui nous tourmentent ou nous fascinent, et sur lesquelles on aimerait porter un regard distancié et englobant. Mais ce réel est aussi débordant, il donne lieu à toutes sortes d’illusions et ne se laisse pas facilement enfermer dans les limites étroites de la scène. Voilà pourquoi il relève d’une Autre Scène, plus insaisissable et fantasmatique. En interrogeant cette idée, on voudrait montrer la puissance philosophique du théâtre. Et l’on tentera ainsi d’offrir à ceux qui aiment cet art de quoi éclairer, peut-être, le sens de leur désir.

Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie et docteur en philosophie, Matthieu Haumesser enseigne en classes préparatoires et à Sciences Po Paris.

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Michel Erman : Au bout de la colère

Plon - Janvier 2018


Aujourd'hui tout se passe comme si la colère dans ses diverses modalités, qui vont de l'irritation à la haine, irriguait les psychismes de façon valorisante. Le phénomène est récent. En effet, au début des années 2000, on avait tendance à considérer qu'il s'agissait d'une passion aversive, donc quasi interdite et bannie de l'espace social. 
Comment expliquer ce basculement ? Que veut donc la colère ? Quelles sont les raisons d'être de cette émotion passionnelle qui semble la plus trouble en même temps que la plus humaine de toutes ? Pourquoi n'est-elle pas soluble dans le moralisme qui la condamne ? A-elle une positivité pour l'Homme ? Telles sont certaines des questions auxquelles cet essai tente de répondre en décrivant toutes sortes d'expressions ou d'incarnations de la colère (populisme, vengeance, pamphlet...) 
Par ailleurs, vivrions-nous une époque de mécontentements et de désenchantements permanents ? De nombreuses raisons économiques et culturelles dues à la mondialisation des échanges expliquent, pour une bonne part, les mouvements sociaux d'indignés, voire les colères populistes. Certes. Toutefois la colère touche aussi les rapports interindividuels à telle enseigne que savoir se mettre en colère semble parfois une condition de l'existence dans le monde contemporain. 
Nous touchons avec cette émotion, qui est peut-être aussi la plus vieille du monde, à l'opacité des relations humaines entre altruisme et affirmation de soi. C'est cette opacité passionnante que la colère permet d'explorer tout en rappelant un point de vue anthropologique : l'homme n'est pas que raison, c'est d'abord et aussi un être affecté par ces expériences du monde que sont nos émotions. 

Écrivain et philosophe, professeur à l'université de Bourgogne, Michel Erman est l'auteur d'essais portant sur les passions ( Le lien d'amitié, Plon, 2016). C'est aussi un spécialiste de Marcel Proust, auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

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Catherine Chalier : Mémoire et pardon

François Bourin - Janvier 2018


Par quel passé sommes-nous habités, voire hantés ? Pouvons-nous nous en détacher, l'oublier, tourner la page, ou sommes-nous voués à raviver sans cesse le souvenir des souffrances ? N'y aurait-il pas une autre voie possible, celle d'une conscience de ce qui est advenu permettant de résister de façon créative au mal ? Le pardon suffirait-il ? Mais à quelle condition ? Une « réparation » des traumatismes n'est-elle pas nécessaire ?
C'est à ces questions qui surgissent, encore aujourd'hui, du tragique de nos histoires personnelles et collectives, que se confronte Catherine Chalier, à partir des textes bibliques et de la tradition juive de leur interprétation, mais aussi en interrogeant quelques grandes figures de la philosophie contemporaine : Levinas, Ricoeur, Derrida, Jankélévitch. Pour esquisser un chemin de libération…

Catherine Chalier est philosophe. Elle prête une attention particulière aux sources juives de la pensée. Elle a publié de nombreux livres, notamment La Gravité de l'amour (PUF, 2016), Lire la Torah (Seuil, 2014), Aux sources du hassidisme, le Maggid de Mezeritch (Arfuyen, 2014), et Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008).

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Denis Moreau : Comment peut-on être catholique ?

Seuil - Janvier 2018


Les catholiques suscitent parfois un étonnement qui évoque celui des Parisiens du xviiie siècle face au Persan de Montesquieu : « Ah ! ah ! monsieur est catholique ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être catholique ? » Nombre de nos contemporains ne comprennent plus comment ni pourquoi on peut (encore) adhérer à une telle vision du monde… quand ils n’affirment pas qu’elle est dénuée de sens. Quant aux catholiques, ils se dérobent trop souvent au débat.
Ces questions et critiques méritent d’être prises au sérieux. Denis Moreau, philosophe catholique, fait donc le choix de s’expliquer sur sa foi, en se plaçant sur le terrain de l’argumentation rationnelle. Cela n’exclut ni la profondeur spirituelle, ni le témoignage, ni l’humour. De la question de la foi à celle de la résurrection de Jésus, en passant par l’idée de sagesse, le problème du mal, la place du plaisir dans le catholicisme, les beautés et noirceurs de son histoire ou encore son avenir, ce livre apporte des réponses riches et éclairantes à de très nombreux débats et questions.

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Raison publique n°22 : Du minimalisme moral. Essais pour Ruwen Ogien

Les Editions Raison publique - Décembre 2017


Ne pas juger les désirs d’autrui, ne pas nuire aux autres, tels sont les préceptes fondamentaux de l’éthique minimale patiemment élaborée par le philosophe Ruwen Ogien (1949-2017). Il fallait une certaine audace, le combat étant très inégal et les rangs du camp minimaliste plus que clairsemés. Mais jamais Ruwen Ogien ne rechigna à entrer dans l’arène publique pour en porter les couleurs.Convaincu que ce que l’on fait de soi-même, pour autant que l’on ne nuit à personne, est moralement indifférent, il s’est courageusement lancé à l’assaut de bien des idées reçues sur des sujets brûlants : euthanasie, GPA, libertés sexuelles, pornographie, prostitution, etc. Toujours pour prendre le parti de celles et ceux qui revendiquent leur droit d’être libres.
Cet ouvrage, qui se veut aussi hommage, présente un long article inédit de Ruwen Ogien, "La Morale introuvable", et rassemble les contributions d’une vingtaine de philosophes discutant tel ou tel aspect de l’oeuvre léguée par celui qui fut et demeure l’un des philosophes moraux les plus marquants de sa génération. L’ensemble peut ainsi constituer une sorte d’introduction au minimalisme moral, tel que l’entendait et le défendait avec brio Ruwen Ogien.

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Dominique Raynaud : Sociologie des controverses scientifiques

Editions matériologiques - Janvier 2018


Brisant l’image idéale de la science consensuelle, les controverses scientifiques sont aujourd’hui devenues un sujet privilégié de la sociologie et de l’histoire des sciences. Elles sont par ailleurs impliquées au cœur des débats sur les méthodes des sciences sociales. Si l’analyse des controverses scientifiques doit beaucoup aux approches inaugurées par les courants relativistes et constructivistes des années 1970-1980, ce livre montre que les études contemporaines ont tout à gagner à réintroduire ce qui a été le principal tabou des trente dernières années : la vérité.

Cette conclusion n’est pas le résultat d’une méditation abstraite sur le destin de la sociologie et de l’histoire des sciences. C’est le résultat d’études de cas, portant sur des disciplines telles que la biologie (la thèse des générations spontanées, débattue entre Pasteur et Pouchet), de la médecine (le vitalisme opposé à la médecine expérimentale naissante), de la stéréotomie (les « Guerres perspectives » qui ont agité le Paris des années 1640), de la perspective (la mathématisation de la perspective linéaire dans l’Italie du XVIe siècle) ou de l’optique (la question de l’intromission, discutée à Oxford). De querelles médiévales à des disputes plus récentes, ces études suivent un même fil conducteur : interroger les rôles de la rationalité, des conventions et des croyances collectives dans la construction des théories scientifiques.

L’auteur défend une théorie incrémentaliste du progrès scientifique : pour autant qu’il suive des règles, le débat est un moyen pratique de tester la robustesse d’une théorie et de départager les théories rivales. Le fait que les débats soient marqués par la passion et les émotions est sans intérêt ; l’important est que ces échanges réglés puissent, par la production d’arguments publics, s’approcher de la vérité. C’est une façon de répondre à la question : Pourquoi l’activité scientifique est-elle conflictuelle ?

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mercredi 17 janvier 2018

Benoit Gaultier (présentation) : L'immoralité de la croyance religieuse. "L'éthique de la croyance" de William Clifford suivi de "La volonté de croire" de William James

Agone - Janvier 2018 - Collection : Banc d'essais


On connait le propos que Dostoïevski fait tenir à l'un des frères Karamazov : si Dieu n'existe pas, alors tout est permis. Une idée apparentée est que les croyances religieuses, qu'elles soient vraies ou fausses, permettent aux hommes et aux sociétés qui les entretiennent de s'élever d'une façon inaccessible à celles et ceux qui ne croient pas. D'après le mathématicien et philosophe anglais William Clifford (1845-1879), rien de tout cela n'est vrai. Ainsi qu'il le défend à Londres en 1876 dans une conférence intitulée "L'éthique de la croyance", le déclin de la religion est au contraire l'occasion de rendre l'humanité moralement meilleure. Plus encore : il n'est plus possible de croire sans immoralité. Son texte deviendra vite un classique ; en 1897, William James (1842-1910), philosophe et psychologue, entreprend de le réfuter. Dans "La volonté de croire", il veut légitimer les croyances les plus improuvables, du moment qu'elles répondent à nos besoins passionnels, tel celui "que le monde soit religieux". Historiquement, la réponse de James emporta la conviction de nombreux lecteurs dans sa tentative de concilier science et religion. Mais philosophiquement, il se pourrait bien que Clifford ait eu raison et que son éthique de la croyance d'après laquelle "on a tort, partout, toujours et qui que l'on soit, de croire sur la base d'éléments de preuve insuffisants" s'avère une boussole pour quiconque n'a pas renoncé à "se servir de son entendement".

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Arthur Koestler : Les Racines du hasard

Les Belles Lettres - Janvier 2018 - Collection : Le Goût des idées


Ce livre est une excursion à la frontière de deux domaines fondamentaux de la recherche : la physique quantique, infra-atomique, d’une part, la parapsychologie, d’autre part. 
En montrant comment la parapsychologie est devenue scientifiquement respectable, Koestler rappelle qu’aux États-Unis on se servait de l’électronique pour expérimenter sur la psychokinèse et qu’en URSS, la télépathie était une discipline officielle de la recherche. 
De plus en plus « occulte », la physique théorique, enfreignant joyeusement les lois de la nature, naguère encore sacro-saintes, montrait une inclination étonnante pour des concepts « surnaturels » comme la masse négative, les trous dans l’espace, le temps renversé. Dans le monde fantastique de la physique des quanta, les notions raisonnables d’espace, de temps, de matières et de causalité n’ont plus cours. Les plus grands physiciens de notre époque, Einstein, Planck, Heisenberg ont été parfaitement conscients du caractère « mystique » des concepts dont ils se servaient, et plusieurs d’entre eux ont tenté une synthèse de la physique et de la parapsychologie.
Koestler examine certains de ces efforts de synthèse pour relier les sciences exactes aux intuitions de l’homme en quête de réalités profondes ; il esquisse une hypothèse personnelle à propos de ce problème qu’il demande à tous les chercheurs d’aborder sans préjugés, en se gardant à la fois d’un matérialisme figé et d’une crédulité superstitieuse. (2016-12-21)

Juif hongrois né à Budapest en 1905, Arthur Koestler fait ses études à Vienne, puis devient journaliste en Palestine. Revenu en Europe, il adhère au Parti communiste allemand, trouvant là une réponse à la menace nazie, et il est également séduit par l'utopie soviétique. Il part un an en Union Soviétique, puis participe à la guerre civile espagnole. Dès 1938, ayant rompu avec le Parti communiste, il combat sans relâche le régime stalinien, notamment à travers son roman majeur, Le Zéro et l'Infini. À partir de 1940, il vit en Angleterre, où il se suicide avec sa femme en mars 1983. Son œuvre de romancier, philosophe, historien et essayiste lui vaut une renommée mondiale.

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Jean Vioulac : Approche de la criticité. Philosophie, capitalisme, technologie

PUF - Janvier 2018


Notre époque est celle d'une phase critique atteinte par l'humanité dans son histoire, emportée dans un vaste mouvement de virtualisation et de numérisation par lequel la totalité du réel est réduite à une idéalité formelle. Ce processus d'abstraction totale se manifeste autant dans la physique quantique que dans l'informatique et le capitalisme : or le trait commun à la science formalisée, à la technique informatisée et à l'économie financiarisée réside dans l'automatisation des processus. Cette logique d'autonomisation d une objectivité abstraite émancipée des sujets concrets fonde notre époque, et laisse pressentir l'approche d'un seuil de criticité, au sens que l'expression a dans l'ingénierie nucléaire : effet de seuil où les processus en cours deviennent hors de contrôle et font ainsi accéder la matière à un autre état. Ainsi, de même qu'à un certain seuil de complexité la vie a surgi de la matière, puis l'humain de l'animal, notre époque serait celle où le machinique surgirait de l'humain, et où apparaîtrait le successeur d'Homo sapiens : mutation considérable, peut-être impensable, à laquelle doit pourtant se confronter la pensée, pour découvrir que le sort de l'humanité se joue aujourd'hui dans le rapport entre capitalisme et technologie.

Jean Vioulac est professeur agrégé et docteur en philosophie, auteur notamment de L'époque de la technique (Puf, 2009), La logique totalitaire (Puf, 2013), Apocalypse de la vérité (Ad Solem, 2014) et Science et révolution (Puf, 2015).

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mardi 16 janvier 2018

Federico Ferrari et Jean-Luc Nancy : La fin des fins

Kimé - Janvier 2018


Deux philosophes, Jean-Luc Nancy et Federico Ferrari abordent la question de la fin dans un texte en trois actes où la pensée interroge son continuel sentiment d'achèvement. D'une part nous sommes depuis longtemps dans un climat de "fin de... l'art, la philosophie, la politique, le monde..." D'autre part, ce motif qui a tant marqué une génération - en très gros 1970-1990 - se trouve lui-même mis en cause par une génération plus jeune qui lui demande : en avez-vous fini avec vos fins ? "Peut-être n'y a-t-il aucun commencement ni aucune fin, et toujours un entre-deux, toujours un passage, un milieu qui n'est pas un lieu mais un élément où ça flotte entre un début et une fin qui n'ont jamais lieu. Le commencement et la fin sont au milieu de tout, invisibles, rapides comme un double éclair obscur. Ni commencement ni fin n'existent. Ce sont chaque fois des artefacts, des projections d'un besoin de fixer des bornes, de tenir des points fixes. En réalité tout a toujours déjà commencé et tout continue toujours à finir."

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Daniel Bensaïd : Fragments mécréants. Mythes identitaires et république imaginaire

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2018


La nécessité de ce livre est plus grande encore que lors de sa première édition, en 2005. D'autant plus grande que la "croyance" s'accroît partout et qu'elle a pris depuis un tour de plus en plus violent. Ces Fragments mécréants dessinent des lignes de résistance qui ne cèdent pas à la niaiserie du retour au giron de l'Eglise, de la mosquée ou de la yeshiva. Ce travail de déniaisement suppose une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire. Homme de doute opposé à l'homme de foi, le mécréant parie sur les incertitudes du siècle, sans les rassurantes rigueurs de la règle. Il met une énergie absolue au service des certitudes relatives. C'est aussi son dilemme. Résister, lutter, ne pas céder à la lassitude ou à la résignation. Brosser l'histoire à rebrousse-poil, inlassablement.

Daniel Bensaïd, théoricien et praticien majeurs de la politique révolutionnaire (un temps dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire et de la IVe Internationale), philosophe aussi, est l'auteur d'une trentaine de livres, dont plusieurs aux éditions Lignes. Le plus récent : Octobre 17. Un retour critique sur la révolution russe (2017).

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Le Télémaque 2017/2 (N° 52) : Lumières juives et éducation

PU de Caen - Décembre 2017


Page 7 à 8 : Brigitte Frelat-Kahn - Ouverture | Page 9 à 14 : François Jacquet-Francillon - Questions à l’anti-humanisme de Claude Lévi-Strauss | Page 15 à 26 : Éric Dubreucq - Socialisation | Page 27 à 32 : Sophie Nordmann - Présentation | Page 33 à 42 : David Lemler - « Lumières juives médiévales » : (s’)éduquer à l’épreuve du texte | Page 43 à 54 : Valérie Assan - Judaïsme et entrée dans la modernité : le projet de l’Alliance israélite universelle | Page 55 à 66 : Gilles Hanus - La « libre maison d’étude juive » (freies jüdisches Lehrhaus) de Franz Rosenzweig | Page 67 à 78 : Sophie Nordmann - De la Haskala à l’école juive de Paris : les Lumières juives à l’épreuve de l’émancipation | Page 79 à 96 : Suzanne Aurbach - Au-delà du sens : Perec, le Talmud et les ateliers d’écriture | Page 97 à 108 : Jean-Michel Salanskis - L’éducation, lieu universel du “particularisme” juif | Page 109 à 118 : Filipe Ceppas - Anthropophagie pour une éducation émancipatrice | Page 119 à 128 : Joie Orsenigo - Riccardo Massa, philosophe et pédagogue italien. Réflexions pédagogiques d’une élève | Page 129 à 139 : Didier Moreau, Bérengère Kolly, Philippe Foray - Comptes rendus.

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lundi 15 janvier 2018

Gil Delannoi : La nation contre le nationalisme

PUF - Janvier 2018


À l’heure de la mondialisation dite heureuse, depuis la fin de l’empire soviétique, la réunification allemande, la montée en puissance de la Chine et à travers tant d’autres exemples récents, la résistance des nations est un fait indiscutable. Il n’en reste pas moins de bon ton de mépriser la nation, échelle politique d’un autre âge, porteuse de toutes les tares du nationalisme et de l’impérialisme. Or, la nation ne peut se réduire au nationalisme. Forme politique issue des révolutions égalitaires et libérales modernes, elle reste à ce jour l’espace indispensable à toute expérience démocratique. La nation est même le meilleur rempart à opposer aux nationalismes qui persistent et se recomposent dans un monde plus international que global, plus mercantile que libéral. L’histoire des nations et la redéfinition des nationalismes proposées dans ce livre par Gil Delannoi montrent que la nation démocratique n’est pas près de disparaître.

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Roland Techou : Le phénomène humain

Spinelle - Novembre 2017


Dans la décision des Modernes à penser la quiddité humaine, l'ontologie fondamentale réfute toute anthropologisation de l'être humain. Celui-ci doit souscrire au questionnement du Dasein-fini dont l'herméneutique contemporaine de l'ipséité en cours dans la phénoménologie française assume l'élaboration. Entre la "finitude originaire" (Kant) radicalisée en "finitude ontologique" (Heidegger) se tient la compréhension de l'être humain comme "certitude négative" (Jean-Luc Marion). L'une et l'autre approches maintiennent un étant inobjectivable dont l'anthropologie phénoménologique du "Corps épandu" (Emmanuel Falque) cherche à assumer le sens au-delà du Cogito et dans le strict respect de l'être-là.

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Fritz Heider : Chose et medium

Vrin - Septembre 2017 - Matière étrangère


« Ce qui nous entoure, nous l’appréhendons toujours d’une manière ou d’une autre. Nous n’appréhendons pas que des choses qui entrent dans un contact immédiat avec notre épiderme, mais bien souvent, nous appréhendons une chose à travers une autre. Par exemple, c’est à travers l’éther que nous percevons des étoiles distantes, c’est par l’air que nous entendons le son d’une cloche, c’est grâce au baromètre que nous sommes informés de la pression atmosphérique, par le biais d’un mouvement expressif, nous appréhendons une psychologie, à travers les yeux de quelqu’un, on jette un regard “dans les tréfonds de son âme”, à la vue de la graphie de quelqu’un, nous saisissons sa pensée et ainsi de suite. »
Publié en 1926, Chose et médium a été redécouvert comme l’un des textes fondateurs de la philosophie des médias et des techniques.

Introduction, traduction et notes par Emmanuel Alloa.

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dimanche 14 janvier 2018

Alessandro d'Avenia : L'art d'être fragile. Comment un poète peut sauver ta vie

PUF - Janvier 2018


« Nous vivons dans une époque où l’on n’a le droit de vivre que si l’on est parfait. Toute insuffisance, toute faiblesse, toute fragilité semblent bannies. Mais il est une autre façon de se sauver : c’est de construire, comme toi, une autre terre, une terre féconde, la terre de ceux qui savent qu’ils sont fragiles. »
Existe-t-il une méthode pour connaître un bonheur durable ? Peut-on apprendre le pénible métier de vivre jour après jour jusqu’à en faire un art de la joie quotidienne ?
Ce sont là des questions banales, qui occupent l’esprit de chacun sans que jamais ne s’impose de réponse définitive. Pourtant, la solution peut nous rattraper, inopinément, grâce à un événement, grâce à une personne. Dans ces pages, Alessandro D’Avenia raconte l’art d’être heureux et sa rencontre décisive avec un poète, Giacomo Leopardi, qui le lui a révélé.
Leopardi a trouvé dans la poésie sa raison de vivre. Et nous ? Quelle est la passion qui peut nous permettre de nous sentir vivants à toutes les phases de notre existence ? Quelle beauté voulons-nous voir à l’œuvre dans le monde pour pouvoir dire à la fin : rien n’a été gaspillé ?
Dans un dialogue intime et bouleversant avec le plus grand poète moderne d’Italie, Alessandro D’Avenia entremêle magnifiquement son expérience d’enseignant, sa passion de lecteur et sa sensibilité d’écrivain, pour nous accompagner dans un surprenant voyage existentiel. Après les inquiétudes de l’adolescence – âge de l’espérance et de l’intensité, dans les sommets de l’enthousiasme et les abîmes de la tristesse –, viennent les épreuves de la maturité, où les aspirations se heurtent au réel, qui laissent place à la conquête de la fidélité à nous-mêmes : accepter nos faiblesses et nos fragilités, apprendre l’art de la réparation de la vie et découvrir ce que nous sommes, peut-être est-ce là que se cache le secret du bonheur.

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Vladimir Jankélévitch : L'enchantement musical (Inédits)

Albin Michel - Novembre 2017



L'oeuvre de Vladimir Jankélévitch mêle intimement philosophie et musique, régime de correspondance auquel le philosophe-musicien a toujours aimé se tenir. " La musique, rappelle-t-il, est un art temporel non point secondairement, comme la poésie, le roman ou le théâtre, mais essentiellement. " Son domaine est la " temporalité enchantée ", le mystère de l'instant, le charme de la nostalgie, du nocturne et des parfums de la nuit, du lointain, du silence surtout, puisque la musique, née du silence, y retourne.
Ce livre réunit des textes peu connus, inédits ou depuis longtemps inaccessibles. Comptes rendus de concerts et de festivals, évocations poétiques des musiciens chers à son coeur : les musiciens français, particulièrement Debussy, Ravel, Fauré ; les musiciens de l'Europe centrale, Chopin et Liszt, le rhapsode et baladin du monde européen, image même de notre modernité ; les génies de la musique russe, notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov.
Pour Vladimir Jankélévitch " on ne pense pas la musique ", mais on peut penser en musique, ou musicalement. Le lecteur retrouvera dans ces textes le bonheur de la mystérieuse connivence d'une pensée sur la musique qui donne à entendre musicalement.

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Robert Coffy : Science, athéisme. La foi en débat

Chronique Sociale - Janvier 2018 - Collection : Savoir penser


L'athéisme, loin d'être mort, est plutôt est train de resurgir. Il se présente même comme une parade aux fondamentalismes religieux. Mais n'est-ce pas une illusion ? Pour le montrer, il faut remonter en ses sources. L'auteur en établit, avec clarté et compétence, ses fondements contemporains : les pensées de Sartre et de Camus font ici l'objet d'une analyse poussée. En fait, elles sont une réaction contre une vision purement scientifique et technique du monde.
N'est-ce pas aussi une image caricaturale de Dieu qu'elles repoussent ? Une philosophie de la religion, en prise avec les enjeux de la modernité s'avère de ce fait utile. Elle seule est en mesure de proposer à tous, croyants comme incroyants, un sérieux examen de conscience sur le sujet.
Pour y parvenir, il est utile de reprendre l'approche du jésuite Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955). Ce scientifique de renommée mondiale, l'un des théoriciens de l'évolution les plus remarquables de son époque, révèle les dimensions véritables du mouvement actuel de socialisation. N'y a-t-il pas urgence à revenir à cette pensée qui veut « sauver la société sans transformer les personnes en robots, sauver les personnes sans sacrifier celles d'aujourd'hui et de demain » ?

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samedi 13 janvier 2018

Jean-François Hamel : Nous sommes tous la pègre. Les années 1968 de Blanchot

Les Editions de Minuit - Janvier 2018 - Collection : Paradoxe


Le 18 mai 1968, sous les drapeaux rouges et noirs de la Sorbonne occupée, se constitue le Comité d'action étudiants-écrivains. Pendant des mois, ses militants se réunissent pour produire des tracts, des affiches et des bulletins et les distribuer au carrefour des rues, sur les marchés, aux portes des usines, à l’exemple des centaines de comités apparus dans la région parisienne. Délaissant la littérature, ils défendent l’espace public oppositionnel créé par le soulèvement, où ils reconnaissent l’émergence d’une parole d’outrage et la préfiguration d’un communisme libertaire.
Aux côtés de Marguerite Duras, Daniel Guérin, Jean-Jacques Lebel, Dionys Mascolo et d’une vingtaine d’autres écrivains et intellectuels, Maurice Blanchot s’engage corps et âme dans ce comité. Se mêlant aux foules insurgées, il prend le parti de la « pègre », des « émeutiers » et des « enragés », de tous ceux qui s’éprouvent ingouvernables. Ces semaines insurrectionnelles qui viennent clore pour lui une décennie d’engagements antiautoritaires lui donnent le sentiment d’être à la fin de l’histoire, toute communauté dissoute, tout pouvoir destitué : « la révolution est derrière nous ».

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Michel Kail : Jean-Paul Sartre, conscience et subjectivité

Editions Demopolis - Janvier 2018 - Collection : Philosophie en cours


Mettant à l’écart la notion de sujet telle qu’elle avait été construite à la suite de Descartes, Sartre donne à la conscience son antériorité sur la connaissance du sujet par lui-même. Par là, le sujet connu perd sa prééminence et la conscience se découvre radicalement libre et responsable. S’appuyant sur des mises en perspective historiques, étudiant les échos et les tensions entre l’œuvre de Sartre et celles de Rousseau, Hume, Bergson, Husserl, Heidegger et Lukács, l’auteur met ici en évidence à la fois l’originalité de la pensée sartrienne et son caractère incontournable.

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Rue Descartes 2017/2 (N°92) : Révoltes urbaines. Politique et poésie

Collège international de Philosophie - Janvier 2018


Page 1 à 5 : Fernando Santoro, Rodrigo Guéron - Depuis les révoltes urbaines | Page 6 à 13 : Safaa Fathy - De mur en mur | Page 14 à 32 : Maurizio Lazzarato, Tatiana Roque - Ruptures subjectives et investissements politiques : juin 2013 au Brésil et questions de continuité | Page 33 à 47 : Giuseppe Cocco, Raúl Sánchez Cedillo - Cantes de ida y vuelta : entre le printemps et l’automne. Entre le 15 mai espagnol et le juin 2013 brésilien, quelques réflexions | Page 48 à 75 : Rodrigo Guéron - Il n’y a plus de nationalisme de gauche. National-développementisme et virage conservateur au Brésil après juin 2013 | Page 76 à 101 : Rodrigo Nunes - Anonyme, avant-garde, imperceptible : Trois variations autour du devenir en politique | Page 102 à 119 : Constantin Sigov - Entretien avec Giuseppe Cocco | Page 120 à 123 : - Atlas #ProtestorBR : Politique, Image et Réminiscence. MediaLab.UFRJ – Dir. Fernanda Bruno | Page 124 à 125 : Jean-Luc Nancy - Eau perlée | Page 126 à 130 : Safaa Fathy - Une eau perle sur Tahrir | Page 131 à 132 : Fernando Santoro - Phalange Poésie.

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vendredi 12 janvier 2018

Didier Fassin : La vie. Mode d'emploi critique

Le Seuil - Janvier 2018


Comment concevoir la vie dans sa double dimension du vivant et du vécu, de la matière et de l'expérience ? À cette question, la philosophie et, plus récemment, les sciences sociales, ont apporté toutes sortes de réponses, privilégiant souvent l'une ou l'autre de ces dimensions – le biologique ou le biographique. Est-il toutefois possible de les penser ensemble et de réconcilier ainsi les approches naturaliste et humaniste ? S'appuyant sur une série de recherches conduites sur trois continents, Didier Fassin s'y emploie en mobilisant trois concepts : les formes de vie, les éthiques de la vie et les politiques de la vie.
Dans la condition des réfugiés et des demandeurs d'asile, à travers le geste humanitaire et le sacrifice pour une cause, à la lumière des statistiques de mortalité et des modalités de calcul des indemnités de décès, à l'épreuve, enfin, d'une enquête généalogique et ethnographique, l'économie morale de la vie révèle de troublantes tensions dans la manière dont les sociétés contemporaines traitent les êtres humains.
Une fois assemblées, comme dans un puzzle, les pièces de cette composition anthropologique, une image apparaît : celle, troublante, des vies inégales.

Didier Fassin est professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS. Il est notamment l'auteur, au Seuil, de La Raison humanitaire, La Force de l'ordre, L'Ombre du monde et Punir. Une passion contemporaine.

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Antoine Marie Guy d'Oliveira : Identité, horizon moral, interculturalité. Charles Taylor face aux défis (post) modernes de l'humain

Cerf - Janvier 2018 - Collection : Cerf-Patrimoines


Ce livre propose d’aborder la pensée de Charles Taylor par ce qu’il reconnaît être son centre de cohérence : « l’horizon moral de signifi cation ». D’entrée de jeu, il situe assez clairement Taylor dans le vaste horizon de la philosophie morale contemporaine. Le texte pose bien l’originalité de la conception taylorienne de l’ontologie ; ses idées d’incarnations, d’engagement et la relation incontournable du moi. Sans complaisance, il montre le rôle central que joue cet horizon dans la philosophie morale taylorienne tout en exposant les zones d’ombre où Taylor est moins clair ou moins explicite dans sa pensée. En illustrant clairement le lien entre l’horizon moral et l’identité d’une part, et celui entre les horizons et le dialogue interculturel d’autre part, le livre enrichit les analyses existantes sur le sujet. Il expose le dilemme taylorien entre contexte et universalisme. L’originalité de Taylor réside dans la manière dont il repose ce dilemme conservant en tension ces deux axes ; orienter sa vie en fonction du bien nous oblige à naviguer entre deux eaux.
La question du dialogue interculturel est naturellement incontournable dans le présent débat avec Taylor. Les considérations sur le « langage des contrastes » et le passage par les écrits de Raoul Fornet-Betancourt sont tout à fait pertinents.
En effet, l’interculturalité ou le dialogue interculturel appelle un nouveau langage, mais les conditions de celui-ci – et son statut ontologique d’ailleurs – ne sont pas clairement exprimées dans les écrits tayloriens. Et ils peuvent difficilement l’être, car cela demeure pour lui de l’ordre du mystère et du dévoilement. L’ouverture à l’autre et à l’altérité est un chemin qui mène à plusieurs inconnus et appelle ce que Taylor nomme une transformation.

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Julien Deonna & Emma Tieffenbach (dir.) : Petit Traité des valeurs

Ithaque- Janvier 2018


Le plaisir est-il une valeur ? La vertu requiert-elle l’exercice de la raison ? Le goût est-il objectif ? Peut-on mettre un prix à la vie d’une personne ? Une chose peut-elle être drôle si elle ne fait rire personne ? En quoi l’amitié diffère-t-elle de l’amour ? Est-il immoral d’être impartial ? L’esclave est-il libre si son maître bienveillant n’interfère jamais dans ses choix ? Voici quelques unes des questions abordées dans ce Petit Traité des valeurs, composé de trente-cinq essais brefs et originaux consacrés à la présentation d’une notion particulière.
Si nous invoquons sans cesse notre attachement à certaines valeurs, leur existence ne va néanmoins pas de soi. Les valeurs ne sont-elles que le reflet de nos attitudes ? À l’inverse, les choses pourraient-elles être belles, utiles, intéressantes ou plaisantes en l’absence de quiconque pour les apprécier ou en faire l’expérience ?
Chaque valeur retenue fait l’objet d’une étude menée par un philosophe qui s’efforce d’en déployer le sens et les enjeux et de présenter l’attrait des controverses qu’elle soulève.

David Benatar. Monika Betzler. Constant Bonard. Christian Budnik. Thomas Cochrane. Alix Cohen. Florian Cova. Pascal Engel. Alexandre Erler. Chloë Fitzgerald. Christopher Grau. Bennett W. Helm. François Jaquet. Katrine Krause-Jensen. Federico Lauria. Annabelle Lever. Jerrold Levinson. Jörg Löschke. Olivier Massin. Anne Meylan. Frédéric Nef. Hichem Naar. Philip Pettit. Arina Pismenny. Roger Pouivet. Raffaele Rodogno. Hans Bernhard Schmid. Yann Schmitt. Ronald de Sousa. Aaron Smuts. Lucas Stanczyk. Christine Tappolet. Fabrice Teroni. Emma Tieffenbach. Cain Todd. Leo Zaibert. John Zeimbekis.

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