jeudi 26 avril 2018

Claude Rabant : Néant et Création. Ce que peut le corps

Hermann - Avril 2018 - Psychanalyse


Freud, dès la Traumdeutung, en 1900, marquait l'existence d'une limite à l'interprétation du rêve, sous forme de "l'ombilic du rêve". C’est-à-dire un rapport à l'inconnu et à l'ininterprétable. Quinze ans plus tard, dans la Métapsychologie, il accentuait cette difficulté de situer l'origine du langage hors du champ du sens et de l'interprétation. Il rejoignait ainsi la question posée par les métaphysiciens du XVIIe siècle : fallait-il concevoir un Néant à la source de la création ? Si Dieu n'était pas fou, à quelle condition laissait-il la liberté humaine créer un univers rationnel qui soit à la fois celui de l'invention scientifique et celui de la création artistique ? La réponse était dans l'existence d'un Dieu réduit lui-même à ce néant créateur. Avec la peur suscitée chez les croyants sous couvert de l'athéisme. Où en sommes-nous aujourd'hui de cette déconstruction du "mythe endopsychique" qui nous maintient au plus loin du réel ?

Claude Rabant est est un psychanalyste et philosophe français. Il est l'auteur de nombreuses publications, dont : Métamorphoses de la mélancolie (2010), La Frénésie des Pères (2012 - prix Oedipe 2013), et Jalousie (2015).

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Jérôme Porée : Phénoménologie de l'aveu

Hermann - Avril 2018


On ne peut qu’être frappé, quand on commence à réfléchir sur l’aveu, par ses multiples acceptions : de la confession privée à l’autocritique imposée par les États totalitaires, en passant par la fonction qu’il remplit dans la plupart des cours de justice. Ces multiples acceptions sont en rapport avec les multiples domaines où il joue un rôle et qui invitent à y voir un « fait social total » : la religion, la morale, le droit, la politique. La première ambition d’une phénoménologie de l’aveu est de réduire cette multiplicité à l’unité. La seconde est de répondre au soupçon dont l’aveu est devenu l’objet chez des penseurs qui, à l’instar de Foucault, voient seulement en lui une intériorisation pathologique de la violence sociale. Car ce soupçon, sans doute, est légitime, mais quelle est sa revendication la plus constante ? L’innocence. Or cette innocence présente parfois, aujourd’hui, des traits plus effrayants que toutes les maladies de la culpabilité, que tous les méfaits de l’auto-accusation, que tous les appels à la reddition du désir. Défense de l’aveu : tel aurait donc pu être aussi le titre du présent ouvrage. 

Jérôme Porée est professeur de philosophie à l’université Rennes 1. Il est l’auteur notamment de La philosophie à l’épreuve du mal (1993), Le mal. Homme coupable, homme souffrant (2000), Sur la douleur (2017), L’existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricœur (2017).

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Jacques Arnould : Oublier la Terre? la conquête spatiale 2.0.

Le Pommier - Avril 2018


Jusqu’où conquérir l’espace… et pourquoi ?

Aujourd’hui, la Terre ne suffit plus aux GAFA. Elon Musk, à la tête de Space X, Jeff Bezos et sa société Blue Origin, ou encore le britannique Richard Branson, dirigeant de Virgin Galactic, investissent massivement dans le spatial. Et on peut dire que ces cowboys de l’espace n’ont pas peur de voir les choses en grand.

Le but de ces chantres de ce que l’on appelle le Newspace: changer le monde, ni plus ni moins. Or ce monde est aussi le nôtre et les questions que cette conquête spatiale 2.0 posent nous concernent tous. Passer quelques jours dans la Station Spatiale Internationale, pour la coquette somme de 30 millions d’euros, est-il vraiment un progrès pour l’humanité, ou un bon business ? Plus sérieusement, pourquoi l’humanité entreprendrait-elle la conquête, la colonisation, l’exploitation d’une autre planète, d’un astéroïde ? Pour sauver l’espèce humaine de l’extinction ? La Terre est-elle si mal en point qu’il faudrait tout simplement la mettre au rebut ? Justement, que penser des liens entre les perspectives du NewSpace et les courants transhumanistes ?

En tout cas, même si l’on peut légitimement s’interroger sur les véritables motivations de ces aventuriers d’un genre nouveau, les questions soulevées ont le mérite de nous faire nous interroger sur le futur que pourrait nous offrir le développement actuel des techniques et des politiques spatiales. Parce qu’aller habiter sur la Lune n’est peut-être pas si stupide que ça… Or, il faut y penser maintenant sous peine de louper la navette !

Philosophe et historien des sciences, Jacques Arnould est chargé des questions éthiques au Centre national d'études spatiales (CNES)

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Henri Atlan : Cours de philosophie biologique et cognitiviste. Spinoza et la biologie actuelle

Odile Jacob - Avril 2018


Les avancées de la biologie contemporaine posent de façon nouvelle des problèmes philosophiques anciens, tels que ceux des rapports entre le vivant et l’inanimé, entre le corps et l’esprit, l’erreur et la vérité. 
La philosophie de Spinoza, bien que datant du XVIIe siècle, apporte à ces problèmes des solutions plus pertinentes que la plupart des philosophies plus récentes, développées dans les siècles qui l’ont suivie. 
En retour, les acquis actuels des sciences physiques et biologiques, notamment des neurosciences cognitives, permettent de porter un nouveau regard sur certaines notions propres à la philosophie de Spinoza, telles que sa « petite physique », la nature cause de soi, la notion de matière, l’essence des choses, les genres de connaissance, qui acquièrent de ce fait un surcroît d’actualité. 
Une approche tout à fait nouvelle de la philosophie, et de Spinoza en particulier, grâce à la biologie et aux sciences cognitives. 

Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique, fondateur et ancien directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l’hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem. Il est également directeur d’études en philosophie de la biologie à l’EHESS. Il a notamment publié Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, ainsi que, aux éditions Odile Jacob, Le Vivant post-génomique, qui ont été de grands succès.

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mercredi 25 avril 2018

Jérôme Lèbre : Une pensée voisine. Lectures françaises de la philosophie allemande

Hermann - Avril 2018


L’Allemagne n’a plus de destin, et tant mieux. C’est ainsi qu’elle est devenue une voisine comme une autre. Mais peut-être est-elle le pays qui a le plus pensé sa destinée et celui qui s’en est le plus écarté. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a encore quelque chose à nous dire, qui n’est pas de l’ordre de la rigueur économique. Les textes présentés ici interrogent le romantisme et l’idéalisme allemands, puis se penchent sur la lecture qu’en font les passeurs et les penseurs français, de Blanchot à Nancy, pour brosser une esquisse de ce qui ne peut plus être ni une importation du vrai, ni une œuvre collective, ni un destin commun ; dans la relation avec l’Allemagne se joue plutôt la prise de distance vis-à-vis de l’œuvre, au nom de la singularité et de l’être en commun, ou, même si notre grande voisine en parle peu, de ce qui peut encore se nommer communisme.

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mardi 24 avril 2018

François-David Sebbah : L’éthique du survivant. Levinas, une philosophie de la débâcle

Presses universitaires de Paris Ouest - Avril 2018 - Collection : Humanités-Hominités


Ce livre propose une trajectoire à la double signification.

Il part à la recherche d’une philosophie aussi pessimiste qu’optimiste, pour nous qui survivons dans l’ombre portée
de l’événement traumatique de la débâcle et déjà auprès de gouffres insoupçonnés, jusqu’ici inimaginables – exemplairement, dans la possibilité effective de la fin du monde, de notre monde, pour ainsi dire au sens littéral.

Il propose une lecture de Levinas. Pour ce faire, il s’intéresse plus particulièrement à deux moments de l’oeuvre, disons, tout simplement et au risque d’une légère simplification, le début et la fin : de la débâcle traversée par le captif (les textes de la période de guerre – les Carnets de captivité, les romans inachevés, et De l’existence à l’existant ) vers le survivant et son éthique impitoyable.

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Estelle Ferrarese : La fragilité du souci des autres. Adorno et le care

Ecole Normale Supérieure - Avril 2018 - Collection : Perspectives du care


Ce livre renouvelle et acère la théorie critique par le féminisme. Il interroge la philosophie sociale de Theodor W. Adorno et propose de penser, au moyen des théories du care, la question de la fragilité sociale du souci des autres. Comment le geste moral émerge-t-il dans notre forme de vie capitaliste sous-tendue par une indifférence généralisée ? Quelles en sont les conditions sociales ? Son hypothèse est que le capitalisme compartimente l'attention à autrui, limite son possible développement en l’assignant aux femmes, dans des domaines et pour des tâches toujours spécifiques. Comment appréhender le contenu moral du care effectivement mis en actes, dès lors qu’il se révèle être le produit d’une distribution genrée des dispositions morales, celle-ci étant une condition de possibilité du marché ?

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François Duchesneau : Organisme et corps organique de Leibniz à Kant

Vrin - Avril 2018 - Mathesis


Leibniz a contribué à forger les notions d’organisme et de corps organique. Le modèle qu’il élabore à l’orée des Lumières suscitera adaptations et métamorphoses et servira de ferments aux théories proto-biologiques. Christian Wolff, mais aussi Louis Bourguet, développant les implications du « mécanisme organique », repensent des éléments clés de la science du vivant. Maupertuis, Buffon et Needham s’inspirent de la doctrine des monades pour rendre compte de l’organisation vitale et des lois de la génération. Déterminant l’irritabilité et la sensibilité comme propriétés de la vie organique et de la vie animale, Haller postule un cadre leibnizien pour les hypothèses que lui inspire l’harmonie préétablie. Charles Bonnet développe ces hypothèses en système et élabore les prémisses d’une monadologie physiologique. L’empreinte du modèle leibnizien se manifeste aussi chez Michael Christoph Hanov, créateur du vocable « biologie », reformulant les principes leibniziens-wolffiens pour les ajuster à l’épigenèse des corps organisés. Issues plus indirectement de ce même modèle, surgissent des théories d’inspiration vitaliste qu’illustrent aussi bien les philosophies de Diderot et de Jean-Claude de la Métherie, que les physiologies de Blumenbach et de Kielmeyer. Avec la théorie kantienne des êtres organisés se dévoile une ultime incarnation de cette « physique spéciale » vouée à l’organisme, que Leibniz faisait reposer conjointement sur la causalité efficiente et la finalité.

François Duchesneau est professeur émérite de philosophie et d’histoire des sciences à l’Université de Montréal. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire de la philosophie moderne et consacré une part importante de ses travaux aux études leibniziennes, ainsi qu’à l’épistémologie de la biologie.

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lundi 23 avril 2018

Olivier Sartenaer : Qu'est-ce que l'émergence ?

Vrin - Avril 2018 - Collection : Chemins philosophiques


Le concept d’émergence est récemment réapparu avec force sur le devant de la scène philosophique. La notion est séduisante, notamment en cela qu’elle permettrait de promouvoir une vision « non réductionniste » du monde naturel. À cet égard, elle se retrouve souvent mobilisée à tort et à travers à tous les niveaux du discours scientifique, de la physique aux sciences cognitives, en passant par la biologie. Mais qu’est-ce que l’émergence exactement? Est-ce seulement un concept cohérent? N’y gagnerait-on pas à identifier, derrière l’idée traditionnelle du « tout est plus que la somme des parties », une pluralité de lectures possibles, chacune associée à des limites et des enjeux différents?

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Philosophique 2018 : TRAVAIL – TECHNIQUE – PRODUCTION : [Marx-Fourier]

Presses universitaires de Franche-Comté - Avril 2018


Hegel-Marx, Marx-Trentin, le concept de production chez Marx, d'un côté, Fourier et les avant-gardes de la radicalité, Fourier et les ouvertures offertes à la sociologie et à la critique de l’économie de l’autre, le présent volume tente de tracer au cœur de la résignation un axe de lecture prospectant les sentiers oubliés de l’action sociale et politique.

Directeur éditorial : Louis Ucciani

TABLE

Éditorial
Hervé Touboul – La société civile hégélienne et Marx 
Jean-Pierre Cotten – Remarques à partir de La cité du travail de Bruno Trentin (1997, 1998, 2014) ;
Claude Morilhat – Marx, « puissance » ou « force » de travail ?
Christian Guinchard – Repenser la composition du monde avec Fourier ;
Louis Ucciani – Les postures de la radicalité [Notes sur la conception du travail chez Fourier] ;
Chantal Guillaume – Une nouvelle boussole économique
Notes de lecture pour aujourd'hui.
abien Ferri – L'herméneutique matérielle : une nouvelle phénoménologie de la connaissance ;
Florian Gulli – Les Allemands de Norbert Ellias ;
Florian Olivier – Des valeurs dans l'air du temps ;
Michaël Crevoisier – Les métamorphoses de l'intelligence de Catherine Malabou ;
Samuel Chaîneau – La stigmergie : un concept fécond pour pense l’intelligence collectives.

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Gérard Le Don : Voir la sculpture. Essai sur le dispositif sculptural

PUR - Avril 2018 - Aesthetica


Que se passe-t-il lorsque nous percevons une sculpture ? Et que faut-il, d’abord, entendre par « sculpture » ? À partir d’une définition très générale, empruntée au psychologue de la perception J. J. Gibson, du dispositif sculptural comme artefact symbolique communiquant par sa disposition, c’est-à-dire par « l’arrangement persistant des surfaces les unes par rapport aux autres et par rapport au sol », et en s’appuyant sur les découvertes récentes des neurosciences et des sciences cognitives, l’auteur s’attache à montrer comment notre appréciation d’une ½uvre de sculpture se construit sur une réponse multisensorielle à l’exploration visuelle de ses surfaces, mais aussi sur des mécanismes de restitution de la tridimensionnalité qui permettent de la saisir comme structure pleinement déployée dans l’espace. Une réflexion sur la nature de la représentation comme usage intentionnel des mécanismes naturels de la reconnaissance d’objet est l’occasion d’aborder la question de l’expression depuis le point de vue de la perception, et de la définir comme une détection d’invariants sans identification « à l’origine de réponses émotionnelles que nous ne comprenons pas » (J. LeDoux) mais que nous cherchons à nommer par la métaphore. Sculpture et perception s’interroge aussi sur les rapports entre la sculpture et l’image et sur la nature de la relation esthétique.

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samedi 21 avril 2018

Pierre Verstraeten : Philosophies de la liberté. Sartre, Deleuze, Badiou, Hegel…

Kimé - Avril 2018


Édition préparée et préfacée par Véronique Bergen

Afin que la pensée du philosophe Pierre Verstraeten circule, nous avons, sa fille Sarah Verstraeten et moi, opéré un choix de textes épuisés ou difficilement trouvables. De ses très nombreuses contributions, nous avons retenu un entretien avec Sartre, des questionnements relatifs aux problématiques de la liberté et de l’aliénation, de l’événement, de la possibilité d’une morale. Ces textes qui sondent les systèmes de Hegel, Sartre, Deleuze, Badiou, qui dialoguent avec la peinture de Maurice Matieu, avec le contemporain sous toutes ses formes (actualité politique, cinéma, littérature…) ne sont nullement des réflexions « sur » mais des explorations personnelles de problèmes philosophiques travaillés par la flamboyance d’une pensée jamais en repos. Au cœur des enjeux de sa pensée, la production d’une alliance entre la dialectique hégélienne, l’existentialisme sartrien et le vitalisme deleuzien.

Pierre Verstraeten (1933-2013), philosophe, figure marquante de l’Université Libre de Bruxelles, sartrien qui renouvela la pensée de Sartre, il est l’auteur de Violence et éthique (Gallimard, 1972), L’Anti-Aron (La Différence, 2008).

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Julia Beauquel : Danser, une philosophie

Carnets Nord - Avril 2018 - Une philosophie


« Pourquoi une personne danse-t-elle ? Parce qu’elle se sent vivante et joyeuse ; ou pour le bien-être que cela lui procure. Tantôt la joie engendre la danse, tantôt la danse engendre du plaisir. Le plaisir et la joie se cultivent et s’expriment en dansant. »

Pour célébrer la rencontre de la philosophie et de la danse, et nous mettre en mouvement, Julia Beauquel nous invite à rencontrer toutes les formes de danse, du ballet classique et contemporain aux danses thérapie, aux danses du monde, aux mouvements qui amènent la joie. Elle nous propose de cueillir le jour, en dansant. La philosophe convoque Nietzsche, Pascal, Rousseau, Descartes ; la danseuse fait lever les corps, les rend aériens, et nous entraîne dans la danse.

Docteure en philosophie, Julia Beauquel enseigne l’esthétique et la philosophie en école d’art et exerce parallèlement une activité de critique d’art contemporain. Après avoir longtemps pratiqué la danse, elle a notamment publié Philosophie de la danse, un ouvrage co-dirigé avec Roger Pouivet et paru dans la collection Aesthetica des Presses Universitaires de Rennes (2010), puis Esthétique de la danse, ouvrage issu de sa thèse de philosophie (dans la même collection, en 2015).

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Vincent Bontems : Bachelard et l'avenir de la culture. Du surrationalisme à la raison créative

Transvalor - Presses des mines - Avril 2018 - Sciences de la conception


« Le passé de la culture a pour véritable fonction de préparer un avenir de la culture ». Gaston Bachelard. L’Activité rationaliste de la physique contemporaine « Le surrationalisme » est un article de Gaston Bachelard qui occupe une place singulière dans sa production épistémologique. Publié en juin 1936, dans l’unique numéro de la revue Inquisitions, ce manifeste rédigé dans un style flamboyant défend la liberté de la raison face au conservatisme des habitudes de pensée. Le progrès de l’esprit en science, en art ou en politique, exige, selon Bachelard, une phase de « turbulence » et d’« agressivité » pour faire advenir la nouveauté. 80 ans plus tard, quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de Bachelard se penchent sur les enjeux actuels du surrationalisme. Ils précisent l’originalité de la notion dans l’oeuvre du philosophe, en questionnent la portée dans les sciences, et en dégagent les implications pour repenser la place de la science dans la société. Cette réflexion aboutit à une épistémologie de la « raison créative » inspirant les recherches actuelles sur la conception innovante et les régimes de création. Quand le préfixe « sur » promeut une expansion et une transgression des limites, le « rationalisme » rappelle à la rigueur et à la vigilance. Leur alliance forme une pointe, finement ciselée et précisément calculée, qui exprime les exigences quasi-paradoxales de toute invention. Comme Bachelard visait à éclairer le présent de la science en fonction d’un futur encore incertain, il s’agit aujourd’hui de créer des concepts neufs dont on ne peut encore garantir la validité mais qui peuvent orienter notre action en brisant les certitudes sur ce qui est possible ou impossible. En revisitant les ambitions surrationalistes de l’épistémologie bachelardienne, ce livre tâche donc aussi de livrer des clefs pour penser l’avenir de la culture.

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mercredi 18 avril 2018

Étienne Balibar : Spinoza politique. Le transindividuel

PUF - Avril 2018


Ce volume rassemble les principales études consacrées par Étienne Balibar à la philosophie de Spinoza, dans son rapport intrinsèque à la politique. Partant de la thèse que Spinoza avait reprise de Tacite (la « crainte des masses »), il aboutit à une interprétation renouvelée des modes de communication et des genres de vie, que résume la triple explication du Nom divin : Dieu c’est la Loi, Dieu c’est l’Homme, Dieu c’est la Nature. Pour accomplir cette transition, il faut parcourir plusieurs espaces théoriques : la construction de la démocratie comme limite des régimes étatiques, où s’exprime la puissance de l’être en commun ; l’ontologie du transindividuel, qui affirme le primat de la relation sur l’être isolé ; enfin la constitution du sujet comme une conscience recherchant l’intelligence des affections de son propre corps. Cette enquête permet alors d’approfondir la conception de l’anthropologie philosophique que l’auteur défend dans le cadre du débat contemporain sur l’actualité du spinozisme.

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Vincent Delecroix : Non ! De l'esprit de révolte

AUTREMENT - Avril 2018 - Collection : Les Grands Mots


Jamais dire Non n'aura été aussi à la mode, jamais être anti-conformiste n'aura été aussi répandu. Mais mesure-t-on vraiment l importance vitale que revêt ce petit mot?
Paradoxalement fécond, c'est un mot qui agit plus qu'il ne signifie. Or que se passe-t-il quand je dis Non? Du premier refus de l'enfant à la résistance politique, la révolte ou la destruction, en passant par un délicat «Non merci!» aux pouvoirs insoupçonnés, Non irrigue nos vies et nos sociétés. Mais comment éviter la posture stupide ou le repli stérile, comment en faire bon usage?
Vincent Delecroix explore les vertus du refus, déconstruit ses mythologies et propose, enfin, un autre Non. Un Non qui n est pas simple négation, mais un certain usage de la négativité, du retrait, de l'impertinence ou de l'ironie. Un Non intime, intelligent et indispensable à la vie de l'esprit et à la vie tout court.

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mardi 17 avril 2018

Transversalités 2018/2 (n°145) : Interpréter l’Écriture

ICP - Avril 2018


Page 5 à 6 : Olivier Artus - Liminaire | Page 7 à 21 : Olivier Artus - L’exhortation post-synodale Verbum Domini et la pratique de l’exégèse biblique | Page 23 à 38 : Jean-Daniel Macchi - Interprétations de la Bible dans le protestantisme | Page 39 à 63 : Emmanuel Durand - Relire Dei Verbum 11-13 dans son histoire... Pour surmonter une fausse division entre exégèse scientifique et théologie | Page 65 à 82 : Patrick Prétot - Sacramentalité de la Parole et liturgie des Heures. Une ouverture de Verbum Domini 56 | Page 83 à 100 : Kota Kanno - Doubles explorations d’« identité (ipséité) » dans le cas de l’Apologia pro vita sua | Page 101 à 122 : Chiara Pesaresi - L’anthropologie phénoménologique de Jan Patočka | Page 123 à 136 : Erwan Sommerer - L’oubli du pluralisme dans la démocratie agonistique. Schmitt lu par Mouffe : une offensive manquée contre le libéralisme post-politique | Page 137 à 142 : - Rapports de soutenance de thèse | Page 143 à 151 : - Liste des thèses soutenues à l’Institut Catholique de Paris en 2017 | Page 161 à 162 : - Liste des publications des enseignants-chercheurs de l’Institut Catholique de Paris. 

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lundi 16 avril 2018

Anne Sauvageot : Luc et Christian Boltanski. Fraternité

La lettre volée - Avril 2018


Luc Boltanski est un sociologue dont les travaux ont initié un tournant décisif dans l’histoire de la discipline, mais il écrit et publie aussi recueils de poèmes, pièces de théâtre et opéra. Christian Boltanski est un artiste plasticien reconnu internationalement, dont les œuvres ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’art contemporain. Même s’il prétend n’avoir guère étudié et ne jamais lire, il s’interroge constamment sur les énigmes du social. Si proches et si différents, ces deux frères font preuve, à travers leur biographie menée ici en parallèle, d’une forte proximité créative autour d’une préoccupation qui leur est commune – la fraternité – non pas seulement celle qui les a fait frères – mais une fraternité au-delà des frontières, une fraternité pensée, réfléchie, choisie.

Anne Sauvageot est professeur émérite de sociologie (Université Toulouse Jean Jaurès). Elle a publié entre autres Voirs et savoirs (PUF, 1994), L’Épreuve des sens (PUF, 2003), Sophie Calle. L’art caméléon (PUF, 2007), Jean Baudrillard. La passion de l’objet (PUM, 2014).

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Collectif : Des sciences sociales à la science sociale. Fondements anti-utilitaristes

Editions Le Bord de l'eau - Avril 2018 - Collection : La bibliothèque du MAUSS


On attend des sciences sociales qu'elles nous aident à comprendre la marche du monde. Or elles en semblent toujours plus incapables. Non seulement elles apparaissent le plus souvent en retard sur l'événement mais, noyées dans l'hyper spécialisation, perdues dans la guerre entre disciplines, elles voient toujours mieux certains détails mais de moins en moins bien l'ensemble. A côté des spécialistes, il est urgent de former des généralistes qui sachent faire dialoguer les différents champs de la science sociale. Parler de la science sociale, évoquer son unité, au moins à titre d'idéal régulateur, peut sembler un combat perdu d'avance, tant elle est fragmentée. Mais il existe déjà une certaine forme de science sociale généraliste, qui n'est autre que la science économique généralisée, inspirée par la théorie des choix rationnels, sous toutes ses formes, et par l'utilitarisme et ses dérivés (cognitivistes, constructivistes, etc.) C'est cette science sociale générale qui modèle la conception du monde dominante, hégémonique même à l'échelle planétaire, et qui inspire et légitime les politiques menées dans tous les pays. Avec des résultats discutables, tant aux plans théorique, qu'éthique ou politique. Il nous faut donc retrouver l'idéal et la réalité d'une science sociale généraliste (qu'a pu en son temps incarner la sociologie classique) mais la faire reposer sur d'autres fondements que l'utilitarisme. Par ailleurs, la globalisation du monde modifie en permanence l'échelle et la définition même des sociétés. Symétriquement, la globalisation des sciences sociales et la contestation de l'hégémonie conceptuelle occidentale imposent elles aussi de repenser le passé de nos disciplines pour les projeter vers l'avenir. C'est dans cette perspective que se sont réunis à Cerisy-la-Salle, en 2015, une quarantaine de chercheurs de renommée internationale, anthropologues, économistes, géographes, historiens, philosophes et sociologues. L'accord qu'ils ont su trouver est prometteur.

Direction : Alain Caillé, Philippe Chanial, Stéphane Dufoix, Frédéric Vandenberghe

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dimanche 15 avril 2018

Avicenne : Logica (Logique du Šifā)

Librairie Philosophique Vrin - Avril 2018 - Collection : Sic et Non


Voici enfin l’édition critique, par Françoise Hudry, d’un classique de la philosophie, connu jusqu’ici uniquement par une édition imprimée en 1508 à Venise.
La Logica Avicennae est la traduction latine médiévale de la première partie de l’encyclopédie du philosophe Avicenne/Ibn Sinā (980-1037) intitulée Kitāb al-Šifā ou Livre de la Guérison. Cette partie, al-Madkhal, traite de la logique et s’ouvre, selon l’usage, par un commentaire de l’Isagoge de Porphyre (234-305). Elle a été traduite d’arabe en latin par Abraham ibn Daud dit Avendauth (m. 1180), philosophe juif arabophone né à Cordoue.
Ce texte, relevant d’une première méthode d’Avicenne, est appuyé sur les auteurs hellénophones alexandrins, en particulier Ammonius (Ve -VIe s.). Il appelle donc une recherche des sources grecques avant d’examiner sa tradition arabe. Cette traduction latine semble être le plus ancien témoin jusqu’ici connu d’une première rédaction d’al-Madkhal.
La Logica ici publiée dans une version à la fois plus sûre et plus lisible, soigneusement annotée, est accompagnée d’une Introduction Doctrinale d’Alain de Libera, qui permettra au lecteur de prendre la mesure effective d’une œuvre demeurée trop longtemps inaccessible.

Texte latin, édition critique de la traduction médiévale par F. Hudry
introduction doctrinale par A. de Libera

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Marshall Berman : Tout ce qui est solide se volatilise

Entremonde - Avril 2018 - Collection : La rupture


Tout ce qui est solide se volatilise constitue l'un des ouvrages phares sur la modernité, au côté de La Condition postmoderne de Jean-François Lyotard ou du livre de Frédéric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif. Au cours de ce vaste panorama allant du Manifeste communiste, lu comme une proclamation moderniste, aux rues du New York beat, en passant par les proses de Baudelaire errant dans le Paris haussmannien, ou les grandes oeuvres littéraires du «modernisme du sous-développement» russe et jusqu'à notre devenir post-moderne pour le moins ambigu et incertain, Marshall Berman nous invite à réhabiliter, en marxiste humaniste, l'idée même de modernité.

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Didier Pourquery : En finir avec l'ironie ?

Robert Laffont - Avril 2018 - Collection : Mauvais esprit


" Nous ne céderons rien à l'ironie ", déclarait Emmanuel Macron le soir de son élection. L'ironie n'est donc plus au programme. Elle dérange, elle questionne, elle bouscule, elle renverse parfois. C'est un sport de combat tout en souplesse, mais qui peut s'avérer redoutable.
Didier Pourquery montre ici comment, de Socrate à Daniel Defoe, de Jonathan Swift à Kierkegaard, de Musil à Jankélévitch, les amis de l'ironie ont interrogé le monde sans se lasser. Cet ouvrage va à leur rencontre pour recueillir leurs enseignements toujours délectables et offrir un mode d'emploi de l'esprit léger, le meilleur antidote qui soit à tous les interdits et toutes les doxas. Un programme comme un autre. Mais celui-ci, d'une efficacité assurée.

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samedi 14 avril 2018

Daniel Payot : Constellation et utopie. Theodor W. Adorno, le singulier et l’espérance

Klincksieck - Avril 2018 - Collection : Critique de la politique


La philosophie d'Adorno est une critique de la domination politique et idéologique. Elle est aussi une méditation sur les devoirs de la pensée confrontée à la Shoah et aux totalitarismes du XXe siècle. Face à la Catastrophe, elle ne s'abîme pas dans le défaitisme mais tente de retrouver, sous les mythes qui les étouffent, les raisons d'espérer sans lesquelles l'expérience humaine ne serait pas viable. La notion d'utopie, qu'il hérite d'Ernst Bloch et de Walter Benjamin, a d'abord chez Adorno ce sens d'un dégagement de possibles qui, enfouis dans l'Histoire et réprimés par la logique du capitalisme, peuvent cependant être reconnus et libérés. Cela suppose que les singularités - l'individu dans le collectif, le détail dans l'ensemble, l'élément dans la composition - ne soient pas annexées et liquidées, mais au contraire préservées dans leur expression propre. Adorno, avec Benjamin, nomme "constellations" les modes d'articulation qui y parviennent. Pour en dégager les enjeux, il faut entrer dans le mouvement d'une pensée qui déconstruit les concepts d'identité et de totalité mais ne renonce pas à l'espérance. Les conceptions adorniennes de la dialectique et de la négativité sont traversées par cette tension féconde. Cette introduction à l'oeuvre d'Adorno l'interprète comme une réponse à ce que Miguel Abensour appelait la "sommation utopique" : sous l'opacité et la noirceur du monde, l'écriture d'Adorno tente de réveiller un "dire" de vérité, de sauvetage et d'émancipation.

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Enzo Traverso : Mélancolie de gauche

La Découverte - Avril 2018


Entre la Commune et Mai 68, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. Une mémoire " stratégique ", nourrie d'espérance. Mais cette dialectique entre passé et futur s'est brisée, et le monde s'est enfermé dans le présent. Ce nouveau rapport entre histoire et mémoire permet de redécouvrir ce qu'Enzo Traverso, à la suite d'Arendt, appelle une " tradition cachée ", celle de la mélancolie de gauche. 


Depuis le XIXe siècle, les révolutions ont toujours affiché une prescription mémorielle : conserver le souvenir des expériences passées pour les léguer au futur. C'était une mémoire " stratégique ", nourrie d'espérance. En ce début de XXIe siècle, cette dialectique entre passé et futur s'est brisée et le monde s'est enfermé dans le présent. La chute du communisme n'a pas seulement enterré, une fois pour toutes, la téléologie naïve des " lendemains qui chantent ", elle a aussi enseveli, pour un long moment, les promesses d'émancipation qu'il avait incarnées. 
Mais ce nouveau rapport entre histoire et mémoire nous offre la possibilité de redécouvrir une " tradition cachée ", celle de la mélancolie de gauche qui, comme un fil rouge, traverse l'histoire révolutionnaire, d'Auguste Blanqui à Walter Benjamin, en passant par Louise Michel ou Rosa Luxemburg. Elle n'est ni un frein ni une résignation, mais une voie d'accès à la mémoire des vaincus qui renoue avec les espérances du passé restées inachevées et en attente d'être réactivées. 
Aux antipodes du manifeste nostalgique, ce livre – nourri d'une riche iconographie : des tableaux de Courbet aux affiches soviétiques des années 1920, des films d'Eisenstein à ceux de Théo Angelopoulos, Chris Marker ou Ken Loach établit un dialogue fructueux avec les courants de la pensée critique et les mouvements politiques alternatifs actuels. Il révèle avec vigueur et de manière contre-intuitive toute la charge subversive et libératrice du deuil révolutionnaire.

Enzo Traverso enseigne l'histoire contemporaine à l'université Cornell d'Ithaca, New York. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, traduits en plusieurs langues, parmi lesquels À feu et à sang. De la guerre civile européenne, 1914-1945 (Stock, 2007), L'Histoire comme champ de bataille. Interpréter les violences du xxe siècle (La Découverte, 2011, 2012) et La fin de la modernité juive. Histoire d'un tournant conservateur (La Découverte, 2013, 2016).

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Rue Descartes 2017/3 (N° 93) : Le sens de la peine

Collège international de Philosophie - Avril 2018


Sommaire

HORIZONS
Punir a-t-il un sens ?
Christophe Béal et Luigi Delia

CORPUS
Brèves intempestives sur le sens de la peine saisi dans une perspective historique
Jérôme Ferrand
La portée normative des interdictions pénales
Olivier Chassaing
Que ne pas punir, est aussi, parfois, punir
Norbert Campagna
Justice restaurative et justice pénale
Christophe Béal
Peut-on punir le terrorisme ?
Raphaelle Thery
Lumières sur l’abolition universelle de la peine de mort : Derrida lecteur de Beccaria et de Kant
Luigi Delia

PAROLE
Entretien avec MARGAUX COQUET sur l’abolition du système pénal
Christophe Béal et Luigi Delia

TRAVERSES
Définir le sens de la peine : un travail de Sisyphe ? Le point de vue du juriste
Jennifer Sellin
Entre procès et sanction pénale : quel soulagement pour deux systèmes en crise ?
Laura Bartoli
Réparer et punir : trois modèles philosophiques
Gabrielle Radica

LECTURES
Droit pénal et douceur des peines au XVIIIe siècle. Considérations sur quelques études récentes
Philippe Audegean

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Magali Bessone (dir.) : Méthodes en philosophie politique

PUR (Presses universitaires de Rennes) - Avril 2018 - Collection : Philosophica


Le clivage entre philosophie analytique et philosophie continentale a-t-il du sens en philosophie politique ? Peut-on faire de la philosophie politique sans étudier l’histoire des concepts et théories politiques ? La fonction critique de la philosophie politique transforme-t-elle nécessairement cette dernière en philosophie sociale ? Comment la philosophie normative dialogue-t-elle avec les sciences sociales, avec le droit, avec l’économie ? La philosophie politique a-t-elle un terrain propre et avec quels outils l’aborderait-elle ? Le ou la philosophe politique peut-il, doit-il, faire abstraction de sa situation singulière pour théoriser les problèmes qu’il ou elle se pose ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles les douze contributions réunies dans ce volume apportent des réponses croisées, réfléchissant chacune à partir de son objet particulier (la démocratie, la nation, le travail, la peine, l’entreprise, la mondialisation…) à la justification et à la légitimation des processus de théorisation qui sont au c½ur des méthodes en philosophie politique.

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vendredi 13 avril 2018

Jean-Baptiste de Lamarck : Système analytique des connaissances positives de l'homme

Honoré Champion - Avril 2018


Naturaliste français, Lamarck est le premier à proposer une théorie matérialiste et mécaniste des êtres vivants. Il est ainsi un des premiers naturalistes à avoir compris la nécessité théorique de l'évolution des êtres vivants.
En 1800 Lamarck écrit que les êtres vivants dérivent les uns des autres par transformations, des plus simples jusqu'aux plus complexes, dont les humains. En 1809, date de naissance de Charles Darwin, il développe ce " transformisme " dans la Philosophie zoologique, mal reçue dans un contexte très religieux ! En 1820, il publie alors ce " Système analytique... " La première partie synthétise ses recherches, la seconde traite des sociétés humaines. L'actualité du propos stupéfie : perte du lien avec la nature, dégradation de celle-ci, conflit entre raison et " instinct ",... que d'anticipations judicieuses! 

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Jay F. Rosenberg : Philosopher. Kit de démarrage

Markus Haller éditions - Avril 2018 - Collection : Inférences


Depuis l’Antiquité, la philosophie est une activité essentiellement argumentative. Pour apprendre à philosopher, il ne suffit pas de connaître des notions abstraites et de se référer aux doctrines de tel ou tel penseur. Le premier savoir-faire du philosophe est la capacité d’examiner de façon critique un raisonnement, de le défendre, de le réfuter ou de l’amender. Ce manuel fournit les outils pour acquérir ce savoir-faire indispensable à la compréhension et à la pratique de la philosophie. Rosenberg invite les étudiants – et toute personne curieuse de comprendre ce que font les philosophes – à découvrir • en quoi consiste un argument, • ce qui permet d’apprécier leur force ou leur faiblesse, • comment les arguments s’enchaînent dans un essai philosophique, • quels sont les pièges cachés qui peuvent dévaloriser une argumentation, et • pourquoi, comme Rosenberg le dit, « ce n’est qu’en philosophant qu’on peut devenir philosophe ». Les nombreux exemples qui accompagnent les explications assurent la bonne compréhension des sujets abordés ; les citations et casse-têtes qui complètent le volume donnent l’occasion d’exercer les compétences acquises.

Préface de Pascal Engel

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Bernard Aspe : Les fibres du temps

Nous - Avril 2018



Les fibres du temps s’attaque, à nouveaux frais, à la question du temps. Si ce livre traverse l’histoire de la philosophie, ce n’est qu’avec l’objectif de rapporter cette question au présent, à notre présent, car le temps — c’est la thèse centrale du livre — est avant tout affaire de partage, de vie, de communauté. Le problème qu’il pose, avant d’être théorique ou épistémologique, est donc éminemment politique. L’architecture de cette réflexion prend une forme inédite, dans laquelle l’argumentation philosophique se tresse avec l’analyse de quelques cas d’expérience sensible du cinéma. Le temps, c’est d’abord ce qui se partage : ce qui s’expérimente comme temps commun. Temps dont les fibres symbolisent le devenir de l’être ensemble, à la fois continu et discontinu, trame tissée qui tient malgré tout. Le temps commun est par nature hétérogène à la logique qui guide le monde du capital et de son « développement ». C’est la raison pour laquelle ce monde voudrait l’éradiquer, ou du moins le réduire aux formes compatibles avec les injonctions qui l’animent. Pour ceux qui refusent ces injonctions, l’existence même du temps commun est non seulement l’enjeu central de la politique, mais aussi, plus largement, celui d’une approche renouvelée de ce qui peut être dit en vérité. 

Bernard Aspe : né en 1970, est philosophe. Il a publié aux éditions Nous : Les mots et les actes (2011), Horizon inverse (2013) et Partage de la nuit. Deux études sur Jacques Rancière (2015).

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Denis Collin : Introduction à la pensée de Marx

Seuil - Avril 2018


Deux siècles après la naissance de Marx, le capitalisme semble partout avoir eu raison du marxisme. Et pourtant la critique du capitalisme est partout ravivée par la crise écologique, l'explosion des inégalités et la maltraitance des travailleurs. Cette contradiction n'est qu'une apparence, car la pensée de Marx n'a rien à voir avec la vulgate étatiste et productiviste des partis communistes défaits par l'histoire. Ce livre tord le cou à bien des idées reçues et nous restitue l'œuvre authentique de Marx, le philosophe humaniste, penseur de l'émancipation des individus et de la démocratie réelle. Conçu comme une initiation didactique à la pensée d'un grand auteur, il en couvre toutes les dimensions philosophiques, économiques, politiques et il nous montre comment cette œuvre reste un outil précieux pour penser le présent.

Sommaire

Avant-propos
1. Marx en son temps
2. De la démocratie radicale à la critique de l'économie politique : la philosophie de la praxis
3. La valeur et le fétichisme de la marchandise : genèse et figures de l'idéologie
4. L'échange et l'exploitation capitaliste : le procès de travail et la production de la survaleur
5. La dynamique du mode de production capitaliste
6. L'émancipation, le communisme
7. Une théorie générale de l'histoire ?
8. Politique et dépérissement du politique
9. L'héritage marxiste
10. L'actualité de la pensée de Marx
Bibliographie

Docteur et agrégé de philosophie, Denis Collin enseigne la philosophie dans un lycée d'Évreux et en classes CPGE économiques à Rouen. Par ailleurs, il préside l'Université populaire d'Évreux et co-anime le site d'informations politiques La Sociale. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages de philosophie politique dont beaucoup sont consacrés à l'explication d'auteurs : Comprendre Marcuse, Comprendre Machiavel, Comprendre Marx, Libre comme Spinoza. Une introduction à la lecture de l'Éthique, etc.

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jeudi 12 avril 2018

Christian Cavaillé : Montaigne et l'expérience

DEMOPOLIS - Avril 2018 - Collection : Philosophie en cours


Les Essais de Montaigne décrivent et examinent une multitude d'expériences. Ils sont parsemés d'éclaircissements médités, à la fois pertinents et de portée universelle, susceptibles d'inspirer et d'éclairer d'autres expériences particulières et singulières. Une philosophie de l'expérience qui mobilise et traverse le scepticisme en s'ouvrant à tout ce qui le précède et l'excède.

Christian Cavaillé, agrégé de philosophie, est l'auteur d'essais (dont Les jeux de langage chez Wittgenstein aux Éditions Demopolis), d'articles dans des revues (Médium, Approches) et de recueils de poésie.

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François Claveau et Julien Prud’homme : Experts, sciences et sociétés

PU Montréal - Avril 2018


Au vu de la place dominante qu’occupent les experts dans notre société, le citoyen peut être amené à se demander ce qu’est un expert et sur quel socle repose son autorité. Comment peut-il évaluer sa crédibilité, et à qui se vouer dans les cas (fréquents) où plusieurs experts divergent d’opinion ?
Fruit du travail de dix-neuf chercheurs, cet ouvrage collectif présente le personnage social de l’expert, les usages sociopolitiques de son travail ainsi que les manières d’arbitrer ses prétentions dans notre société. Une des grandes forces de ce livre tient à son caractère multidisciplinaire, qui accorde une place importante à la philosophie, à la science politique, à l’histoire, à la sociologie et aux sciences de la communication. Chaque texte offre un état de la question sur un volet précis et donne des clés d’explication à des problèmes actuels : contestation de la statistique publique, place des valeurs et des citoyens dans les décisions publiques, rôle social de la science, régulation des groupes professionnels ou rapports de pouvoir dans les espaces numériques. Les auteurs rendent ainsi compte des acquis de la recherche et des débats en cours, et offrent un outil de référence qui s’adresse au grand public comme aux spécialistes et aux étudiants en sciences humaines et sociales. 

François Claveau est professeur adjoint au Département de philosophie et éthique appliquée de l’Université de Sherbrooke, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique et membre régulier du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) et du Centre de recherche en éthique (CRÉ).
Julien Prud’homme, historien, est professeur au Département des sciences humaines à l’Université du Québec à Trois-Rivières, chercheur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) et membre régulier du Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ).

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Edouard Jourdain : Proudhon contemporain

CNRS - Avril 2018


La propriété, c'est le vol ", cette phrase connue de Proudhon dans Qu'est-ce que la propriété ? (1840) fit scandale. 
Proudhon (1809-1865) participe au bouillonnement des idées socialisantes du XIXe siècle avec Marx, Bakounine, ou encore Fourier...Marx qualifia son socialisme de scientifique. C'était un penseur aussi isolé qu'il fut novateur et qui ne se reconnaissait pas dans les camps idéologiques de son temps. Son œuvre a été récupérée par de nombreux courants, parfois contradictoires. 
S'il demeure un homme du XIXe siècle, les lignes de force de sa pensée ont traversé le XXe siècle, parfois souterrainement, pour rejaillir aujourd'hui. Le rôle de l'État, les droits de l'homme, la justice, l'organisation du travail, l'accès au crédit, la sécularisation, la guerre, l'utopie : toutes ces interrogations de Proudhon demeurent encore les nôtres. Tout en présentant la pensée de Proudhon dans son impressionnante diversité et dans sa vive complexité, Édouard Jourdain lui imprime une nouvelle force en la confrontant à des auteurs plus proches de nous : d'Elinor Ostrom à Paul Ricoeur, de Georges Gurvitch à Chantal Mouffe, de Julien Freund à Hannah Arendt. 
Loin du petit bourgeois auquel l'a réduit un certain marxisme, c'est un penseur dégagé de tout dogmatisme, vivifiant le débat politique que découvrira le lecteur. 

Édouard Jourdain enseigne la philosophie politique, il a notamment publié Proudhon, un socialisme libertaire (Michalon, 2009) et L'anarchisme (La Découverte, 2013). 

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