samedi 19 mai 2018

Edmund Husserl : Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique

Gallimard - Mai 2018 - Bibliothèque de philosophie


Le livre I des Idées directrices pour une phénoménologie pure de Edmund Husserl est l'un des cinq ou six textes de philosophie les plus importants du XXè siècle. C'est, en effet, le texte fondateur de la phénoménologie. Pour la première fois depuis "l'ouvrage de percée" qu'avaient été ses Recherches logiques (1901), Husserl établit ici, au terme d'une évolution décisive, les principes et les méthodes qui rendent possible une science nouvelle, la science descriptive pure des structures de la conscience, la phénoménologie transcendantale. En révélant les lois implicites de la vie intentionnelle, et le pouvoir constituant de l'intentionnalité, l'ouvrage inaugurait un nouveau style de philosophie - l'analyse de l'expérience vécue. Cette nouvelle traduction française bénéficie des nombreux progrès réalisés par les études husserliennes depuis la traduction pionnière de Paul Ricoeur en 1950. Elle comporte, en outre, un riche ensemble de textes, jusqu'ici inédits en français, qui éclairent le contexte historique de ce traité fondamental.

Traduction : Jean-François Lavigne

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Roland Jaccard : Penseurs et Tueurs

Pierre-Guillaume de Roux - Mai 2018


Il n y a pas de pensée qui ne s'exerce sans une constante tentation suicidaire ou meurtrière. C'est même à cela qu'on reconnaît sa force. Cet essai en dessine les formes les plus extrêmes entre le grotesque et le sublime, le macabre et le chic. Avec la dose de provocation et d'humour que chaque lecteur voudra bien y mettre. L'esprit du temps a réduit les contours de la liberté de pensée. Une raison de plus pour troubler le conformisme ambiant, à supposer que cela soit encore possible. Un défi que Roland Jaccard tente de relever ici.

Roland Jaccard est l'auteur de trois classiques en matière de survie : L'Exil intérieur, La Tentation nihiliste et, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, De l'influence des intellectuels sur les talons aiguilles.

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vendredi 18 mai 2018

Julien Pasteur : Les Héritiers contrariés. Essai sur le spirituel républicain au XIXe siècle

Les Belles Lettres - Mai 2018


Nous n’aimons guère le spirituel républicain. Un spectre, dira-t-on, vestige de gloires révolues, épouvantail obsolète d’un imaginaire laïque passablement décharné.
Forgé dans l’atelier conceptuel de la Révolution française, irriguant le dialogue de la philosophie et des sciences sociales naissantes, le problème du gouvernement des esprits est le point névralgique du XIXe siècle. Et telle est la distance qui nous sépare d’auteurs apparemment aussi hétérogènes que Comte, Michelet, Tocqueville ou Pierre Leroux : rendre effective la liberté des modernes suppose d’abord d’affronter l’énigme du pouvoir spirituel. 
Heureux émancipés ou mélancoliques vitupérants, nous sommes les héritiers d’une sacralité républicaine qui fut conjointement cernée de tragique et ourlée d’espoirs. Ce livre retrace l’histoire d’une contrariété.

Julien Pasteur enseigne la philosophie à l’université de Bourgogne-Franche-Comté. Chercheur associé au laboratoire Logiques de l’agir, il est l’auteur de divers articles sur le républicanisme français du XIXe siècle.

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Nassim Nicholas Taleb : Incerto. Le Hasard sauvage/Le Cygne noir/Le Lit de Procuste/Antifragile

Les Belles Lettres - Mai 2018


LE HASARD SAUVAGE
Comment la chance nous trompe
Sommes-nous vraiment capables de distinguer le génie visionnaire de l'imbécile chanceux ?
Pourquoi nous obstinons-nous à vouloir trouver des messages sensés dans des évènements dus au seul hasard ?
Et n'aurions-nous pas une fâcheuse tendance à ordonner le réel selon une routine mentale biaisée, plutôt que de le voir tel qu'il est, avec toute son incertitude ?
S'inspirant de disciplines aussi diverses que la littérature, la philosophie, la théorie des probabilités, la science cognitive et la finance, Nassim Nicholas Taleb montre comment notre esprit nous conduit à voir le monde, et en particulier les mécanismes de la Bourse, comme beaucoup plus prévisible qu'il ne l'est...

LE CYGNE NOIR
La puissance de l'imprévisible
Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?
Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?
Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?
Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?
Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.

LE LIT DE PROCUSTE
Aphorismes philosophiques et pratiques
Dans la mythologie grecque, Procuste avait la particularité de couper les membres des ses hôtes ou de les écarteler pour qu’ils rentrent dans le lit qu’il leur offrait. Telle est, aux yeux de Nassim Taleb, notre société qui entend modifier les hommes pour qu’ils satisfassent les contraintes technologiques, reprochant à la réalité de ne pas être conforme aux modèles économiques. 
Renouant avec la forme classique de l’aphorisme, Taleb pointe avec humour et sans se prendre au sérieux les travers de notre monde tout en faisant l’éloge des valeurs antiques du courage, de l’élégance et de la lucidité.

ANTIFRAGILE
Les bienfaits du désordre
Le hasard nous rend meilleurs. Avec ce provocant paradoxe, Taleb nous offre un enseignement d'une portée révolutionnaire : comment non seulement surmonter les cataclysmes de notre temps – ces Cygnes Noirs qui fondent sur un homme, une culture, une civilisation, les bouleversent et les réduisent à néant –, mais en faire une source de bienfaits. De même que le corps humain se renforce à mesure qu'il est soumis au stress et à l'effort, de même que les mouvements populaires grandissent lorsqu'ils sont réprimés, de même le vivant en général se développe d'autant mieux qu’il est confronté à des facteurs de désordre, de volatilité ou à quoi que ce soit à même de le troubler. Cette faculté à non seulement tirer profit du chaos mais à en avoir besoin pour devenir meilleur est « l’antifragile ».
Promenant son lecteur dans les rues tonitruantes de Brooklyn, les chemins de la pensée antique ou les méandres des neurosciences avec autant d’aisance, ce livre laisse une question en suspens : êtes-vous prêt à devenir antifragile ?

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Claude Debru : Georges Canguilhem, science et non-science

Rue d'Ulm - Mai 2018 - Collection : Figures normaliennes


Personnalité hors normes, à la fois philosophe et médecin, Georges Canguilhem (1904-1995) a communiqué à la pensée philosophique française un élan nouveau, par la puissance d’une réflexion menée au carrefour des pratiques humaines, des sciences, des techniques et de la médecine. 
Cet ouvrage commente certains aspects toujours actuels de son œuvre : la rationalité du pathologique et la normativité humaine, la nature de l’histoire des sciences et celle de l’activité scientifique, les rapports entre science et non-science. Rédigé par un élève de Georges Canguilhem, ce livre est une contribution à sa mémoire et un appel à suivre sa voie. 

Claude DEBRU a été professeur de philosophie des sciences à l’École normale supérieure. Il a notamment publié L’Esprit des protéines (Hermann, 1983) et Le Possible et les Biotechnologies (PUF, 2003). 

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jeudi 17 mai 2018

Jean-Philippe Pierron : La poétique de l'eau. Pour une nouvelle écologie

François Bourin - Mai 2018


Canalisée, maîtrisée, distribuée, l'eau nous apparaît désormais ordinaire, à portée de robinet. Quant à ces temps où chaque source, chaque rivière étaient habitées par une nymphe, nous les avons oubliés. Nous ne vivons plus l'eau, nous l'utilisons. Un simple flux à gérer. Et pourtant, on parle de stress hydrique, de désertification galopante, d'épuisement des nappes phréatiques : nous savons aussi qu'elle commence à manquer, qu'elle est précieuse. Comment est-on parvenu à cette situation paradoxale ? Du philosophe grec Thalès de Milet qui, affirmant que " tout est eau ", faisait d'elle le principe de toute chose, au chimiste Lavoisier qui, au XVIIIe siècle, la désenchantera pour y découvrir un composé chimique, et au moment écologique contemporain, toute une histoire se déploie. C'est ce récit complexe, et les différentes conceptions qu'il porte, que le philosophe Jean-Philippe Pierron nous raconte ici. Alors que le soin écologique relève aujourd'hui d'une urgence, ce geste poétique vaut engagement. Car pour changer les pratiques, ne nous faut-il pas dépasser le simple utilitarisme et produire un nouvel imaginaire ? Et si cela commençait par rêver l'eau ?

Jean-Philippe Pierron est responsable du master " Ethique, écologie et développement durable ". Ses travaux portent sur une philosophie du soin, et sur le rôle de l'imagination dans l'action. Il en explore la fécondité poétique dans les champs du soin médical, des réalités familiales ou du travail et de l'écologie. Il a notamment publié Penser le développement durable (Ellipses, 2007), Vulnérabilité. Pour une philosophie du soin (PUF, 2010) et Où va la famille ? (Les Liens qui libèrent, 2014). Sur le thème de l'eau, il a dirigé Ecologie politique de l'eau. Rationalités, usages et imaginaires (Hermann, 2017).

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Jacques Guilhaumou : Cognition et ordre social chez Sieyès. Penser les possibles

Kimé - Mai 2018 - Philosophie en cours


La publication d’une partie des manuscrits inédits de Sieyès a permis de présenter, dans notre livre sur Sieyès et l’ordre de la langue sa biographie intellectuelle. Plus avant, le présent ouvrage s’intéresse à la dimension cognitive de la conception sieyèsienne du travail de l’esprit. Il adopte une démarche à la fois philologique, discursive et historique rendue possible par l’apport conjoint des sources manuscrites et des textes imprimés. Il commence par situer le contexte historique des années 1770-1780, qualifié de « moment nominaliste », et caractérisé par l’ampleur de la conflictualité sociale. C’est dans ce contexte que Sieyès invente le mot de sociologie. Une fois mise en place une connaissance « mentalisée » du nouvel ordre social, sous la forme de jugements du peuple, d’expressions de ses porte-parole et de traductions du législateur, cet ouvrage précise ce que peut et doit être l’ordre politique selon Sieyès, avec en son centre la figure du législateur. Dans cette perspective de recherche, il convient d’aller au-delà de l’analyse des conditions de production d’une pensée politique en considérant ses conditions d’existence et ses conditions de possibilité sous la forme d’une ontologie sociale des mœurs et du point de vue d’une individuation cognitive des relations sociales. Il en ressort une manière spécifique de penser les possibles et leur opérativité sociale au sein du tout politique.

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Françoise Coblence : Le dandysme

Klincksieck - Mai 2018


"Quelle est la consistance d'un personnage que la mode fait et défait ?" interroge d'emblée Françoise Coblence, au commencement de sa minutieuse enquête sur le dandysme. Le terme lui-même est déjà une énigme étymologique : anglais ou français d'origine, nul ne le sait avec certitude. Et l'incertitude demeure à propos du personnage inventé par le "beau Brummell" à la fin du XVIIIe siècle. Ce "monarque de la mode" tant célébré, à la fois adulé et craint à l'époque de sa superbe, mondain superficiel et prétentieux, littéralement inimitable, se réduit-il à cet "androgyne de l'histoire" décrit par Barbey d'Aurevilly ? Ou bien faut-il le hausser au rang de "héros des temps modernes" comme le veut, en connaisseur, Charles Baudelaire, tout prêt, au demeurant, à le qualifier aussi d' "Hercule sans emploi" ? Toutefois, cet élégant, insolent et impertinent, affecté dans son maintien et son esprit, fashionable fascinant et personnalité indéfinissable, est autre chose qu'un simple gandin ou un muscadin ridicule. Au fil des portraits esquissés avec minutie par Françoise Coblence, émergent, après Brummell, d'autres types caractéristiques, ainsi ceux du dandy mondain, littéraire, ou politique. Mais il n'est pas certain que de telles figures, en apparence plus consistantes, parviennent à effacer totalement l'image confuse et mouvante de ces personnages dont la principale qualité est justement de n'en avoir aucune. 

Françoise Coblence, philosophe et psychanalyste, est professeur émérite d'esthétique ä l'Université de Picardie et membre de la Société psychanalytique de Paris. Elle a publié notamment Les Attraits du visible- Freud et l'ésthétique (2004), ainsi que plusieurs articles sur le dandysme, l'esthétique, l'affect, les liens entre psyché et corps. En 2014, elle a dirigé l'ouvrage Lyotard et les arts (Klincksieck, Collection d'Esthétique) en collaboration avec Michel Enaudeau.

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La Pensée écologique 2018/1 (N° 2) : L’environnement et l’esthétique

PUF - Mai 2018


Gérald Hess
Éditorial : l’environnement et l’esthétique

Carole Talon-Hugon
Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau

Raffaele Milani
L’art du paysage

Hicham-Stéphane Afeissa
Pour une esthétique de la charogne

Emily Brady
Aesthetics, Humility, and Wonder: Other-Regarding Ways of Relating to Environment

Corine Pelluchon
Esthétique, phénoménologie de l’habitation de la Terre et considération

Gérald Hess
L’expérience esthétique à l’épreuve des valeurs de la nature : vers une esthétique environnementale intégrale

Hicham-Stéphane Afeissa
Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger

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mercredi 16 mai 2018

Jean-Yves Lacoste : Thèses sur le vrai

PUF - Mai 2018 - Collection Epimethée


Nous ne pouvons nous dispenser d’un concept linguistique du vrai. Nous ne pouvons pas davantage nous dispenser d’un concept phénoménologique du vrai. Et nous ne pouvons enfin nous dispenser de recourir à l’un et à l’autre, car le vrai se dit et le vrai se donne à l’intuition. Ces affirmations sont élémentaires.
Mais les prendre au sérieux, c’est-à-dire considérer l’expérience entière de la vérité, requiert d’élargir le concept de vérité, de telle manière que : — le vrai ne soit pas seulement affaire de savoir mais, plus largement, affaire de connaissance ; — le vrai puisse être dit dans une multiplicité de langages (philosophique, poétique, scientifique) ; — le vrai soit indissociable de la question de l’être-dans-le-monde ; — le vrai soit à la mesure du logos, dont on montre qu’il excède la ratio sous ses formes modernes.
Le vrai doit à nouveau être pensé. La pensée n’est rien de neuf. Mais son intervention dans les débats sur le vrai, au temps du nihilisme, est plus urgente que jamais.

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Albert Farges : Philosophie du mouvement. La théorie du moteur et du mobile

Pierre Téqui - Mai 2018 - Collection : Croire et savoir


La réédition de ce texte offre une vulgarisation de la question du mouvement, telle qu'elle avait été pensée par saint Thomas d'Aquin et Aristote. Albert Farges l'enrichit de l'apport des sciences de son époque et de sa critique de Descartes ou Malebranche. Farges, en s'appuyant sur notre expérience sensible, prend en considération tout type de changement (local et à distance). La question est complexe : est-ce que tout ce qui est mû est mû par un autre ou bien possède la capacité de se donner à soi-même le mouvement (cf. les animaux, les astres, etc.) ? Ce débat sur le mouvement est loin d'être fini : au coeur de la philosophie des sciences contemporaines, les uns considèrent comme Newton que le mouvement est absolu, c'est-à-dire sans cause et potentiellement infini ; d'autres qu'il est relatif aux objets et finalement illusoire (Barbour, Rovelli, Mc Taggart). La question du mouvement a évidemment des répercussions sur la réalité ou non du temps. Farges discute et prend parti sur toutes ces questions qui dépassent de beaucoup la seule science. Il devient alors évident qu'une oeuvre comme celle-ci mérite de retenir l'attention des philosophes qui veulent renouveler la philosophie de la nature et la métaphysique dans une perspective à la fois réaliste et contemporaine.

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La Lettre clandestine 2018 n°26 : Spinoza et la littérature philosophique clandestine

Classiques Garnier - Mai 2018


Ce numéro est consacré à la relation complexe qu’entretient la littérature philosophique clandestine avec Spinoza et son œuvre : la proximité intellectuelle avec d’autres textes, l’influence de sa pensée, l’utilisation de son nom et de sa réputation, la discussion ou la réfutation de ses idées, les milieux intellectuels de production, de circulation et de réception des textes. Le dossier Varia propose des articles sur la clandestinité philosophique, l’histoire du livre et de la censure, ainsi que des articles portant sur l’actualité de la recherche sur la littérature philosophique clandestine. Sont également réunis des comptes rendus d’ouvrages nouvellement publiés, une bibliographie des travaux les plus récents ainsi que l’annonce de nouveaux manuscrits trouvés.


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mardi 15 mai 2018

Claudio William Veloso : Pourquoi la Poétique d’Aristote ? Diagoge

Librairie Philosophique Vrin - Mai 2018 - Histoire des doctrines de l'Antiquité Classique


La Poétique porte sur la composition d’un type d’histoire, histoire étant ici une simulation de récit. Mais pour quelle raison Aristote a-t-il écrit un tel ouvrage? Et comment cet ouvrage s’insère-t-il dans son corpus?
Le présent travail est une réponse à ces deux questions, une réponse après laquelle la Poétique n’est plus la même : la catharsis disparaît de la définition de la tragédie; son second livre n’est sans doute pas perdu … L’auteur répond aussi à une troisième question : pourquoi peut-on encore s’intéresser à la Poétique? Il propose ainsi une lecture actualisante, où non seulement il confronte Aristote avec des penseurs modernes et contemporains, mais où il prend parti. Le sous-titre, Diagoge – « passe-temps intellectuel » – ne fait que condenser en un seul mot sa réponse à ces trois questions.

Claudio William Veloso, ancien professeur d’Histoire de la philosophie grecque de l’Université Fédérale de Minas Gerais (UFMG), à Belo Horizonte, enseigne actuellement la philosophie au Lycée Malherbe de Caen.
Préface de Marwan Rashed.

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lundi 14 mai 2018

Jacques Rancière : Les temps modernes. Art, temps, politique

La fabrique - Mai 2018


L’opinion intellectuelle dit que nous en avons fini avec les grands récits et avec le modernisme artistique. Il n’est pas sûr pourtant que nous ayons commencé à penser ce que recouvrent ces termes. Pour comprendre ce qui se joue dans les mouvements d’émancipation et dans les bouleversements des arts qui les accompagnent, il faut prendre en compte la double dimension du temps. Derrière l’image simple de la ligne tendue entre le passé et l’avenir, qui porte promesses et désillusions, il y a la hiérarchie des formes de vie séparant ceux qui ont le temps de ceux qui ne l’ont pas. Jacques Rancière montre comment la lutte contre ce partage des temps est au cœur des révolutions politiques et artistiques modernes et complexifie la trop simple apparence de la rupture entre l’ancien et le nouveau. Un philosophe transcendantaliste, deux ouvriers du bâtiment, trois cinéastes et quelques danseuses l’aident à en construire la scène.

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samedi 12 mai 2018

Marc Halévy : L'imaginaire, le propre de l'Homme

Transition - Mai 2018


L'homme est une erreur de la Nature, un animal inadapté à la vie sauvage qui n'a survécu que par l'émergence d'une faculté psychique originale : l'imagination, cette faculté qui lui permet de se représenter autre chose que ce qui existe autour de lui ou dans sa mémoire, de se figurer un monde qui n'existe pas, ou pas encore. Par l'imagination, il peut anticiper le danger à venir, l'esquiver ou le fuir. Mais par l'imagination, il peut aussi s'inventer d'autres mondes étrangers au monde réel faisant naître les utopies, les idéologies, les au-delàs, les arrières mondes. Ceci nous conduit à explorer les diverses formes de l'imaginaire : celui de la rêverie et du rêve, l'imaginaire artiste, l'imaginaire philosophique et scientifique, l'imaginaire religieux et mystique, l'imaginaire amoureux (et ses phantasmes), etc. Au fond, qu'est-ce que penser sinon imaginer des formes et des rapports, des assemblages et des fusions sur base de fragments de réel plus ou moins bien perçus par l'entremise de nos sens ? L'objet de ce livre est d'explorer les mystères des mondes imaginaires et des processus imaginatifs. Relever leur rapport avec la mémoire puisqu'il est impossible d'imaginer autre chose que des agrégats diversement organisés de choses déjà connues parce qu'elles ont été perçues ou conçues par le passé.

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Pierre V. Zima : Essai et Essayisme. Le potentiel théorique de l’essai. De Montaigne jusqu’à la postmodernité

Classiques Garnier - Avril 2018


Cet ouvrage définit l’essai comme un intertexte expérimental situé au-delà des genres établis. À partir du concept d’intertextualité, il s’efforce de dégager le potentiel théorique et dialogique de l’écriture essayiste, de Montaigne à Barthes.

Préface

Table des matières


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jeudi 10 mai 2018

Aldo Haesler : Hard Modernity. La perfection du capitalisme et ses limites

Materiologiques - Mai 2018


Aldo Haesler tente ici de donner une nouvelle explication de la genèse et de la dynamique particulière de la modernité. Son avènement ne serait pas tant dû à la science nouvelle, à la philosophie moderne ni même à l’économie capitaliste, mais tiendrait essentiellement à une nouvelle manière de concevoir les relations humaines. De jeu à somme nulle (un gagnant et un perdant), la relation est devenue jeu à somme positive (toutes les parties gagnent) ; de réseau d’endettement, elle est devenue une source d’effervescence et d’émulation réciproques. Là est le socle commun des explications classiques de la modernité, de Marx et Weber jusqu’aux plus récentes. Ces jeux qui structurent tous nos rapports à autrui, au monde et à nous-mêmes, le font au moyen de médias de communication qui, dans les sociétés non modernes, sont de l’ordre du pouvoir, de la croyance, mais aussi de la beauté et de la justice, alors qu’avec le développement de la modernité, c’est l’argent qui s’est progressivement substitué à ces médias traditionnels. D’instrument de règlement partiel des dettes, l’argent est devenu médium généralisé, à la fois le maître-étalon d’un nombre de plus en plus grand de relations, et en même temps leur principe dynamique. En tant qu’étalon de toute mesure, l’argent tendra à libérer toutes les relations de leurs entraves traditionnelles ; mais, en même temps, il rendra invisibles ceux qui, dans un jeu à somme positive, devront en assumer les coûts. Car, dans un monde aux ressources limitées, le gain multiple se solde nécessairement par un tiers invisibilisé qui doit en endosser les conséquences. En tant que principe dynamique, l’argent s’émancipe peu à peu de son substrat matériel, ce qui rend sa circulation de plus en plus rapide et invasive. Il atteint aujourd’hui, sous sa forme électronique, son stade de perfection phénoménale. S’effaçant de nos seuils de conscience, il échappe à notre emprise réflexive. Sa libre prolifération fera des relations « effervescentes » le standard de toute relation et de la dette, un signe d’exclusion. Telle est la situation de la modernité dure qui concourt à faire de la modernité capitaliste contemporaine le régime socio-culturel le plus stable que l’humanité ait connu depuis ses origines. Mais la stabilité n’est pas, dans ce contexte, une vertu. Serait-ce le véritable défi de ceux qui souhaitent en sortir ?

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mercredi 9 mai 2018

Maria Stavrinaki : Contraindre à la liberté. Carl Einstein, les avant-gardes, l’histoire

Les Presses du réel - Mars 2018


Cette étude historiographique consacrée au théoricien de l'art, écrivain et militant anarchiste allemand Carl Einstein (1885-1940), contemporain des avant-gardes, acteur de quelques-unes de leurs opérations les plus marquantes (Dada à Berlin, le cubisme, etc.), qui fut aussi leur premier historien, explore plusieurs couches de l'histoire du début du XXe siècle et ouvre une réflexion critique sur quelques tropismes épistémologiques d'aujourd'hui.

Si l'art a pour tâche d'organiser le sensible afin de former des hommes libres, cette liberté ne peut surgir que de formes symboliques contraignantes, aux antipodes du libéralisme moderne : cet impératif paradoxal fut commun aux avant-gardes historiques et à leur premier historien – Carl Einstein, intellectuel allemand qui a circulé entre les disciplines et qui s'est consacré autant à l'écriture qu'à l'action politique. Constante durant les trente années traversées par ce livre (1910-1940), la tension entre contrainte et liberté s'est exprimée selon cinq temporalités différentes : apocalypse primitive, présentisme, dialectique du tragique, mythe et longue durée. Chaque fois, ces temporalités se glissaient dans des dispositifs formels précis et véhiculaient des rapports changeants entre l'art, les sciences de l'homme et l'action politique. Cet ouvrage est une étude historiographique, une sonde explorant plusieurs couches de l'histoire de cette période et, enfin, une réflexion critique sur quelques tropismes épistémologiques d'aujourd'hui.

Maria Stavrinaki est maîtresse de conférences HDR à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Elle travaille sur le croisement entre l'art de la modernité, les sciences humaines et la pensée politique.

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Dominique Quessada : L'autre. Anatomie d'une passion

Cerf - Mai 2018 - Idées


L’Autre on a l’impression que l’on sait ce que c’est, mais en fait on ne le sait pas. C’est l’un des concepts les plus communément utilisés, et pourtant l’un des plus méconnus. On l’utilise de façon automatique, comme s’il
était évident, comme si c’était un universel, alors que c’est une construction culturelle. Ce livre tente enfin de comprendre l’Autre.

Dominique Quessada est philosophe et écrivain. Membre du collectif de rédaction de la revue Multitudes, il est l’auteur, de La Société de consommation de soi (1999), L’Esclavemaître (2002), Court traité d’altéricide (2007) et L’Inséparé. Essai sur un monde sans Autre (2013).

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mardi 8 mai 2018

Alain Badiou : On a raison de se révolter. L'actualité de Mai 68

Fayard - Mai 2018


« Il faut en finir avec les visions stéréotypées de Mai 68, qui vont à coup sûr nourrir les célébrations comme les vitupérations, les nostalgies comme les procès de ce mois symbolique à l’occasion de son cinquantenaire.
Au fond, en Mai 68, ce qui nous animait, ce qui nous enthousiasmait, était la conviction qu’il fallait en finir avec les places sociales, que le renversement de l’impitoyable, de la sordide hiérarchie des fortunes, des libertés et des pouvoirs était politiquement possible, à travers un type inédit de prise de parole et la recherche tâtonnante de formes d’organisation adéquates à la nouveauté de l’événement.
Si nous portons toutes les leçons de Mai 68 au cœur du monde vivant, nous pourrons, oui, mais seulement sous ces conditions, redire et suivre l’appel de Mao : “On a raison de se révolter.” »

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Milad Doueihi et Jacopo Domenicucci (dir.) : La confiance à l'ère du numérique

BERGER LEVRAULT - Mai 2018 - Collection : Au fil du débat


Ouvrage co-édité par Berger-Levrault et les ÉDITIONS RUE D'ULM.
Il ouvre des perspectives sur les enjeux de la confiance dans nos sociétés numériquement augmentées. 
Des philosophes et des spécialistes du numérique contribuent à ce volume par des articles scientifiques inédits, à la frontière entre l'éthique, la philosophie de la technique, la philosophie sociale et les digital studies.

Milad DOUEIHI, philosophe américain est historien des religions. Il fut titulaire de la Chaire de recherche sur les Cultures numériques à l'Université de Laval (Québec). Auparavant, il avait enseigné aux États-Unis à l'université Johns Hopkins, à celle de Glasgow et à Berlin. Il est actuellement titulaire de la Chaire Humanum à l'université de Paris-Sorbonne (Paris-IV), chaire thématique du Labex OBVIL et de la ComUE Sorbonne-Universités.
Jacopo DOMENICUCCI est un jeune philosophe italien. Normalien, agrégé de philosophie, il enseigne actuellement à la Sorbonne-Panthéon (Paris 1). 
Il est doctorant spécialiste de la « Confiance » à la Sorbonne et à l'université de Cambridge.

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dimanche 6 mai 2018

Henri Pena-Ruiz : Karl Marx penseur de l'écologie

Seuil - Mai 2018


Karl Marx n'a rien à voir avec sa caricature stalinienne, ravageuse pour la nature et pour les hommes. Voici une visite guidée de la dimension la plus méconnue de son œuvre. Elle nous fait découvrir un à un les fondements de l'écologie politique moderne. D'abord, l'humanisme naturaliste de Marx, qui souligne le lien essentiel entre la vie humaine et la nature. Ensuite, la mise en évidence des coûts écologiques et sociaux externes d'un capitalisme irresponsable, qui épuise à la fois la fertilité du sol et la force du travailleur. Puis la critique d'un détournement du progrès technique vers l'exploitation toujours plus intensive de la Terre et des hommes. Enfin, le rejet d'une mondialisation qui accélère l'épuisement conjoint de la nature et des travailleurs. On mesure l'actualité d'une telle pensée. De nos jours, la planète ne peut plus reproduire ce qu'elle consomme, et le réchauffement climatique menace les écosystèmes, donc les générations futures. À ce capitalisme prédateur, Marx oppose une double révolution : écologique et sociale. L'agriculture et l'industrie, confiées aux producteurs, équilibreront prélèvement et restitution. La règle verte rendra impossibles gaspillage et pollution. Délivrée d'une spéculation financière oublieuse des besoins réels, l'économie se recentrera sur la valeur d'usage des produits et sur les biens communs à tous.

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Eric Fiat : Ode à la fatigue

L'Observatoire - Mai 2018


Phénomène universel et pourtant peu traité par les grands écrivains et philosophes, la fatigue est le démon mesquin de la quotidienneté. Comment vivre avec elle, qui rend parfois si difficile la vie ?
Est-il possible de pratiquer les vertus d'Aristote (le courage, la tempérance, l'altruisme) quand nous sommes épuisés ? La fatigue n'élargit-elle pas l'écart qui toujours existe entre ce que nous sommes et ce que nous devrions, ou voudrions être, nous qui ne sommes ni des héros ni des saints ?
Pour Éric Fiat, ce n'est pas en luttant contre elle, mais en composant avec elle qu'il est possible de nous en faire une amie. Car s'il existe de mauvaises fatigues (dont le burn out est la plus méchante des formes), ne désespérons pas d'en vivre aussi de bonnes. Le philosophe montre alors qu'il n'est pas impossible à un homme fatigué un mardi après-midi pluvieux de novembre d'aimer encore la vie. Et entonne une ode à la fatigue pleine de musique et d'humour : distinguée de la paresse (qui est une sorte de fatigue par anticipation ou une anticipation de la fatigue), la fatigue a une puissance de décantation qui peut révéler la beauté des visages que le temps a altérés...

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Xavier Pavie : L'innovation à l'épreuve de la philosophie

PUF - Mai 2018


Depuis cinquante ans, les innovations ont pris une nouvelle dimension : Internet, séquençage de l’ADN, manipulations génomiques, avancées du transhumanisme, nanotechnologies… Ces innovations récentes ne sont pas sans soulever des problématiques nouvelles dont les conséquences sont aussi importantes qu’irréversibles. L’innovateur, dont Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Elon Musk sont des figures contemporaines emblématiques, apparaît comme une personnalité aussi géniale que destructrice, qui ambitionne de changer le monde quelle que soit la violence qui découlera de son innovation. Se dessine alors la nécessité d’établir une innovation-responsable, dans laquelle l’innovateur devrait rendre compte de ses actes et revoir sa position de héros. Pour établir cette nouvelle éthique, la philosophie est un recours nécessaire, puisqu’avec les stoïciens, Aristote, Kant, Nietzsche et Foucault, entre autres, elle interroge la maîtrise de soi, la prudence, le respect, la volonté de puissance et le pouvoir, toutes notions à rapprocher de la figure de l’innovateur.

SOMMAIRE

Introduction
Mettre à l’épreuve l’innovation

Chapitre I – Qu’est-ce que l’innovation ?
Pourquoi innovons-nous ?
Innover, c’est changer
Tout est innovation.

Innover, inventer, découvrir
Innover n’est pas inventer
Découvrir n’est pas innover

Le terreau fertile de l’innovation
Politique et innovation, politique d’innovation

Les voies de l’innovation
Les typologies de l’innovation
Les degrés d’innovation
Le processus d’innovation

Comprendre et accepter l’innovation
Chapitre II – La destruction créatrice et l’innovateur, le héros et son mythe
Création et destruction, des racines mythologiques
Création et destruction des racines mythologiques
Création et destruction des cycles économiques
Le cerveau, prochaine destruction créatrice ?

L’origine de la destruction créatrice
De Nietzsche à Ayn Rand, protéger les plus faibles contre les plus forts
L’homme-minorité vs l’homme-masse selon Ortega y Gasset
Ayn Rand, parangon de l’innovateur du XXe siècle

La destruction créatrice, une démonstration contemporaine 
La destruction créatrice de soi

Innovation, révolution politique et pouvoir
Luttes et résistances
Une redistribution de la valeur
De la fin de la hiérarchie au développement de la circularité : l’avènement d’un monde plat.
Déconstruction d’ancien monde et la construction de son propre monde : le cas de l’éducation

Chapitre III – La nécessité de l’innovation responsable
Innover jusqu’où ?
Le cas du transhumanisme
L’émergence du transhumanisme
Comprendre le transhumanisme et le posthumain
L’innovateur et le transhumanisme

L’émergence de l’innovation responsable
Être responsable de ses actes
Principe de responsabilité - Principe d’innovation responsable
Innovation responsable et innovation sociale

Réduire l’incertitude de l’innovation 
Les axes de l’innovation responsable
Le processus d'innovation responsable
Les limites de l’innovation responsable

La voie de l’innovation-care
Critique de la responsabilité
Qu'est-ce que le care ?
Caractériser l’innovation-care
Les champs d’expression du care
Les sphères de l’individu
Compétitivité, interdépendance et vision court terme
Compréhension de l’interdépendance comme pondération des conditions exogènes et endogènes
Innovation-care et maîtrise de soi
De l’innovateur à l’innovateur-care ?
Stigmatisation de l’innovation, de l’innovateur et maîtrise de soi
Care et performance

Chapitre IV – l’individu innovateur au cœur du questionnement
Les qualités de l’innovateur
L’innovateur et le philosophe, mode d’être et similitudes
Le questionnement
La recherche du progrès
La créativité
L'engagement
La solitude
L'égo
Le foisonnement
Le philosophe et l'innovateur
Un même mode de vie

Le choix philosophique d’un avenir humainement durable
Comprendre la philosophie ?
L’origine grecque de la philosophie
La pratique de la philosophie : articulation theôria/praxis

L’enjeu des exercices spirituels
Les exercices spirituels, l’essence de la philosophie
Élever son existence
La nécessité de prendre soin de soi
Prendre soin d’autrui
La nécessité de se préparer

Se convertir
La conversion de l’innovateur
L’actualité brûlante des exercices spirituels
Le choix d’innover
L’éducation aux exercices spirituels pour les innovateurs ?
La question du maître.

Déconstruire l’enseignement de l’innovation
Le processus classique d’innovation
L’innovateur que je veux être
Réapprendre à dialoguer
Apprendre à méditer, une phénoménologie de l’innovation
Ce qui dépend de soi

La transdisciplinarité pour comprendre le monde
Ode à la transdisciplinarité
Notre quotidien est un écosystème de la transdisciplinarité

L'innovateur du XXIe siècle

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samedi 5 mai 2018

Raoul Vaneigem : Propos de table. Dialogue entre la vie et le corps

Cherche midi - Mai 2018


" Souviens-toi de vivre. " R. V.

Voici un livre en rupture avec la plupart des idées qui depuis des siècles gouvernent les opinions et les comportements. Issu du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, il pousse plus avant la réflexion sur la subjectivité radicale et sur le renversement de perspective. Comme toute remise en cause, les Propos de table se heurteront au poids des préjugés et à la prétendue réalité qui a modelé nos mœurs, nos conceptions, notre vision du monde. " Vous possédez l'enclume et le marteau des préjugés qui forgent vos chaînes et les miennes. Je n'ai pour les scier qu'une lime à ongles dont seul le va-et-vient sans cesse répété obtiendra de les entailler et de les rompre. "

Né à Lessines (Belgique) en 1934, Raoul Vaneigem est l'auteur du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations dont il n'a cessé de développer les thèses principales dans ses différentes publications.

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Brian Massumi : L'économie contre elle-même. Vers un art anti-capitaliste de l'événement

Lux - Mai 2018 - Collection : Humanités


L’orthodoxie économiste s’obstine à imposer le modèle d’un individu décideur rationnel, qui maximise ses revenus à force de calculs régis par le souci de son intérêt bien entendu. Opérant un changement d’échelle radical, L’économie contre elle-même soutient plutôt que le néolibéralisme se fonde aux niveaux infra- et trans-individuel, sur une interaction complexe entre rationnel et affectif. Brian Massumi insiste en effet sur la manière dont, en deçà du niveau individuel, les tendances et contre-tendances affectives d’un individu résonnent avec celles des autres pour amorcer et orienter l’action.
Cette plongée vers l’infra-économie des affects entraîne une recomposition conceptuelle de toutes les dynamiques sociales : là se dessinent les mouvements des corps sensibles et se constitue la volonté, mais surtout, là se crée l’action de transformation sociale. Empruntant à Hume, Foucault, Deleuze, Spinoza et Luhmann, L’économie contre elle-même a l’ambition de déployer une nouvelle théorie de l’économie politique.
Le public francophone n’a pas encore pris la mesure de la pensée de Brian Massumi, traducteur en anglais de Mille Plateaux, vulgarisateur aussi fidèle qu’inventif de la pensée deleuzo-guattarienne. De son travail de passeur, Brian Massumi a surtout tiré les ressources d’une réflexion originale, que L’économie contre elle-même nous permet enfin de découvrir aujourd’hui.

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